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En Chine le nouvel évêque de Wenzhou est toujours retenu à 2 500 km de son diocèse

Peter Shao Zhumin © asianews.it
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Mgr Pierre Shao Zhumin est le premier évêque "clandestin" adoubé par le Saint-Siège.

Mgr Vincent Zhu Weifang, évêque de Wenzhou, en Chine, « est retourné à la maison du Père » à l’âge de 88 ans, remplacé à ce poste par l’évêque coadjuteur, Mgr Pierre Shao Zhumin, issu de la communauté chrétienne ‘clandestine’, a annoncé officiellement le bureau de presse du Saint-Siège. Mais depuis la mort de l’évêque, pas de nouvelles de son successeur.

Les autorités chinoises ont cru bon d’éloigner le jeune évêque de 53 ans à plus de 2500 kms de la dépouille de Mgr Vincent Zhu, pour l’empêcher de célébrer la messe de funérailles, le 13 septembre dernier. Un geste, commente Eglises d’Asie, qui aurait posé aux yeux de tous le fait que Mgr Pierre Shao est l’évêque en titre de cet important diocèse de la province du Zhejiang. Arrestation ? Éloignement ? La « disparition » de Mgr Shao a fait monté d’un cran la tension déjà très forte dans les milieux catholiques sur place.

Wenzhou, la « dynamique »

Le diocèse de Wenzhou est considéré comme dynamique. Quelque 140 000 fidèles, ainsi qu’une cinquantaine de prêtres et une centaine de religieuses, y assurent, aux côtés des protestants (environ un million), une présence chrétienne contre laquelle les autorités chinoises lance ponctuellement des mises en gardes, des arrestations ou des campagnes d’intimidation, comme abattre les croix placées au sommet de tous les édifices religieux.

En vue d’améliorer les relations avec la République populaire de Chine, rappelle l’agence I-Media, le Saint-Siège avait accepté en 2007 la nomination de Mgr Zhu, « un officiel » de l’Eglise dite « patriotique », c’est-à-dire désigné par le gouvernement chinois. Néanmoins, le prélat n’avait été ordonné qu’en 2009 et avait pris ses responsabilités dans le diocèse en 2010. Le Vatican, avait alors exigé la présence d’un évêque coadjuteur en la personne de Mgr Pierre Shao, issu de l’Eglise ‘clandestine’. Mais Pékin ne l’a jamais reconnu en tant que tel, se mettant néanmoins d’accord avec le Saint-Siège pour qu’il prenne la suite de Mgr Zhu, à son décès.

C’est donc conformément à cet accord que l’annonce officielle de la nomination du nouvel évêque de Wenzhou a été faite.

Après 65 ans de rupture diplomatique

Le jour de la mort de Mgr Zhu, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, alors en visite à Taïwan, avait réaffirmé: « Il n’existe pas deux Églises différentes, l’une fidèle au pape et l’autre soumise au gouvernement, mais deux communautés désireuses, ensemble, de vivre en pleine communion avec le Successeur de Pierre ». Lors d’un entretien récent avec Avvenire, le journal de l’épiscopat italien, le numéro 2 du Saint-Siège avait également souhaité que soient trouvées « des solutions réalistes » pour un accord entre la Chine et le Saint-Siège.

Depuis la rupture de leurs relations diplomatiques, en 1951, la Chine et le Saint-Siège entretiennent en effet des contacts fluctuants, marqués par de nombreux rebondissements mais dont les effets s’épuisent à force de réactions pro ou contre des catholiques chinois eux-mêmes. D’un côté les sceptiques comme le cardinal Zen qui, depuis quelques mois, multiplie ses avertissements contre « la politique chinoise » entamée par le pape François; et de l’autre les optimistes derrière le cardinal John Tong Hon, son direct successeur à la tête du diocèse de Hong Kong, quant à un éventuel accord « constructif » entre Pékin et Rome.

Sur place les avis sont effectivement partagés, mais tous soulignent un point essentiel : « Le Vatican traite avec un gouvernement hostile qui, ponctuellement, opprime l’Église, lui imposant, comme pour les cinq autres grandes religions reconnues sur son territoire – taoïsme, bouddhisme, islam, protestantisme et Confucianisme – des organes de contrôle spécifiques » pour le diriger et gérer ses mouvements. Et tous verraient d’un très mauvais œil qu’au nom d’un accord, le Vatican « avale beaucoup de choses en silence ».

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