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Une jeune étudiante française au chevet des réfugiés

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Installée en Jordanie depuis octobre 2015, Claire-Marine, 21 ans, diffuse le témoignage de chrétiens d'Orient en exil.

En Occident, le drame des chrétiens d’Orient ne suscite que mépris et indifférence. Claire-Marine Gros, étudiante française de 21 ans, a décidé de réagir en se rendant sur place pour recueillir un maximum de témoignages de réfugiés.

Partie il y a sept mois, la jeune femme se trouve actuellement en Jordanie où elle a déjà rencontré de nombreux chrétiens issus d’horizons différents. Elle publie l’ensemble de son travail sur un blog baptisé Amman2Paris : une excellente source d’informations pour qui souhaite approcher de près la réalité du Proche-Orient. On y trouve des témoignages poignants comme celui de Firas, un homme originaire de Mossoul en Irak, qui est arrivé en Jordanie en septembre 2014 avec sa femme et ses deux enfants.

« À la chute de Saddam Hussein, les gens ont commencé à ne plus se respecter et à ne plus respecter les lois. Certains musulmans ont manifesté une violente animosité envers les chrétiens, du jour au lendemain. Certains de mes amis musulmans sont devenus mes ennemis », raconte-t-il. En vue d’ « accélérer la procédure administrative », un homme leur conseille de devenir musulmans pour « être plus tranquille ». En réponse Firas se souvient s’être mis à rire, un scénario « inconcevable pour lui », rapporte la journaliste en herbe.

« Ma fille a échappé à trois tentatives d’enlèvement »

Elle aussi originaire de Bagdad, la famille Alhaidar a quitté l’Irak en octobre 2011 pour la Jordanie, où elle habite désormais l’un des quartiers les plus pauvres d’Amman, « dans un petit appartement insalubre », précise Claire-Marine Gros. « Nous sommes partis parce que nous sommes une minorité en Irak, les Islamistes radicaux nous détestent. Ils tuent nos docteurs, kidnappent nos femmes et nos filles ; la mienne a échappé à trois tentatives d’enlèvement », raconte le patriarche de la famille.

« Tolérés aujourd’hui en Jordanie, leur situation reste compliquée : les autorités leur ont certes octroyé une portion de rivière où pratiquer leurs rites », explique l’expat’. La famille Alhaidar appartient en effet à la religion mandéenne qui ne compte plus que quelques milliers de membres. « En Jordanie, les mandéens ont par ailleurs interdiction de se rassembler chez l’un d’eux pour leur culte, précise Claire-Marine. S’ils s’y risquent, il peuvent être expulsés à tout moment. » « À cela s’ajoute le silence et l’indifférence généralisée à leur égard : depuis 2008, plus aucune association ne vient en aide à la communauté mandéenne. »

Et pourtant : « Notre religion est pacifique, assure le chef de famille. Nous avons l’interdiction de porter les armes et de nous battre, même pour nous défendre. Nous ne voulons de mal à personne, simplement vivre en paix et en harmonie avec tous les peuples : pourquoi un tel déchaînement de haine à notre encontre ? », s’interroge-t-il.

Racisme anti-Noir

En Jordanie, tous les réfugiés ne viennent pas d’Orient, comme cette famille soudanaise arrivée en novembre 2014. « Lorsque j’ai quitté le Soudan nous avons fait le choix de la Jordanie parce qu’il s’agissait d’un pays épargné par la guerre, les massacres et les combats et en raison de la politique d’accueil des réfugiés qu’elle menait alors », raconte le père de famille qui a souhaité rester anonyme.

« Aujourd’hui il ne nous est pas possible de travailler, d’envoyer nos enfants à l’école ni même de les nourrir. À cela s’ajoute un racisme anti-Noir particulièrement important. Ma femme et mes enfants ne sortent pas de chez nous, lorsque je suis dans la rue, il est fréquent d’être l’objet d’insultes, de jets de pierres, de bouteilles ou même d’ordures », déplore-t-il.

« J’ai dû me rendre à l’évidence : nous ne pouvons plus rester. Je ne sais pas où me rendre vers quel pays me tourner : l’Europe ? Les États-Unis ? Tout ce que nous demandons, c’est un pays qui nous assure stabilité, protection, qui prenne soin de nous et nous permette de vivre, tout simplement. »

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