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Miracles en série dans un hameau breton

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Le Village-Saint-Joseph rassemble sous le même toit des personnes aux parcours de vie compliqués.

Ils sortent de prisons, d’asiles psychiatriques ou plus simplement de leurs addictions, la plupart des locataires de ces maisons situées à Plounévez-Quintin, au cœur de la Bretagne, dans les Côtes-d’Armor. A l’origine, Nathanaël, ancien toxicomane, membre de la communauté des Béatitudes, et son épouse Katia ont eu l’intuition que pour venir en aide aux blessés de la vie, il fallait vivre à leur côté. Ils ont été rejoints par Jean-Guy Thomas, chef d’entreprise, qui a connu une conversion qu’il qualifie de « radicale ». Avec eux, le « vivre ensemble » n’a rien d’un slogan, il s’agit de partager le pain et la maison de ceux qui ont été rejetés, considérés comme irrécupérables.

« Les médecins avaient fait une croix sur lui »

L’aventure a commencé en 2000. À présent, une cinquantaine d’habitants résident dans le petit hameau, composé de 4 foyers, sur un terrain de 5 hectares. Les lieux fourmillent d’histoires de rédemptions, de guérisons, pour ne pas dire de résurrections ! L’équipe qui encadre le Village est en grande partie composée d’anciens pensionnaires. Parmi eux, Nicolas, qui souffrait d’un alcoolisme si sévère que les médecins avaient fait une croix sur lui, comme nous le raconte Jean-Guy Thomas. Après seulement dix mois d’accueil, il a repris son activité professionnelle de chef de chantiers. À présent, il dirige les ateliers du Village.

Un caïd parmi les fragiles

Un autre pensionnaire, ancien détenu, que nous appellerons Pierre, a marqué les esprits. « Il faisait régner la loi en prison. Quand il est venu chez nous il nous a pris pour des communistes ! » s’amuse Jean-Guy Thomas. Les premiers contacts de Pierre, habitué à jouer des coudes, n’ont pas été de tout repos, mais il a été désarmé par la fragilité de ceux qui étaient les plus blessés, les moins armés. Il se montrait très respectueux à leur endroit, voire se comportaient en vrai chien de garde, prêt à les défendre avec les poings, s’il avait le sentiment qu’ils étaient agressés.

« Nous préparons le Royaume »

Le Village impose à ses pensionnaires de se rendre à l’écoute de l’Évangile du jour, chaque matin à 8h. Puis des temps de prière qui occupent 2 à 3 heures chaque jour sont proposés, enfin diverses activités, comme la fabrication de mosaïques où la confection d’un potager. On y a adopté un mode de gouvernement comparable à celui des monastères. Une assemblée composée des fondateurs et de représentants des pensionnaires, prend les décisions à l’unanimité et non à la majorité. Des visiteurs extérieurs sont régulièrement invités. Quand il était encore en activité, Jean-Guy Thomas fut surpris de la qualité de l’écoute des collègues auxquels il parlait du Village : « Aucun des chefs d’entreprises, managers ou financiers avec lesquels j’ai évoqué notre vie en communauté, dans l’amour, n’a ricané ». Ceux d’entre eux qui sont athées, se montrent souvent très touchés par la vie spirituelle de la communauté.

La Providence, comme un miracle quotidien

Depuis 16 ans, le Village tient debout grâce à la Providence. De tous petits miracles, des dons qui arrivent quand on a besoin d’eux ont souvent sauvé les gestionnaires de tracas bien concrets… Pour le moment, ils confient à la prière, et au Credofunding, un achat à hauteur de 20 000€ de la chambre froide dont ils ont besoin pour stocker les légumes de leur production et les dons en nature qui leurs sont faits. Le Village reçoit des palettes de produits de grandes enseignes de distribution et est contraint de ne pas tout garder, faute de place bien réfrigérée. A l’heure où nous écrivons ces lignes, 17% du projet est déjà financé.

 

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