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La balade de l’Histoire. 3e étape, l’Alsace

ue sur le Mont Sainte-Odile, en Alsace ©Ariadna de Raadt/Shutterstock
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Aleteia vous emmène à la découverte des lieux insolites qui ont fait l'Histoire de France.

Arrimé dans les Vosges, à plus de 700 m d’altitude, le mont Sainte-Odile offre une large vue sur la plaine d’Alsace, le Rhin et la Forêt-Noire. Point stratégique, c’est un lieu idéal pour y bâtir un château et ainsi s’assurer le contrôle de la région. C’est ici que le duc d’Alsace Étichon fait bâtir le château de Hohenbourg, dans cette pierre rouge si caractéristique qu’est le grès des Vosges, que l’on retrouve notamment à la cathédrale de Strasbourg. En ce début de VIIIe siècle, l’Alsace n’est pas encore la France, mais une zone de confins à cheval sur plusieurs juridictions, une zone déjà riche et stratégique. Le destin du château change avec la vocation de la fille d’Étichon, Odile, née vers 662 et qui se fait moniale. Son père lui offrit le château d’Hohenbourg, qu’elle transforma en monastère, où elle décéda vers 720. C’est donc l’une des plus anciennes abbayes de la France actuelle, d’autant qu’une communauté religieuse continue d’habiter les lieux. C’est un des hauts lieux spirituels de la France, qui a connu plus de 1 300 ans d’Histoire et toutes les grandes vicissitudes du pays : les invasions, les guerres, la Révolution.

La fille de la lumière

Comme toutes les histoires de saints au Moyen Âge, la réalité historique se mêle à la légende. Vrai ou faux, cela dit beaucoup sur les échanges et les voyages d’une époque que l’on perçoit trop souvent comme obscure. D’après sa Vita, Odile était aveugle de naissance. Son père en fut si furieux qu’il décida de la faire périr. Elle eut la vie sauve grâce à sa nourrice qui la prit et la cacha dans une abbaye en Bourgogne (Baume-les-Dames). Or, un moine irlandais parcourant la Bavière eut en songe une vision où Dieu lui demanda de se détourner de son chemin pour se rendre à Baume afin de baptiser une jeune fille. Il s’y rendit, découvrit Odile, et au moment où l’huile toucha les yeux de la jeune fille, celle-ci retrouva la vue. D’où son nom d’Odile, « la fille de la lumière ». Nous retrouvons dans cette histoire le rôle majeur joué par les moines irlandais dans l’évangélisation du continent. L’Irlande, cette terre non romanisée, a longtemps été un cœur et un poumon irriguant l’Europe de sa foi et de sa vitalité évangélique.

Le père d’Odile aurait pu se réjouir de cette guérison. Il n’en fut rien. Toujours d’après la Vita, plein de fureur, il tua son fils qui raccompagnait Odile au château familial. Puis, se rendant alors compte de la bassesse de son crime, il se repentit et offrit son château à sa fille qu’elle transforma par la suite en monastère.

L’abbaye de Hohenbourg

Le paysage environnant est déjà un lieu remarquable de l’abbaye : les vignes des collines sous-vosgiennes, les forêts, la brume qui souvent se détache du Rhin et en hiver la neige qui accompagne les pierres rouges. Dans l’abbaye, repose le corps de sainte Odile, dans un sarcophage imposant. On y trouve également un autre sarcophage où reposait le corps du père de la sainte.

La basilique fut construite au XVIIe siècle et possède de nombreuses pièces de style baroque : maître-autel, statues, confessionnaux. Visiter le mont Sainte-Odile c’est aussi voyager à travers les multiples styles d’art religieux. Dernière grande installation en date, le chemin de croix en céramique réalisé dans les années 1930 qui court le long de la paroi rocheuse qui mène au couvent.

Le feu et la cendre

Lieu de prière et de recueillement, le mont Sainte-Odile est également le lieu des drames et des tragédies. Dans les années 920, l’abbaye subit plusieurs attaques des Hongrois qui brûlèrent les bâtiments et volèrent les objets précieux. Plus d’une dizaine de fois dans son histoire l’abbaye a connu un incendie, partiel ou total, provoqué par un feu né dans la forêt. Il a fallu remonter les murs et restaurer les bâtiments largement détruits par les flammes. Le couvent est pillé pendant la Guerre de Trente Ans et il faut attendre le traité de Westphalie en 1648 pour retrouver la paix et reconstruire une grande partie des bâtiments. À la Révolution, l’ensemble des terres et des bâtiments sont vendus comme biens nationaux et dispersés entre plusieurs propriétaires. C’est en 1853 que l’évêque de Strasbourg rachète le lieu et y place une congrégation féminine pour y assurer la présence spirituelle. Enfin, dernière catastrophe, celle du 20 janvier 1992, où s’écrase un avion d’Air Inter, causant la mort de quatre-vingt sept personnes.

Juché sur les hauteurs du mont, on peut avoir l’impression, en contemplant le paysage, que tout n’est que calme et sérénité. C’est en réalité un lieu fortement troublé, où l’incendie l’a disputé au pillage et au vol. Un haut lieu du recueillement et de la spiritualité qui a connu des tourments nombreux et des destructions majeures. Mais demeure le sarcophage de sainte Odile, comme la promesse de la paix à venir, par-delà le feu et la cendre.

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