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« Le pape François » : une certaine représentation du Saint-Père

©Wanda Visión
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Ce film ne dit pas tout mais il en dit beaucoup.

Reconnaissons le caractère académique d’un film qui ne restera pas parmi les chefs d’œuvre du 7e art. Le réalisateur du « Pape François », sur les écrans français le 28 septembre, ne recherche ni l’originalité dans le traitement de son sujet ni dans un point de vue personnel qu’il pourrait développer. Sans doute n’en a-t-il pas les moyens artistiques. En positif, il s’efface derrière son sujet et la personnalité qu’il met en valeur ; son film sera dès lors considéré comme une honnête introduction à la vie et à la pensée du Saint-Père. Ceux qui connaissent, même un peu, le Pape n’apprendront rien ; d’autres pourront être incités à mieux le découvrir, en particulier à travers ses écrits.

L’actualité culturelle hexagonale conduit cependant à éveiller l’attention. Je déplore souvent que le cinéma, comme d’autres expressions artistiques, ne soit pas reçu tel qu’il doit l’être. Ces jours-ci s’ouvre au Centre Pompidou de Paris une exposition consacrée au peintre surréaliste belge René Magritte. On connaît l’une de ses œuvres majeures, œuvre-programme s’il en est : « La trahison des images » (plus connu sous le nom : « Ceci n’est pas une pipe »). Ce titre semble contradictoire puisque, justement, le tableau représente une pipe. En effet, il « représente » une pipe ; un tableau n’est pas une pipe !

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Fair use

 

Tout film est une interprétation 

De même un film, en particulier lorsqu’il est consacré à un personnage historique, est une « représentation », il est une interprétation, il n’est pas le personnage lui-même. C’est pour cette raison que les vrais auteurs ne craignent pas de produire des œuvres subjectives, des films qui soulignent qu’il s’agit bien, par exemple, du pape de Nanni Moretti dans Habemus papam, et non d’une prétendue réalité ; celle-ci échappe heureusement toujours à ceux qui voudraient la saisir.

Ceci dit, le film argentin bientôt sur les écrans se regarde sans déplaisir. Il suit l’itinéraire d’une journaliste espagnole envoyée pour suivre Bergoglio ainsi que les affaires vaticanes. Le réalisateur a choisi de construire son film à partir de flash-backs permettant de remonter à l’enfance de Jorge. À l’instar de nombreuses séries télévisuelles, il y adjoint les déboires sentimentaux et familiaux de cette journaliste et illustre par ce biais le souci de l’archevêque de Buenos Aires pour la vie concrète des personnes.

Continuer une vie de communauté 

Celui-ci apparaît avec un des aspects qui le caractérise le plus : il est avant tout un confesseur, au sens propre du terme, d’où les nombreuses mentions du temps qu’il passe au confessionnal. et dans un sens plus général : le discernement, l’accompagnement des personnes dans les situations existentielles qu’elles traversent, le conseil plutôt que la règle… toutes ces choses développées ensuite à l’envi dans les propos et les écrits du pape François.

Une affirmation entendue dans le film peut certainement être corrigée. Il est dit de Bergoglio qu’il est un homme seul. Sans doute lorsqu’il doit trancher, décider, comme tout responsable. Cependant, sa vie n’est pas de solitude : Bergoglio est un jésuite, un religieux, qui a toujours vécu en communauté, d’où sa volonté, devenu pape, de ne pas s’isoler dans les appartements pontificaux mais de pouvoir, autant que possible, continuer une vie de communauté, à la fois pour les repas et aussi pour la messe quotidienne à Sainte-Marthe.

Un réel fait de mélanges et de gris 

Biopic, le film argentin a trouvé un « héros », il le suit et le valorise, c’est la règle de ce genre de productions. Loin de moi la volonté de minimiser les mérites et grandeurs de celui qui fut archevêque de Buenos Aires, cependant, selon les propos mêmes du pape François, la réalité n’est jamais celle montrée dans les mauvais westerns américains où l’on sait dès les premières images qui sont les gentils et qui sont les méchants. Mieux que le noir et le blanc, le réel est souvent fait de mélanges et de gris.

Le film ne l’oublie cependant pas : dans les nombreuses rencontres qu’il montre entre Bergoglio et telle ou telle personne, plus ou souvent moins en règle avec les « normes catholiques », l’évêque est toujours dans une attitude de miséricorde et de soutien, excepté lorsqu’il reçoit une femme qui ne manque pas de se dire, elle, « bonne catholique », mais pour ensuite mieux tenter de le corrompre, puis de faire pression sur lui.

Oui, ce Pape est montré admirable. Le serions-nous autant ? Ainsi, lorsqu’en avion, le pilote lui propose une place en business et qu’il la refuse, aurais-je agi pareillement ?

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