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Non, le Pape n’a jamais parlé de violence « islamique »

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Une traduction maladroite de ses propos tenus en italien a mis le feu aux poudres.

Avant de traduire en français des propos tenus par le pape François en italien, il faudrait s’assurer que l’on connaît les différences, souvent subtiles, entre ces deux langues !

Quand le pape François dit : « Se parlo di violenza islamica… », la presse française s’imagine pouvoir traduire aussitôt : « Si je parle de violence islamique… ». Cela fait penser inévitablement à « violence islamiste », et cela produit un effet désastreux. D’où les polémiques qui, en ce moment même, vont bon train.

Or, pour être tout simplement rigoureux, il faut absolument traduire de cette façon, la seule correcte : « Si je parle de violence musulmane… ». En effet, les Italiens, pour désigner les musulmans, disent spontanément « gli islamici » et non « i musulmani ». Et les francophones, à condition qu’ils sachent un peu d’italien, ne traduiront évidemment pas « gli islamici » par « les islamiques », encore moins par « les islamistes ». Parmi les « faux-amis » qui pullulent dans nos langues qui semblent si proches, jugez seulement qu’ « islamismo » signifie « islam », et qu’ « islamista » désigne un « islamologue » !

Un raisonnement par analogie sans arrière pensée

Bien plus, le contexte montre que, dans les propos de François, « violenza islamica » signifie « violence commise par des musulmans ». Traduire « violenza islamica » par « violence islamique » et non par « violence musulmane », c’est créer dans l’esprit du public français un rapprochement phonétique, sinon sémantique, avec l’expression « violence islamiste ».

Le raisonnement du Saint Père est un raisonnement par analogie que l’on pourrait résumer de la façon suivante : si, quand vous êtes face à de la violence commise par des musulmans, vous parlez de « violence musulmane », parlerez-vous aussi de « violence catholique » quand un baptisé aura commis un meurtre ? Non, bien sûr. Alors, ne parlons ni de « violence musulmane » en général, ni de « violence catholique » en général.

François ne renvoie absolument pas dos à dos islam et christianisme

Le Pape ne compare pas deux religions considérées dans leurs idées respectives, mais des faits concrets du quotidien, des actes individuels. Il invite les catholiques, non à une réflexion sur une « essence » de l’islam et sur une « essence » du catholicisme, mais tout simplement à un examen de conscience personnel, à une réflexion sur la tentation de violence qui guette chaque être humain, quelles que soient ses convictions religieuses.

Le propos du Saint Père est pastoral et même spirituel. C’est une parole de directeur spirituel (un jésuite, ne l’oublions pas !) appelant les catholiques à ne pas seulement combattre le mal qui existe autour d’eux, mais aussi le mal qui existe en eux-mêmes. C’est là un propos très profondément catholique. Cela relève de la spiritualité, non de la réflexion sur l’histoire des grandes religions.

Le pape François ne fait pas de l’Histoire des religions, ni de l’anthropologie des religions, ni de la théologie des religions. Il ne renvoie pas non plus « dos à dos » la religion musulmane et la religion catholique. Il invite à réfléchir sur des actes concrets, sur des enjeux éthiques et spirituels, non sur des généralités de sciences des religions. Le Pape est un berger, pas un théoricien. Un guide spirituel, pas un professeur.

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