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La balade de l’Histoire. 18e étape : Limoges

Jean-Baptiste Noé - Publié le 11/09/16

Aleteia vous emmène à la découverte des lieux insolites qui ont fait l'Histoire de France.

La France est une terre de luxe, connue dans le monde pour l’excellence de ses produits en matière d’habillement, de joaillerie, d’arts de la table, de parfums ou de maroquinerie. Limoges rassemble deux grandes industries du luxe, celle de la porcelaine et celle du cuir, qui font aujourd’hui encore la renommée de cette ville.

De la porcelaine de Chine à Limoges

Si l’on doit aux Chinois d’avoir mis au point le procédé de fabrication de la porcelaine, c’est un jésuite, le père François-Xavier d’Entrecolles, qui en découvrit le mode de fabrication et le transmit en Europe au XVIIIe siècle. La porcelaine est réalisée à partir du kaolin, de l’argile blanche riche en silicate d’aluminium. Or des gisements de kaolin sont découverts à proximité de Limoges, à Saint-Yrieix-la-Perche. Cela permet à l’industrie de la porcelaine de s’y développer, avec l’aide du roi Louis XV qui encourage l’extraction de la roche et la production de vaisselles de porcelaine. La cour raffole de ces assiettes et de ces plats fins et colorés, ce qui assure la renommée de Limoges. Pour exister, l’industrie du luxe a besoin de clients fortunés et de bons goûts, des personnes prêtes à dépenser de l’argent dans des produits parfois futiles, mais souhaitant disposer d’objets raffinés de qualité. Grâce à cela, la porcelaine de Limoges se vend dans toute l’Europe et s’exporte en Amérique. L’industrie de la porcelaine fait vivre des milliers d’ouvriers, dont certains sont de véritables artistes pour assurer les décors des objets fabriqués.

Le travail du cuir

L’autre industrie du luxe est liée au cuir. Limoges est situé à proximité du Massif Central qui dispose de deux grandes ressources : des vaches et de l’eau. Les vaches peuvent donner des cuirs d’excellente qualité, et l’eau pure de l’Auvergne permet de les travailler. Raison pour laquelle Limoges voit l’émergence de nombreuses industries qui travaillent le cuir, aussi bien pour la maroquinerie que pour les souliers.

En matière vestimentaire, la France est entre l’Angleterre et l’Italie, qui ont chacun leur style très spécifique, lié en partie à leur climat. On ne portera pas forcément du tweed à Palerme ou des costumes de lin dans les Highlands. La France bénéficie donc de ces deux sources d’inspiration, à laquelle elle ajoute sa propre touche personnelle. Deux autres facteurs jouent un rôle majeur dans le monde du cuir : la révolution des transports et l’invention du macadam qui améliore la chaussée.

La maroquinerie

La révolution des transports fait que les personnes voyagent plus, donc qu’elles ont besoin de bagages facilement transportables, de bonne qualité et permettant de porter les effets dont elles ont besoin. Lorsque l’on consulte les catalogues des années 1900-1920, on est surpris par l’ingéniosité des concepteurs pour produire des malles et des valises qui s’adaptent parfaitement aux besoins des hommes de leur temps. On pense bien évidemment à Louis Vuitton, créée en 1854 par un homme éponyme, à la maison Moynat à Paris, fondée en 1849, ou par Lancel, fondé en 1874 par Angèle Lancel. Des marques qui existent encore aujourd’hui et qui ont su s’adapter aux besoins de leurs clients.

Grâce au procédé macadam puis au bitume, les rues des villes se goudronnent et ne se transforment plus en cloaque de boue à la moindre averse. Par conséquent, les chaussures que l’on porte se modifient. Il n’est plus nécessaire de porter de grosses chaussures capables de résister à la terre, mais il devient possible de porter des souliers plus fins, plus élégants et plus travaillés. Les bottes deviennent superflues, et les souliers, autrefois limités à un port intérieur, peuvent désormais être portés à l’extérieur. De quoi susciter l’inventivité des fabricants de chaussures.

Weston, le faux Anglais de Limoges

C’est en 1891 que le bottier Édouard Blanchard fonde son entreprise de souliers à Limoges. La mode étant alors dominée par les Anglais, et notamment John Lobb, fondé en 1866, Blanchard décide d’angliciser le nom de son entreprise en la nommant J. M. Weston. Ce nom vient d’une ville des États-Unis, où le fils du fondateur a été se former. Weston est un des premiers bottiers à utiliser le cousu Goodyear, désormais présent sur presque toutes les chaussures. Dans ce montage, la semelle est cousue à la partie supérieure de la chaussure, ce qui permet de la changer lorsqu’elle est usée. Utilisant des peaux de grande qualité, les souliers Weston s’imposent assez rapidement comme les souliers des hommes raffinés. Ils se vendent ainsi à Paris et dans les grandes métropoles étrangères, concurrençant leurs modèles anglais.

C’est ainsi que la ville de Limoges, dont le nom évoque la disgrâce et le déshonneur (se faire limoger) a réussi à produire deux produits de luxe très différents, mais réunis par la même exigence et contribuant tous les deux à défendre la qualité artisanale française.

Tags:
histoire
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