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De l’or dans les mains. Entretien avec Benoît Roseau, viticulteur

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Aleteia vous propose cet été de belles rencontres avec des artistes et artisans français qui se sont mis au service du Beau et du Vrai.

Aleteia : Se lancer à partir de zéro, sur des pâturages à moutons et sans l’appui des banques, il fallait être fou, non ? Racontez-nous ces débuts héroïques.
Benoît Roseau : Lorsque l’on n’hérite pas de terres familiales et sans gros apport financier, il est difficile de s’installer en France, d’autant plus dans la vallée du Rhône où plongent mes racines familiales. À partir de quelques pâtures et des petites parcelles que j’ai pu acquérir, j’ai donc été contraint de planter et de débuter un long travail de patience. J’y ai injecté toutes mes économies, bénéficié de la solidarité familiale et de l’aide de quelques amis. Le risque financier est indéniable : depuis mon installation en 2010, je ne me suis pas versé un seul salaire. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Les exigences de la passion ?
Oui. Ingénieur agronome, j’ai très vite compris que je ne serai pas heureux dans un laboratoire. Avec une petite idée derrière la tête, j’ai multiplié les expériences professionnelles dans le milieu viticole, dans les vignes comme dans les chais. Lorsque je me suis senti assez formé en fait, on ne l’est jamais assez je me suis lancé. Les premières années, j’ai du me contenter de regarder mes vignes pousser et de réaliser mes premières vinifications en tant que « négociant ».

Les années ont passé et le Clos du Pigeonnier s’exporte même au-delà de l’Atlantique. Quel bilan faites-vous ? Quels projets avez-vous dans les caisses ?
Le domaine commence peu à peu à prendre ses marques, il rassemble des parcelles en Côte-Rôtie, Condrieu et Saint-Joseph. Je vinifie également en Saint-Péray et Cornas. Il faut que les vins parlent d’eux-mêmes et cela semble être le cas puisque des importateurs ont choisi de les faire voyager aux États-Unis et maintenant au Québec. C’est une belle reconnaissance car dans ces pays, les amateurs jugent plus le vin sur sa qualité propre que sur son étiquette.

Vous avez fait le choix courageux de travailler en limitant au maximum les intrants chimiques, en écoutant vos vignes, en respectant votre terroir. Quelle philosophie sous-tend ces approches ?
Lorsque l’on respecte la nature, limiter les intrants s’impose comme une évidence. Il faut que la vigne s’exprime et qu’elle puisse se réguler seule. Bien entendu, le vigneron doit garder un certain contrôle, et une vigilance permanente, mais nous sommes loin des contraintes de « l’industrie du vin ». Aujourd’hui, 80% de mes parcelles pourraient être labellisées en biodynamie. Il ne faut pas cacher que cela demande un travail colossal et une énergie très largement supérieure à la culture conventionnelle. Mais le résultat en vaut la peine tant pour la qualité du vin que pour la santé du vigneron !

On ne soulignera jamais assez le caractère sacré du vin, surtout en France. Un vigneron est-il aidé spirituellement par son contact avec la nature ? La discussion avec Dieu est-elle facilitée ?
Évidemment. Le contact permanent avec la nature facilite la méditation. Mais attention, il ne nous est pas plus facile de faire le vide et de chasser les nombreuses idées qui se précipitent. Il y a tant à faire et à penser… Mais les heures passées dans la solitude dans les vignes sont particulièrement riches. Je serais incapable de faire marche arrière et de devoir à nouveau travailler entre les quatre murs d’un labo sous lumière artificielle. Dans les vignes, je retrouve le même dépassement de soi et la même quête du beau qui me conduisaient si souvent en montagne.

S’il ne fallait retenir que deux personnalités inspirantes pour le vigneron que vous êtes ?
C’est un exercice difficile. J’aime bien dire que je suis d’abord mes propres pas. C’est à mon sens la meilleure manière de faire son vin. Les personnalités que je retiens sont celles de vignerons peu connus, qui m’ont fait l’honneur de leur amitié et de leurs conseils.

Faire le choix de vins de qualité, fruit du travail de vignerons exigeants est un véritable acte de résistance quotidienne à l’uniformisation marchande. Comment convaincre nos lecteurs qu’on devrait choisir un bon vin avec autant de précaution qu’un bon livre ?
Un mauvais livre n’élève pas l’esprit. Un mauvais vin n’élève pas le palais. Pire, il peut empoisonner le corps et le goût. Il ne faut pas acheter une bouteille sur la foi d’une étiquette ou d’une appellation. Il faut apprendre et cela commence par aller à la rencontre des vignerons, déguster leurs vins, éventuellement s’initier au contact de cavistes ou dans des bars à vins qui ont souvent de belles sélections. Acheter une grande étiquette à fort prix peut-être rassurant, mais il y a pléthore de petits vins abordables et qui, au-delà de leur qualité, reflètent le travail de vignerons passionnés. C’est eux qu’il faut découvrir, pour le bonheur du buveur comme du vigneron !

Benoît Roseau, merci !

Pour découvrir les vins de Benoît Roseau et visiter le domaine, sur rendez-vous seulement : Le Moulin à Vent, 42410 Pélussin. O6 20 80 46 57 et www.closdupigeonnier.fr

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