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Sur les traces de saint Dominique en pays cathare (1/2)

Predelle du couronnement de la Vierge : le miracle du livre envoye aux albigeois. Saint Dominique refute l'heresie cathare. Detrempe sur bois de Guido di Pietro (ou Fra Giovanni da Fiesole) dit Fra Angelico ou il Beato (1400-1455). Musee du Louvre ©Photo Josse / Leemage

Predelle du couronnement de la Vierge : le miracle du livre envoye aux albigeois. Saint Dominique refute l'heresie cathare. Detrempe sur bois de Guido di Pietro (ou Fra Giovanni da Fiesole) dit Fra Angelico ou il Beato (1400-1455). Musee du Louvre ©Photo Josse / Leemage

Angélique Provost - Publié le 10/10/16

Découvrez sa lutte contre l'hérésie.

Perché sur ses 360 mètres d’altitude, le petit village de Fanjeaux semble bien calme. Pourtant, il y a quelques siècles de cela, du temps où l’hérésie albigeoise faisait fureur dans ces régions, ce petit village était un pôle important du Lauragais. C’est ici qu’arriva, en 1206, Dominique de Guzman, mieux connu désormais sous le vocable de saint Dominique.

L’arrivée de saint Dominique : du Seignadou au monastère de Prouilhe

Le Seignadou, en patois local, signifie « le signe de Dieu. » C’est à ce point précis de la butte que saint Dominique, cherchant à rendre efficace son apostolat dans la région, vit à plusieurs reprises une boule de feu surgir du ciel pour se déposer un peu plus bas, une centaine de mètres tout au plus. On trouve encore, au lieu dit du Seignadou, une belle statue en pierre à l’image de bon père de l’ordre.

Et c’est ainsi que Prouilhe fut choisi pour accueillir la congrégation qu’il fonda aussitôt. Quatre dames, pour commencer, anciennement cathares, prirent l’habit et le rosaire pour soutenir l’évangélisation du grand saint. Aujourd’hui, elles sont bien plus nombreuses, et toujours souriantes lorsqu’un visiteur toque à leur porte pour découvrir l’histoire de saint Dominique !

Croix du sicaire et village

Nous avons eu cette chance : l’une des sœurs nous a donc proposé de nous faire connaître les alentours, une visite guidée par une petite sœur de saint Dominique que nous vous recommandons chaleureusement si vous passez dans la région !

Dans un premier temps, pour monter jusqu’à Fanjeaux, nous avons pu passer par un chemin de pèlerinage bien connu du village : la croix du sicaire. A cet endroit, tandis que Dominique se rendait dans les villages voisins, il fut arrêté par des brigands voulant attenter à ses jours. Saint Dominique ne s’effraya pas, et répondit qu’il n’avait que faire de mourir pour le Bon Dieu. Son seul verbe fut suffisant pour dissuader les importuns qui lui laissèrent la vie sauve !

La visite se poursuit par le village lui même : l’Église en est bien sûr le point culminant. Bâtie sur un ancien temple de Jupiter (Fanjeaux vient du latin Fanum Jovis), elle abrite encore aujourd’hui la poutre du miracle ! Laissez-nous vous en conter l’histoire : après deux semaines de joute verbale contre le parfait cathare Guilabert de Castres, les deux orateurs se révélèrent être aussi habiles l’un que l’autre. Afin donc de laisser à Dieu le soin de désigner son protégé, ils décidèrent de se soumettre à l’épreuve de l’ordalie. Les écrits du cathare brulèrent aussitôt que le feu les toucha, mais ceux de saint Dominique s’envolèrent au dessus du foyer, dansant sans s’enflammer, tandis que la poutre qui supportait le plafond, elle, prit feu ! Le jugement divin était clair, et la poutre en témoigne encore.

Pedro Berruguete @ Wikimedia
Pedro Berruguete @ Wikimedia
Pedro Berruguete @ Wikimedia

Nombre d’autres miracles sont encore contés par les paysans de la région : on trouve ça et là des statues de pierres et des bas-reliefs. S’ils ne sont pas toujours lisibles, il vous suffit de demander à ceux qui travaillent dans les champs voisins, ils connaissent toutes les histoires. Le plus marquant nous fut contée par un vieil homme à l’air sage : « Saint Dominique passait par là, puisque tous ces chemins ce sont un peu les siens. C’était un dimanche, dit-on, et des faucheurs travaillaient dans un champ de blé. Le bon saint leur indiqua qu’il était interdit par le bon Dieu et par l’Église de travailler au champ le dimanche, jour de la sainte messe. Alors puisque les ouvriers firent la sourde oreille, les épis de blés se mirent à saigner ».

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