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Vivre en catho en 2016 en 10 leçons. Épisode 12

Sabine de Rozières - Publié le 25/06/16

"J’avais besoin d’un Père et de repères."

Gaëtan a aujourd’hui cinq enfants et s’occupe de l’intendance d’un grand lycée parisien.

Aleteia : Pourquoi laissez-vous de la place pour Dieu dans votre vie ?
Gaëtan : Quand j’étais petit, ma mère souffrait d’alcoolisme, je l’ai perdue à l’âge de 19 ans. Assez jeune, j’ai fait une rencontre personnelle avec le Christ. Non pas que j’avais des capacités supérieures aux autres, mais au départ c’était d’abord la quête d’un point fixe dans un cadre familial dissolu. J’avais besoin d’un Père et de repères, de quelque chose d’intangible auquel je puisse revenir. Pour moi, cette rencontre est le point de départ de toute foi vivante, on pourrait voir cela comme le pendant d’une foi sociale ou conventionnelle. Comme mes frères et sœurs et moi étions un peu livrés à nous-mêmes, mon point de repère est devenu la messe, le seul rendez-vous que je ne manquais pas. Assez vite, j’ai pris conscience que tout se passait pendant l’Eucharistie.

Que signifie pour vous « avoir la foi » ?
C’est d’abord une source d’émerveillement. Difficile de dire si ma foi peut augmenter puisqu’à partir du moment où elle est donnée, elle reste entière en moi. Cependant, elle peut grandir dans la mesure où je lui reconnais de plus en plus de place. Mais comme c’est un don, elle n’est pas le fruit de nos vies vertueuses (ou non !)… et heureusement ! Elle implique d’avoir une ligne de conduite que je résumerais par ces mots : humilité et simplicité. C’est le paradoxe qui dit que pour être soi-même pleinement, il faut s’effacer le plus possible afin que le Christ prenne toute la place qui s’offre à lui.

Avez-vous une action quotidienne pour Dieu ?
Depuis quelques années, je fais la prière du matin et j’essaye également d’y consacrer un quart d’heure le soir. Mais être fidèle à nos rendez-vous avec le Seigneur est un combat, au fond c’est le programme d’une vie. Avec mon épouse, nous n’avons pas l’habitude de prier ensemble, sauf avec les enfants ou quand nous sommes à la messe. Il y a une telle intimité dans la prière, un tel dévoilement de soi… Nous y parviendrons peut-être un jour, c’est à espérer. Mais je ne crois pas que ce soit une obligation !

Qu’aimeriez-vous dire aux catholiques ? 
Aujourd’hui, soyons capables de sortir de chez nous et de proclamer au monde que Jésus Christ est ressuscité ! C’est un bel acte de charité que d’annoncer ce message au peuple. Il faut être capable de se mettre en danger et de prendre des risques sans jamais faire barrage à l’Esprit. « Seul Dieu est formidable », comme dirait le père Guy Gilbert ! Même s’il faut savoir se servir des moyens de communications actuelles, on pourrait s’en passer et revenir à une certaine forme de proximité, c’est la réalité de la paroisse qui est centrale.

Selon vous, qu’est-ce qui sauvera le monde ?
Il est déjà sauvé par le Christ ! Mais je crois qu’on ne s’en rend pas bien compte, voire pas du tout. Comme nous sommes des êtres libres, c’est aussi nous qui choisissons d’être sauvés, sinon ce serait une dictature divine ! Dieu ne va pas sans notre volonté. Après, il s’agit pour nous, chrétiens, de faire en sorte que nos contemporains en prennent conscience et cela ne peut passer que par notre témoignage. Un monde sauvé est un monde qui aura compris qu’il est libéré du péché et qu’il est déjà pardonné.

Quelle est votre plus grande peur ?
La mort mais surtout la souffrance physique qui peut l’accompagner, aussi bien pour moi que pour les autres. Cela m’angoisse, c’est l’appréhension du martyre !

Qu’est-ce qui vous rend heureux ?
Quand à certains moments pour telle ou telle chose, je peux me dire que je suis un bon époux ou un bon père pour mes enfants. Mais si on parle de la joie, c’est assez difficile pour moi car je ne suis pas d’une nature joyeuse. Je crois que c’est Simone Weil qui disait : « Le bonheur est toujours à conquérir sur le terrain de la souffrance », ce sont des mots qui trouvent un large écho en moi. Autrement, je suis intimement convaincu que la clé du bonheur véritable est notre capacité à se décentrer de nous-même et à se mettre totalement au service de l’autre. Le bonheur c’est de ne rien tenir, ne rien retenir… C’est en tout cas ce que j’essaye de transmettre à mes enfants.

Quelle est votre vertu préférée et pourquoi ?
Celle que je comprends le moins, c’est-à-dire l’espérance. Autant j’ai pu me sentir structuré par la foi, et j’entrevois ma part d’implication pour ce qui est de la charité, autant l’espérance… C’est un état, une disposition de tout l’être qui n’empêche pas la lucidité, bien au contraire ! C’est une sorte « d’extra lucidité » que de regarder le monde en percevant qu’il est sauvé. De mon côté, je suis plutôt tenté par la résignation et le désespoir, c’est sans doute d’abord un manque de foi. Ce n’est pas très clair pour moi, c’est un grand mystère à fouiller encore. Du coup, j’ai appelé une de mes filles Espérance, ainsi je peux la voir se lever tous les matins (cf. Charles Péguy) !

Quel est votre saint préféré et pourquoi ?
Je n’ai pas de saint qui me suive comme un compagnon de route. Mais depuis deux ans j’ai découvert sainte Faustine en lisant des parties de son Petit journal. Les révélations privées sur la Miséricorde qu’elle a reçues correspondent à un vrai besoin chez moi. Et puis son « chapelet de la Miséricorde » est quand même beaucoup plus rapide à dire que le chapelet traditionnel, donc cela me va très bien !

Quelle est votre prière préférée et pourquoi ?
Le Je vous salue Marie, parce qu’on s’adresse à notre Mère du Ciel. C’est la prière du pauvre par excellence où l’on prie cette femme, première Église, puisqu’elle porta le Fils de Dieu en elle. Quand je vois mes enfants encore petits le réciter, je trouve que cette prière recèle toute la tendresse de Dieu !

Propos recueillis par Sabine de Rozières

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Catholique
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