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Les trésors méconnus de l’Arménie (3/3)

@ Michel de Remoncourt
@ Michel de Remoncourt
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Une série à la découverte de ce pays méconnu.

Après avoir vu dans une première partie l’isolement de l’Arménie puis la vitalité de la Foi et de l’Église catholique arménienne qui s’appuie sur près de 2000 ans d’histoire, ce dernier article s’attache à présenter quelques-uns des trésors chrétiens qui reposent sur le sol de l’Hayastan (Arménie dans la langue du pays).

Etchmiadzine, la petite Rome

L’Église apostolique arménienne étant autocéphale, elle possède donc son propre Saint-Siège où réside le Catholicos. La construction des bâtiments s’échelonnent entre le IVe et le XVIIe siècle. Le plus ancien est la cathédrale Sainte-Etchmiadzine (303), puis l’Église Sainte-Hripsimé (618) et l’Église Choghagat (VIIe siècle). Régulièrement rénové, le Saint-Siège d’Etchmiadzine est un joyau de l’architecture arménienne. Il fut inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000. Mais la cathédrale, si belle soit-elle, recèle un bien plus beau trésor encore : le musée du monastère.

Le musée du monastère

Le trésor du Saint-Siège d’Etchmiadzine recèle des pièces inconnues qui sont très rarement sorties d’Arménie. L’exposition « Armenia sacra », présentée au Musée du Louvre en 2007, avait été une occasion unique d’accéder à l’art chrétien  arménien sans avoir à traverser l’Europe et le Caucase. Le musée présente des objets sacrés de grandes valeurs : reliquaires, crosses d’évêques, anciens vêtements liturgiques, etc.

La plus rare des reliques exposée est celle de la Sainte Lance autrefois entreposée au monastère de Geghard. D’autres œuvres d’arts contiennent des reliques de l’apôtre saint Pierre, de saint Jean-Baptiste ou encore de saint Serge. Mise à part la vérification de l’authenticité de ces reliquaires, qui peut toujours être remis en doute, ce musée est un véritable concentré de nos racines chrétiennes et mériterait à lui seul de voyager jusqu’en Arménie.

Matenadaran, bibliothèque d’exception

Matenadaran signifie bibliothèque en arménien classique. Chaque monastère avait la sienne et celle située à Erevan est issue du transfert des collections d’Etchmiadzine dans la capitale arménienne en 1939. Durant la seconde moitié du XXe siècle, le catalogage s’intensifie et finit par aboutir à un véritable Institut de recherche des manuscrits anciens. La collection comptait au 31 août 2006 pas moins de 16 989 manuscrits et environ 300 000 documents d’archives. Dans ce catalogage, on y retrouve notamment la Chronique d’Eusèbe de Césarée ou le De natura de Zénon de Cition. Malheureusement, ces deux ouvrages ont été perdus dans leur version originale (en grec et latin). La seule version connue est la traduction arménienne conservée au Matenadaran. D’autres ouvrages uniques sont agrémentés d’ornementations riches (ivoire, or, argent, etc).

Le monastère de Geghard

Probablement construit avant le VIIIe siècle, la partie visible actuellement date de 1215 pour l’église principale et de 1225 pour les chapelles. Les reliques de la Sainte Lance en ont fait un lieu de pèlerinage fréquenté. Le monastère reste un lieu hors du temps où l’on peut encore visiter les cellules taillées à même la pierre où vivaient les moines et ermites : des cavités de moins de 2 mètres sur 2 mètres où un homme ne peut pas se tenir debout !

Khor Virap

Premier lieu saint d’Arménie, ce monastère fut construit au VIIe siècle sur la fosse où fut emprisonné saint Grégoire l’Illuminateur pendant 13 ans. Il en fut libéré  car il était le seul à pouvoir soigner le roi qui avait violemment martyrisé les chrétiens. Il finit par le convertir et fit de l’Arménie l’un des premiers royaumes chrétiens du monde. Lieu très touristique, le monastère est situé à 300 mètres de la très hermétique et très surveillée frontière turque.

L’Arménie est un pays catholique à la foi encore vive. L’Église y a une histoire vieille de près de 2000 ans. Ses trésors sont à la hauteur de ses anciennes traditions. Peu connue en Europe et dans une position internationale difficile, l’Arménie est un pays qui gagnerait à être soutenu par la communauté catholique. Le pape François ne s’y est pas trompé en se positionnant à ses côtés pour la reconnaissance du génocide arménien et en se rendant en personne au Saint-Siège d’Etchmiadzine pour rencontrer le Catholicos.