Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Samedi 23 octobre |
Saint Jean de Capistran
Aleteia logo
home iconPolitique
line break icon

59 ans après Charles de Gaulle, un général brigue l’Élysée

Sylvain Dorient - Publié le 08/06/16

"Hollande est patron comme je suis danseuse étoile. La France a besoin d'un chef."

Lorsqu’on lui demande quelle raison a pu le pousser, lui, le général Didier Tauzin, en retraite depuis dix ans, de tenter une aventure aussi risquée que la présidentielle, il répond par la parabole des talents. « Je sais commander, assure-t-il, je suis bon pour ça, j’ai été formé pour ça ». Or, à ses yeux, la France en a un besoin urgent, immédiat, et elle ne s’est pas dotée de l’homme idoine… « Hollande est patron comme je suis danseuse étoile », ironise-t-il. Et pour ceux qui en douteraient, ce militaire au visage carré, qui a passé 36 ans sous les drapeaux, réalisé vingts opérations – le plus souvent des « opérations spéciales »– n’est pas franchement taillé pour le tutu et les ballerines.

Que des coups à prendre

Le général de division (trois étoiles) est bien conscient de la difficulté de la bataille qui s’annonce. Inconnu parmi les bataillons d’hommes politiques de carrière, il n’a pas les bonnes cartes en main : difficile d’imaginer un militaire devenir président en un an. Il a peu de chance de réussir, mais ça ne l’empêche pas de dormir : « Je fais ce qui me semble être juste et je m’en remets à la providence, si je ne suis pas élu, j’ai des radis magnifiques qui poussent dans mon potager… »

Un moment critique

Il est convaincu que la France vit un moment critique de son histoire. Les vingts prochaines années seront décisives, elles marqueront la transition entre deux époques civilisationnelles, et le général fait le pari que le pays retrouvera ses sources. La France est ontologiquement catholique, dit-il, en citant les paroles de Camel Bechikh, le musulman patriote français de l’association Fils de France. Pourtant, la période est risquée, outre le problème de la chute démographique, il n’exclut pas la possibilité d’une guerre civile, un sujet qu’il connaît bien pour avoir été déployé – entre autres lieux – au Rwanda.

La France doit retrouver sa souveraineté pour agir

Général Didier Tauzin - Uniforme 3
Le Général Didier Tauzin a occupé diverses fonctions au sein de l’armée de terre, des forces spéciales à l’insertion des jeunes défavorisés © DT
Le général Didier Tauzin a occupé diverses fonctions au sein de l’armée de terre, des forces spéciales à l’insertion des jeunes défavorisés © DT

Or face aux défis qui s’annoncent, la France a besoin de retrouver sa souveraineté et d’agir comme acteur responsable. « Nous n’avons plus de politique internationale indépendante », déplore Didier Tauzin, qui entend se détacher de l’OTAN pour retrouver le rayonnement international français. En Afrique en particulier : Il est encore temps de développer le continent africain, nous le pouvons, Français et Africains ensemble, nous en avons les moyens. Or notre position actuelle de vassal des États-Unis nous prive de ces opportunités. Plus grave, l’histoire prouve que lorsqu’un état suzerain est en difficulté, il abandonne ses vassaux, et que leur sort n’est alors pas enviable. Or, à ses yeux, le monde entre dans une période de troubles, notamment liés aux déséquilibres démographiques entre les pays du Nord et ceux du Sud.

Redevenir le moteur de l’Europe

Bien qu’il dénonce les dérives de l’Union européenne actuelle, le militaire et candidat n’imagine pas l’avenir de la France sans l’Europe. La France a, au contraire, selon lui, la vocation à redevenir le moteur de l’Europe, et à retrouver des alliés, notamment auprès de la Russie, avec laquelle elle a des intérêts communs.

« Qu’il aime la France à en mourir »

Pour expliquer sa vocation d’officier, autrement dit de serviteur du pays, le général remonte dans sa mémoire jusqu’en 1954. Didier Tauzin avait 4 ans lorsqu’il a vu sa mère pleurer à la lecture d’une lettre. Son père écrivait qu’il allait sauter sur Dien Bien Phu, et qu’il ne reviendrait pas. Il est en fin de compte revenu, après une atroce captivité chez les Vietnamiens, mais la conclusion de sa lettre est restée gravée dans la mémoire du jeune garçon : « Fais de notre fils un officier, qu’il aime la France à en mourir ».

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
WEB2-Bishop_Michael.jpg
Agnès Pinard Legry
Admirateur de Benoît XVI, un évêque anglican devient catholique
2
JOHN PAUL II
Marzena Devoud
Le jour le plus heureux de la vie de Jean Paul II
3
ZITA
Mathilde de Robien
Cette magnifique prière gravée dans les alliances de Charles et Z...
4
Bérengère Dommaigné
Sœur André, la reine des youtubeuses
5
Hugues Lefèvre
À Rome, Jean Castex célèbre les relations entre la France et l’Ég...
6
WEB2-MISSEL-FORMATION-ABBENICO.jpg
Agnès Pinard Legry
Les prêtres se préparent à un grand changement
7
La rédaction d'Aleteia
[VIDEO] Un jeune enfant handicapé monte au côté du Pape au début ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement