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De l’or dans les mains. Fleur Nabert : « L’artiste essaie d’attirer la grâce comme un oiseleur »

Fleur Nabert posant à côté de sa statue de sainte Thérèse de Lisieux, Normandie © MANUEL COHEN / MCOHEN / AFP
Fleur Nabert posant à côté de sa statue de sainte Thérèse de Lisieux, Normandie © MANUEL COHEN / MCOHEN / AFP
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À l'occasion des journées européennes des métiers d'Art, Aleteia vous propose de rencontrer des artistes et artisans français qui se sont mis au service du Beau et du Vrai.

Fleur Nabert a découvert la sculpture très jeune. Travaillant avec prédilection le bronze, dans des oeuvres à la fois sobres et lumineuses, voici la rencontre avec l’une des représentantes les plus prometteuses de l’art sacré contemporain.

Aleteia : La sculpture est devenue pour vous une vocation relativement précoce. Pourquoi décide-t-on de sculpter lorsque l’on a 15 ans ?
Fleur Nabert : À dire vrai, je n’ai rien décidé : à la première rencontre, la terre et mes mains se sont épousées.

Après des sujets profanes et mythologiques, vous vous êtes progressivement tournée vers l’art sacré. Pour quelles raisons ?
Un jour la grâce s’est manifestée dans ma vie – par les figures amies d’Etty Hillesum qui tombe à genoux dans sa salle de bain et de Charles de Foucauld qui se laisse brûler par le soleil de Dieu – et je n’ai eu de cesse depuis d’essayer de la capturer à la surface du bronze.

Votre vie spirituelle est plutôt un parcours d’obstacles ou un long fleuve tranquille ?
Une Méharée. Il y a des oasis et des longues marches dans le désert. Mais c’est extraordinaire le désert, une splendeur âpre et pleine. Arpenter des terres arides rompt le cou de l’orgueil. Dans mon imperfection a été semé un trésor : parce que je l’ai vu et le retrouve dans chaque eucharistie. Je ne peux renier l’Amour, et ce qui m’a convertie dans l’évangile de Jean demeurera jusqu’à mon dernier souffle.

Que vous apporte intérieurement de vous confronter quotidiennement au matériau brut ? Car plus qu’aucun autre artiste, un sculpteur doit d’abord se faire humble artisan…
La sculpture me ramène à la terre (je travaille principalement l’argile puis la fond en bronze). Elle vit : sèche en été, gèle en hiver, s’abreuve de l’eau dont on l’arrose, et se joue de sa propre gravité (« Élisabeth de la Trinité » sur laquelle je travaille actuellement fait 300 kilos). C’est un matériau « honnête » et franc. Elle m’invite à être pareille à elle. Mais j’ai vécu aussi une grande joie en travaillant le verre pour les vitraux thermoformés de l’abbaye de Bellefontaine. La matière est un océan de possibles dans lesquels l’artiste essaie d’attirer la grâce comme un oiseleur.

Sept heures par jour devant un écran, l’homo occidentales est-il encore capable de saisir la beauté, de s’émerveiller ?
Oui ! évidemment. Certes il y a beaucoup de choses qui font écran – et pas seulement les écrans qui peuvent apporter aussi leur part de merveilleux. C’est plutôt un rythme de vie qui ne laisse pas de pause, pas de souffle. C’est donc au fond une question de discipline et de survie : prendre conscience que nous avons besoin d’être nourris et savoir ménager une place à la contemplation dans nos vies.

Vous êtes mère de famille, comment pensez-vous transmettre à vos enfants le sens du beau ? Ne faut-il pas avouer que les familles catholiques ont plutôt tendance à transmettre le sens de la réussite, dans son sens le plus trivial ?
En le montrant le plus possible. Ces derniers temps, nous avons regardé Lang Lang faire virevolter ses doigts dans le concerto pour piano de Tchaïkovski sur youtube. Une petite fille de deux ans et demi comprend sans difficultés les émotions qui passent dans la musique et les apprécient tout naturellement. – Quand je sors mon téléphone ce qui est assez rare –, Lang Lang est autant réclamé que petit ours brun !

Il y a aussi tant de beauté juste à notre portée, ne serait-ce que dans une rose qui fleurit sur le balcon. Si nous ouvrons les yeux nous voyons que nous sommes comblés.
Quant à la réussite c’est un nuage de fumée, aussitôt rassemblé aussitôt dissipé. Ce qui compte vraiment c’est d’être le jardinier de son âme.

Un rapide questionnaire de Proust. Le trait dominant de votre caractère ?
Aimer.

Votre plus grande fierté ?
Ma famille, j’en ressens de la fierté mais surtout une infinie gratitude.

La figure spirituelle qui vous éclaire le plus ?
Saint Jean.

Une personne vivante que vous admirez ?
Le pianiste Maurizio Pollini.

Le talent que vous rêveriez de posséder ?
Composer, c’est à dire entendre en moi une musique nouvelle.

Les artistes que vous admirez le plus ?
Tous ceux qui vont au-delà d’eux-mêmes.

Ce que vous aimeriez donner au monde ?
Un peu de lumière.

Le lieu qui vous permet de vous ressourcer ?
Les abbayes.

Votre dernier instant d’émerveillement ?
Ma fille qui chante.

Aleteia vous propose de découvrir le travail de Fleur Nabert.

Propos recueillis par Thomas Renaud

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