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À Biarritz, un curé célèbre un mariage "illégal" et ne regrette rien

Arthur Herlin - Publié le 13/07/16

La miséricorde exige parfois de passer outre les lois humaines...

« Je le vis avec la foi du pasteur qui a aidé une de ses brebis à mourir dans la joie », une façon pour le père Maurice Franc, curé de la paroisse Notre Dame du Rocher à Biarritz, de dire qu’il ne regrette absolument rien. Le 14 juin dernier en effet, le prêtre biarrot a célébré le mariage d’un couple sans que celui-ci soit uni civilement. Un acte interdit par l’article 433-21 du code pénal (hérité de la Révolution) qui stipule l’interdiction, pour « tout ministre d’un culte », de procéder à un mariage religieux sans un acte établi par la mairie. Le prêtre a malgré tout accepté d’unir les époux, car la femme était atteinte d’un cancer en phase terminale. « Sophie avait du mal à s’exprimer lors du consentement mutuel, le oui qu’elle a prononcé lors de l’échange était aussi émouvant que solennel, j’en ai les larmes aux yeux rien que de l’évoquer », confie-t-il avec émotion. « La dernière chose qu’elle ait vraiment vécu c’est ce oui », la cérémonie a en effet eu lieu dans la chambre de la femme qui était alitée. « Nous étions une quinzaine dans la chambre, cela n’avait rien de secret », ajoute-le consacré pour couper court aux insinuations de certains médias. Mise sous sédatif le soir même, la femme d’une cinquantaine d’année s’est éteinte à peine deux jours plus tard.

« Sophie rayonnait d’une foi profonde et resplendissante »

L’échange des vœux était d’autant plus poignant qu’il résulte d’un véritable cheminement spirituel entre les deux époux. Le père Franc a en effet accompagné Sophie vers le baptême il y a seulement deux ans, « Sophie voulait se marier depuis longtemps, mais Jean-Claude, son conjoint, n’était pas prêt. C’est le baptême de Sophie et non sa maladie qui a déclenché chez lui une véritable réflexion qui a abouti au mariage », raconte le père. Mais le cancer s’est déclaré l’année suivante et le couple a du mettre le projet en attente. Malgré la maladie, « Sophie rayonnait d’une foi profonde et resplendissante », témoigne le curé qui l’accompagne depuis son baptême. « Un groupe de fidèles s’est par ailleurs constitué autour d’elle et l’a soutenu jusque dans la mort », souligne-t-il.

« Le mariage que j’ai célébré n’était pas illégal au sens où on l’entend, il y a une bienveillance du législateur. Si vous allez voir l’article du code pénal, il y est dit de manière très claire : « Tout ministre d’un culte qui procédera, de manière habituelle… », cela montre que le législateur est conscient qu’il peut y avoir des conditions exceptionnelles et que l’acte doit-être réitéré pour qu’il soit répréhensible », fait remarquer le prêtre de 54 ans.

Quant aux demandes émises par l’époux pour se « prévaloir de son statut d’homme marié », tel que rapporté par France Bleu, le père Franc se veut catégorique : « Il n’est pas vrai qu’il soit allé à la mairie faire valoir ses droits civils. C’est sa parole, mais je le crois quand il me dit que de toute façon Sophie n’avait rien, et qu’il ne voit pas quel héritage il pourrait bien réclamer. »

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