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Syrie : Alep toujours à feu et à sang

© KARAM AL-MASRI / AFP
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Le vicaire patriarcal syro-orthodoxe, Raban Boutros Kassis, a été blessé par des djihadistes.

« Je rends grâce à Dieu qui m’a protégé et conservé encore en vie. Je remercie Dieu parce que, dans cette condition et au travers de cette expérience, je peux partager la croix de nombreuses personnes qui souffrent aujourd’hui en Syrie, en particulier à Alep ». Ce sont les paroles du vicaire patriarcal syro-orthodoxe d’Alep, Raban Boutros Kassis, blessé par balles, le 6 novembre dernier, alors qu’il rentrait en ville à bord de sa voiture. Chaque jour, confie-t-il à l’agence Fides, « nous subissons des agressions et des bombardements », chaque jour, « des personnes sont blessées et meurent ».

Le vicaire a été blessé à l’épaule par deux balles tirées par des tireurs d’élite, alors qu’il se trouvait sur la route reliant Homs à Alep. Hospitalisé à l’hôpital catholique Saint-Louis d’Alep, il s’est dit « heureux de goûter l’amertume de la croix, en communion avec le Christ et avec tant d’innocents qui souffrent », porté par sa « certitude » que « la mort n’est pas le dernier mot mais que la fin est la Résurrection ».

Dans un entretien à Vatican Insider, le vicaire confirme : « La ville est coupée en deux et la guerre continue, les civils continuent à souffrir. A Alep-ouest vivent deux millions de personnes. Attaques et agressions affligent nos quartiers tous les jours. Notre évêché, est tout près de la partie est de la ville. Pendant les bombardements nous avons été touchés à plusieurs reprises et nous sommes la cible de tireurs d’élite. Sans compter toutes les tentatives d’enlèvements qui sèment la terreur ». Et il lance un appel à la communauté internationale, un énième appel à « sauver cette ville martyre, assiégée depuis plus de trois ans, où la population souffre d’un manque d’eau, de nourriture, d’électricité, de gaz ».

Une trêve sans effets concrets

La trêve à Alep, annoncée par l’armée syrienne et par les forces russes pour la journée du 4 novembre afin de permettre aux civils des quartiers orientaux – aux mains de milices antigouvernementales – de quitter les zones assiégées n’a eu aucun effet concret, a confirmé pour sa part l’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobij, à l’Agence Fides. Il confirme également que les personnes qui sortent sont prises pour cibles. Récemment, « certains civils ont essayé mais leur désir n’a pu se réaliser », a-t-il commenté.

Sur le front

Sur le front des combats, les forces gouvernementales syriennes seraient en progression dans le sud-ouest de la ville, pour tenter de reprendre des territoires aux djihadistes, alors que les rebelles poursuivent de l’extérieur leur offensive pour les en empêcher. Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les combats sont violents, et leur issue « loin d’être acquise ». Plus de 1 500 combattants rebelles seraient venus en renfort des provinces voisines. Selon un nouveau bilan de l’OSDH, une cinquantaine de civils, dont 17 enfants, ont été tués par les roquettes tirées par les rebelles sur les quartiers ouest, ces derniers jours. L’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’est dit « horrifié » et « choqué » par ces tirs, évoquant de possibles « crimes de guerre ».

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