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Comment rendre la messe « plus fidèle au souhait des Pères du concile » ?

© Sacra Liturgia
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À quelques heures d'une conférence organisée à Londres sur le thème de la liturgie au cours de laquelle le cardinal Sarah doit intervenir, Mgr Rey dévoile les changements qui y seront annoncés.

Aleteia : Monseigneur, vous organisez cette année à Londres la troisième conférence internationale Sacra Liturgia. Pouvez-vous présenter cet évènement ?
Mgr Dominique Rey : Sacra Liturgia est un colloque qui a lieu du 5 au 8 juillet, auquel participent plusieurs évêques, prêtres et laïques, qu’ils soient pasteurs de terrain, universitaires, servants d’autel, musiciens, etc. Nous travaillons sur l’importance de la formation et de la célébration pour l’Église d’aujourd’hui. Pendant quelques jours, tous peuvent se rencontrer, joindre et confronter les idées et la théorie avec les expériences concrètes. C’est un temps de prière, de célébration et de réflexion.

Quelle est la nature et l’esprit de votre démarche ?
Notre démarche s’inscrit dans la fidélité au magistère des derniers papes. Saint Jean-Paul II a écrit dans Ecclesia de Eucharistia que « l’Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale » (n. 3). Dans le livre d’entretien Lumière du monde, Benoît XVI a indiqué que « l’Église est visible pour les hommes par beaucoup de biais, […] mais le lieu où on l’éprouve le plus souvent comme une Eglise est la liturgie » [1]. Le concile Vatican II expose que « la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu » (Sacrosanctum Concilium, n. 10). Le pape François veut poursuivre ce mouvement. Dans Evangelii Gaudium, il a écrit que « l’Église évangélise et s’évangélise elle-même par la beauté de la liturgie, laquelle est aussi célébration de l’activité évangélisatrice et source d’une impulsion renouvelée à se donner » (n. 25). Notre démarche est de communion : nous souhaitons célébrer la diversité des rites ou des usages légitimes au sein de l’Eglise ; la messe de clôture sera par exemple célébrée suivant les usages anglicans approuvés par la curie romaine.

Communion in a church
© Bykofoto / Shutterstock

Le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, « ministre de la liturgie » du Pape, a prononcé le discours d’ouverture. Qu’en avez-vous retiré ?
La présence du cardinal Sarah est un honneur et une forme d’encouragement de la part du Saint-Siège. C’est une manière de diriger nos travaux dans le sens de l’impulsion donnée par le Saint-Père à l’Église.

Dans son discours d’introduction, le cardinal a clairement affiché son objectif : rendre nos célébrations liturgiques plus fidèles au souhait des Pères du concile. Dans le domaine de la liturgie, la constitution Sacrosanctum Concilium reste profondément d’actualité. En la relisant, on s’aperçoit par exemple du chemin qu’il reste à parcourir pour une plus grande participation intérieure des fidèles.

À partir de son analyse de la réforme liturgique et de Sacrosanctum Concilium, le cardinal Sarah a indiqué que le pape François l’avait encouragé à réfléchir à une « réforme de la réforme », c’est-à-dire à voir s’il est possible d’améliorer la dernière réforme.

Le cardinal Sarah a reparlé de l’orientation de la messe qui suscite beaucoup de discussions. Est-ce le retour annoncé de la messe « dos au peuple » ?
Le cardinal Sarah insiste pour qu’il y ait une orientation commune, vers l’est, afin de renforcer l’unité de l’assemblée, du prêtre avec les fidèles, pas pour les diviser ! Il s’agit d’effacer les personnalités, les aspects subjectifs. Ce qui est important, ce n’est pas le charisme de tel prêtre ou de tel animateur : c’est Dieu qui doit être au centre ! Le cardinal Ratzinger parlait du « caractère théocentrique de la liturgie » [2]. Se tourner vers l’Orient, ou du moins vers l’abside, c’est donc aussi un geste d’humilité.

Pour ma part, je ne le perçois pas comme une volonté de revenir à des formes du passé, mais je redécouvre avec des yeux neufs un symbole fort : le cardinal Ratzinger écrivait que « L’orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles […] était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable » [3].

Il faut agir avec prudence, comme l’a rappelé le cardinal Sarah. On peut célébrer ad orientem, là et quand c’est opportun et là où ce sera compris. Il ne s’agit pas de faire une révolution. Pour ma part, je le ferai lors du quatrième dimanche de l’Avent, pour inciter les prêtres et les fidèles de mon diocèse à réfléchir au sens de la liturgie et à la place du Christ dans celle-ci.

Le cardinal Sarah a-t-il donné d’autres pistes concrètes pour la réforme de la liturgie que le pape François lui a demandé de conduire ?
Il a souligné l’importance du chant. Pour saint Augustin, chanter c’est prier deux fois. Le chant élève la prière que nous adressons à Dieu. La musique est aussi un moyen d’exprimer ce qui se trouve au plus profond de notre âme. L’article 116 de Sacrosanctum Concilium déclare que : « le chant grégorien […] le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui […] doit occuper la première place. »

Une chose qui me tient à cœur est l’esprit d’adoration qui devrait mieux se sentir dans nos célébrations. Cela nécessite des moments de silence propices au recueillement, mais aussi des attitudes comme l’agenouillement (si la santé le permet) pendant la consécration ou la communion.

Enfin, le cardinal Sarah a insisté sur la tenue des prêtres. Premièrement, il y a l’attitude : ne pas sortir son téléphone portable, ne pas discuter, ne pas adopter de pose nonchalante, en particulier lors des grands rassemblements. Mais il y a aussi la beauté des ornements. Le concile a appelé à une noble simplicité, mais pas au dépouillement ! Nous, les prêtres, pouvons traduire notre foi et notre joie en portant de beaux et dignes habits de fête ! Pensons au saint curé d’Ars qui vivait de rien, et dépensait son argent pour acheter des ornements qui fussent dignes du culte rendu à Dieu.

Ces pistes n’ont qu’un seul but, pour reprendre les mots du cardinal Ratzinger, avancer vers « une manière digne de célébrer la liturgie, tant dans sa forme extérieure que dans les dispositions intérieures qu’elle appelle » [4].

[1] Benoît XVI, Lumière du monde, Bayard, Paris 2010, p. 203.

[2] Joseph Ratzinger, préface de Klaus Gamber, Tournés vers le Seigneur, éditions Sainte-Madeleine, Le Barroux, 1993.

[3] Id.

[4] Joseph Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Ad Solem, Genève 2001, p.10.

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