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Après avoir voué leur vie à la violence, trois hommes ont connu la rédemption

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"Repentis" : Le dernier reportage de l’émission “Dans les yeux d’Olivier“.

À l’occasion de son émission « Dans les yeux d’Olivier » diffusée le 4 octobre dernier sur France 2, Olivier Delacroix est parti à la rencontre de trois hommes sauvés par la rédemption. Ils ont connu la haine, la violence, mais aussi la tentation de l’idéologie ; anciens délinquants et détenus, ex-djihadistes ou encore anciens skinheads, ces hommes se sont arrachés à ce lourd passé et témoignent. Olivier choisit ici le thème du repentir et soulève les questions qui permettent de comprendre le tournant spectaculaire de ces miraculés du mal. Il nous partage des témoignages poignants, remplis d’humanité et d’espérance. Des exemples, enfin, pour tous les pécheurs que nous sommes.

Ils ont su inverser le cours de leur existence à la faveur d’une prise de conscience, grâce à une rencontre ou un événement déclencheur, ils ont radicalement changé de comportement et de façon de penser. Aujourd’hui, ils ont accédé à la paix et à la rédemption, au point même de mettre leur expérience au profit des autres, luttant finalement contre ce qui les définissait hier.

Dieu éprouve ceux qu’Il aime

Comment peut-on vivre lorsque l’on a un passé chargé de violence ? Comment s’inventer une nouvelle vie lorsqu’on a connu que la haine ? Comment trouver sa place et ses repères après avoir commis l’irréparable? Le témoignage le plus émouvant est sans doute celui de Karim, car il a subi la violence avant de la choisir, victime avant d’être bourreau, et son discours révèle la force du pardon, l’ampleur du courage humain.

Karim est un enfant battu, maltraité, qui se retrouve en prison au zénith de son adolescence. Un jour, il y fait une rencontre décisive, un aumônier rentre au hasard dans sa cellule : « Cet aumônier, à un moment où j’étais dans le noir le plus total, je ne sortais plus en promenade, j’étais en dépression. Et puis un jour cette porte s’ouvre et comme à mon habitude je me lève de colère pour lui dire de sortir et je trouve un homme de foi, avec une croix en bois, qui dit « excusez-moi je me suis trompé de cellule ». Je lui ai dit : « Monsieur, non, non,  ne sortez pas ». Je lui ai dit de s’asseoir sur le seul tabouret de ma cellule et on a discuté. J’ai parlé vingt minutes à cet homme, il y a plus de vingt ans, et il a changé le monde autour de moi ». Le prêtre lui parle de Dieu, qu’il éprouve ceux qu’Il aime. C’est une révélation pour lui et le lendemain une surprise achève de chambouler sa vie de détenu…

Quand Olivier lui demande comment il fait pour vivre avec son passé et quel est le moteur de son changement de vie, Karim confie : « En fait cette culpabilité me rassure parce-que ça m’humanise. Et plus je me sens coupable, plus je me sens vivant, plus je me sens humain. J’ai tellement peur que l’animal qui était en moi revienne que j’ai besoin de me sentir humain à chaque instant. Sans ça il n’y aurait pas eu de rédemption, ni de repentance ».

Il est allé jusqu’à Science-po pour parler du milieu carcéral et a ouvert une plateforme multimédia sur le sujet, Carceropolis.


Voir aussi : Dans les yeux d’Olivier, le mystère de la foi


Une découverte déterminante de l’humanité

Plus loin, David, ex-djihadiste revient sur les événements qui l’ont conduit à s’engouffrer dans cette voie radicale. C’est son arrestation en France qui lui fait prendre conscience que l’ennemi n’est pas celui qu’il pensait être. Aujourd’hui, il se bat contre l’islamisme radical, promeut l’égalité homme-femme et prend la parole dans des écoles ou associations pour alerter, et dissuader, les jeunes sur le djihad. Lui aussi évoque à plusieurs reprises les rencontres vraiment humaines qui furent décisives, en tout cas influentes, dans la conscience de s’être lui-même éloigné de son humanité. Son intelligence et son charisme auraient pu le mener à poursuivre une voie où la force donne lieu de valeur, mais c’est aujourd’hui qu’il incarne celle-ci en oeuvrant pour une juste compréhension de l’islamisme radical.

Enfin, William, autrefois appelé le « petit Willy » avec toute la crainte qu’il inspirait, apparaît dans son habit de moine vaishnava qui tranche avec le look néonazi porté dans sa jeunesse. Ancien skinhead, il est allé très loin dans la violence gratuite, dans la haine idéologique et est parvenu à basculer le jour où des morts surviennent dans son entourage de rockeurs. Il prône aujourd’hui la non-violence et n’a pas renoncé à chanter entouré de guitares électriques, prenant soin de changer les paroles, même si son cadre de vie est désormais un temple hindouiste situé en Normandie. Nous avons peine à croire ce qu’il raconte avoir fait tant le changement est probant, la paix transpire sur son visage et ses amis de l’époque en sont bluffés. Après avoir entendu le nouveau discours de William, l’un d’eux se souvient même des étincelles dans les yeux, de son adolescence où il trouvait que Jésus était un héros, le plus grand rebelle.

À force de nous offrir autant de témoignages de foi, l’on pourrait croire qu’Olivier Delacroix ne porte pas son nom par hasard.

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