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Après le Brexit : le présent et l’avenir de l’Europe en dix points.

© Leon NEAL / AFP
Le reflet de la Tour Queen Elizabeth (Big Ben) dans une flaque d’eau, au passage d’un homme, le 27 juin 2016, à Londres.
Photo de Leon NEAL / AFP
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Le Brexit provoque une profonde remise en question de l'avenir et du sens de l'Europe.

Neuvièmement, on demandera en effet : dans ce moment de fin du libéralisme, est-ce que les partis extrémistes ne vont pas profiter de la situation ? C’est probable, mais les vieilles idéologies ne pourront pas revenir telles qu’elles étaient. A terme, ni les politiciens technocrates et libéraux en faillite, ni les amateurs qui font la politique d’opposition ne peuvent gérer comme il faut, garder la confiance populaire, et renouer avec la prospérité. C’est donc sans doute une classe dirigeante tout à fait nouvelle, non libérale (mais capitaliste et néanmoins juste) qui va émerger. Associer nécessairement et logiquement trois termes aussi contradictoires entre eux dans la culture encore dominante, permet de prendre la mesure du renouveau culturel requis et en cours d’apparition au sein de l’humanisme européen.

Dixièmement, on demandera enfin : mais que reste-t-il de l’Europe dans ces conditions ? Je réponds : il en reste ce qu’il est resté de la Russie après la fin de l’Union soviétique, c’est-à-dire tout l’essentiel : les peuples, la culture substantielle, l’industrie et le génie inventif. Il reste aussi une expérience historique dramatique, qui peut se traduire comme suit en termes de dialectique hégélienne :

Thèse : opposition des nationalismes impériaux, histoire à base de lutte pour l’empire et pour résultat deux guerres civiles européennes (14-18, 39-45).

Antithèse : folle tentative de destruction des nations et sortie de l’histoire par soumission à un impérialisme global, pour éviter le retour des nationalismes impériaux.

Synthèse : destruction de la destruction, abandon de la perspective de soumission à l’empire, coopération systématique et pragmatique entre nationalités rénovées non-impérialistes et, en conséquence, rentrée dans l’histoire.

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