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"Game of Thrones", successeur du "Seigneur des anneaux" ?

©2016 HBO

Philip Kosloski - Aleteia USA - Publié le 27/09/16

Comparons-les pour tenter de prédire si la série résistera autant à l'épreuve du temps que la trilogie.

Dimanche 19 septembre, la célèbre série Game of Thrones a remporté 12 Emmy Awards. Avec au total 38 trophées, elle surpasse la sitcom Frasier et devient la série télé la plus décorée. Depuis ses débuts en 2011, l’émission est un phénomène mondial, et nombreux sont ceux qui comparent son succès à celui du Seigneur des anneaux, trilogie fantastique adaptée en film et également beaucoup récompensée. En 1996, la chaîne Channel 4 le désigne en effet « plus grand livre du siècle ». En tout, l’adaptation cinématographique de Peter Jackson reçoit dix-sept Oscars sur trente nominations, la plaçant au même niveau que Ben Hur (1959) et Titanic (1997).

En plus d’être toutes deux fantastiques et à grand succès, qu’ont la série et la trilogie en commun ? Game of Thrones est-il le successeur du Seigneur des anneaux ?

Observons leurs similarités et leurs différences afin de tenter de prédire si la série résistera autant à l’épreuve du temps que la trilogie.

  • Similarités :

Profondeur du scénario

Les deux scénarios sont bien réglés. Les spectateurs sentent qu’il existe un monde beaucoup plus vaste que ce qu’ils voient. Tolkien était un expert en la matière : il passait des heures et des heures à rêver à la riche histoire de ses personnages et à développer leur profil individuel. Les actions de Bilbo, Frodo, Gimli ou Aragorn découlent de leur identité, de leur culture et de leur éducation.

George R. R. Martin œuvre pour l’atteinte d’un certain « réalisme ». Ses personnages du Royaume des Sept Couronnes sont très complexes et ne rentrent pas dans le moule. Le récit de Martin est très complet, et s’inspire de J. R. R. Tolkien et de Stan Lee.

Combat intérieur

Les personnages principaux traversent chacun des combats intérieurs. Dans Le Seigneur des anneaux, le spectateur assiste à la lutte morale de Boromir, Bilbo et Théoden (pour n’en nommer que quelques-uns). Ils veulent faire le bon choix, mais sont tiraillés en cours d’action : ils sont tentés de suivre leurs propres désirs plutôt que de travailler pour le bien commun.

Game of Thrones a sa propre de liste de personnages qui veulent bien agir, mais qui sont souvent confrontés à des choix complexes. Les Starks sont un bon exemple, tout particulièrement Ned Stark (joué par Sean Bean, qui a aussi incarné Boromir dans Le Seigneur des anneaux). Il essaye d’être honorable tout en gouvernant, mais est ensuite forcé de faire un choix qui mènera à sa mort.

Corruption dans la recherche du pouvoir

Cette notion est présente dans les deux adaptations : le pouvoir mène à la corruption. L’anneau exerce une immense influence sur le peuple de la Terre du Milieu et transforme de nombreux personnages en servants du diable, prêts à tout pour rester au pouvoir (comme Denethor et Saruman).

Le Royaume des Sept Couronnes est frappé de constantes luttes de pouvoir, alimenté par l’ambition et par le besoin de survivre. Presque tous les personnages principaux sont en quête de pouvoir, et connaissent la corruption à différents niveaux. Ce combat politique entre les grandes famille de Westeros est le fondement de Game of Thrones.

  • Différences :

Représentation de la sexualité

L’une des différences clefs entre les deux adaptations est l’axe sur la sexualité. Dans l’épopée du Seigneur des anneaux, la romance est au second plan. Les relations représentent un amour profond et sacrificiel (Aragorn et Arwen par exemple).

L’intrigue de Game of Thrones se déroule dans un monde sans frontières morales. Il semble que les personnages n’aient que des relations de débauche avec, de surcroît, les mauvaises personnes. Martin affirme qu’il a ajouté ces scènes pour créer son propre réalisme, montrant ainsi que le sexe constitue un élément moteur de notre civilisation. La série créée pour HBO exploite cet aspect des romans à tel point que certains considèrent que les frontières de la pornographie sont allègrement franchies.

Le bien et le mal

Une autre grande différence est la lutte ultime entre le bien et le mal. Dans l’œuvre de Tolkien, le bien triomphe à la fin, et le mal est suprême. La soumission et l’humilité sont les seuls moyens de détruire l’armée de la mort. La recette : un petit hobbit, qui ne s’est jamais battu, pour détruire l’esprit du mal qui ronge la Terre du Milieu depuis d’innombrables années. Les forces du Gondor n’auraient jamais pu faire ce que Frodo et Bilbo ont accompli au cours de leurs aventures.

Martin, quant à lui, a délibérément choisi de représenter le mal comme un « point de vue » parmi d’autres. Il n’y a pas de « méchants » bien déterminés : chaque personnage a ses ennemis. Tout n’est pas blanc ou noir, et l’auteur n’a jamais aimé l’idée que le bien puisse finalement triompher du mal. Selon lui, ce n’est pas assez réaliste.

  • Le verdict :

Bien que les deux auteurs viennent de milieux catholiques, Tolkien a choisi d’écrire une épopée réunissant vérité, beauté et bonté, quand Martin a décidé de les isoler les unes des autres. Par exemple, la beauté, séparée de la vérité et de la bonté, est concrétisée en sexualité. Le sexe est un aspect beau et bon de la vie, mais sans la vérité, il peut séparer au lieu d’unir.

Finalement, Game of Thrones est le produit de notre société, plutôt qu’un conte qui pourrait inspirer les gens pendant plusieurs générations. Martin a certainement réussi à inventer un monde réaliste, mais c’est un monde qui souligne le grand besoin de rédemption de l’humanité. Tolkien, quant à lui, voulait que les ténèbres de son monde soient éphémères. La Terre du Milieu appelle chacun d’entre nous, et éclaire notre futur : un jour, le bien l’emportera sur la souffrance. Voici une histoire que nous aurons toujours besoin d’entendre.

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