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Jean-Frédéric Poisson : "Le temps de la fermeté est venu"

French MP Jean-Frederic Poisson sits for a meeting during a visit to a detention center housing migrants from sub-Saharan Africa in the Libyan capital, Tripoli, on July 4, 2015. AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA / AFP / MAHMUD TURKIA

Charlotte d'Ornellas - Publié le 26/03/16

Le président du Parti chrétien-démocrate, fait le point après les attaques de Bruxelles (2ème partie).

Retrouvez la première partie de cet entretien ici.

Jean-Frédéric Poisson : J’assume, je préfère une injustice au désordre. Le temps de la fermeté est venu, je crois que les Français n’attendent que cela. Je pense qu’avant tout, il y a des mesures de lutte féroce contre toute forme d’expression radicale à prendre. Et tant pis si la liberté de ces individus extrémistes doit être restreinte.

Aleteia : Mais le mot « extrémiste » est aussi bien accolé aux manifestants de la Manif pour Tous par exemple, malgré l’absence de violence. De telles mesures ne sont-elles pas dangereuses pour les Français et pour la liberté d’opinion ?

C’est une question tout à fait légitime, bien sûr. Dieu merci (si je puis me permettre), ces différences se résolvent encore dans le droit. Nous pouvons encore faire la différence entre quelqu’un qui est traité d’extrémiste par un ministre excité et quelqu’un qui est prêt à poser une bombe. Bien évidemment, ce discours absurde se décrédibilise totalement. Plus personne ne croit à cet éternel argument de la haine.

Prenons l’exemple du Front National. Quand Manuel Valls hurle à Marion Maréchal-le Pen qu’elle est issue du parti de la haine, cela fait quasiment sourire, c’est ridicule. Il y a sûrement de la haine au Front National, mais il y en a partout malheureusement ! Il est possible d’avoir des désaccords idéologiques avec le Front National, j’en ai moi-même, mais discutons sur ces désaccords, au lieu de sombrer dans l’accusation psychologique, dans la culpabilité. Il faut discuter projet contre projet, argument contre argument. Condamner sans preuve ne fonctionne plus.

Vous comprenez donc le sentiment d’injustice que semblent ressentir une partie des Français par rapport à cette accusation de haine ?

Mais bien sur ! Et c’est souvent injuste en effet. Pour filer mon exemple du Front National, je vois bien que les gens qui votent FN dans les campagnes par exemple, sont désespérés et ont l’impression d’être laissés pour compte, ce qui est d’ailleurs parfois vrai. Il faut regarder les choses en face, le sentiment de favoritisme est également légitime. L’État a déversé (et déverse encore) des milliards et des milliards dans les banlieues sans aucun résultat, nous avons laissé des organisations pour le moins opaques installer leurs commerces, là encore il y a un toilettage urgent à faire, il faut accepter de faire un tri, une fois de plus. C’est la meilleur manière de répondre à l’inquiétude et à ce sentiment d’injustice.

A défaut d’être capables de mesures de sécurité spectaculaire, il y a un message politique ferme à prononcer. Il faut quand même que les Français sachent que l’enveloppe parlementaire de certains de mes collègues sert à financer des associations radicales, ce n’est pas supportable.

Vous parlez de mesures spectaculaires de sécurité, quelles sont les mesures à prendre d’urgence ?

La situation est difficile parce que nous n’avons pas les moyens de prendre toutes les mesures que l’urgence nous impose. Il faudrait doter en matériel un certain nombre de services de police, de gendarmerie ou de contingents militaires. Il faudrait également revoir absolument les effectifs.

Dans le cadre de la commission sur le financement de l’État islamique que je préside à l’Assemblée Nationale, nous avons organisé mardi soir, une audition de certains services. En écoutant le directeur des renseignements douaniers, nous avons bien compris que le renseignement de terrain effectué par des personnes était bien plus efficace que celui qu’opèrent des machines.

Israël, qui a bien des défauts par ailleurs, a une véritable expertise sur les questions de sécurité : ils ont renoncé aux seules images de vidéo surveillance pour les remplacer par des physionomistes. Un homme aurait peut-être remarqué qu’il est étrange que trois hommes se promènent dans un aéroport avec un gant à une main et pas à l’autre… Nous payons évidemment la note de trois décennies de réduction des effectifs.

Mais il faut reconnaître que personne ne pourra jamais protéger totalement nos pays contre des barbares qui se font exploser au milieu d’un aéroport. Cela ne doit pas nous empêcher d’essayer. Je crois aussi que la réponse sécuritaire n’est pas suffisante, il faut réaffirmer un modèle de civilisation incontournable.

Ce modèle est pourtant rejeté…

J’ai passé ma vie dans les Hauts de Seine, en banlieue. Il y avait déjà beaucoup d’Africains dans ma classe ou dans ma barre d’immeubles. Nous vivions pourtant ensemble. Aujourd’hui, c’est devenu impossible. La différence entre mon enfance et aujourd’hui, c’est qu’à l’époque, il ne faisait de doute pour personne que la civilisation chrétienne faisait référence dans le pays. On ne peut pas demander aux musulmans d’avoir du respect pour une culture qui se déteste elle-même, soyons honnêtes.

Nous devons redevenir la France, et retrouver aussi l’engagement de notre pays à l’étranger. C’est aussi pour cela que je suis candidat à la primaire, parce que j’ai parfois l’impression que nombre de politiques ne le comprennent plus. Au moment de la révision constitutionnelle contre laquelle j’ai d’ailleurs voté, j’ai porté un amendement pour inscrire les racines chrétiennes de la France dans la constitution. On a refusé l’amendement au motif que cela n’avait rien à voir avec le sujet !

Les musulmans comprennent cela, les Français non. Nous devons pourvoir redire, aux musulmans en France, comme à la Turquie par exemple : voilà ce que nous sommes, vous perdez votre temps à essayer de nous changer.

La différence entre votre enfance et aujourd’hui, c’est peut-être aussi le nombre d’étrangers présents en France ?

C’est exact, il y a la question du nombre, et celle du peuple. Je pense malgré tout que certains musulmans restent attachés à la France. L’exemple actuellement souffrant des Harkis est significatif. Lorsque je tiens ce discours, les musulmans ne sont pas nécessairement choqués. Il est de notre responsabilité politique de leur dire où ils sont !

Ensuite, je reviens à mon discours de fermeté. J’ai des témoignages nombreux sur les musulmans qui refusent d’être soignés par tel ou tel dans les hôpitaux. Il est hors de question de faire descendre la police dans un service hospitalier pour ce genre de chose, il faut être plus pragmatique. Vous ne voulez pas vous faire soigner par cet homme dont le métier est de sauver des vies ? Alors dehors. C’est leur liberté, libre à nous de leur demander d’en assumer les conséquences.

Comment jugez-vous les récents « clips contre la haine » lancés par le gouvernement qui ont coûté 3 millions d’euros au contribuable, n’évoquent pas l’islamisme meurtrier, mais accusent les « petits blancs » d’être systématiquement les agresseurs ?

C’est une exacte illustration de l’aveuglement de notre société. Le gouvernement se trompe d’ennemi depuis toujours. Au congrès de Versailles, le président a été incapable de prononcer les mots « islam » ou « islamisme », sans doute dans le souci de ménager ses possibles ressources électorales. Mais cela prouve surtout un défaut terrible d’intelligence et de compréhension de la situation.

Nous sommes encore dans la domination d’un modèle politique qui continue à penser que le mutliculturalisme est l’horizon indépassable. À ce titre, la civilisation chrétienne doit être affaiblie pour que l’internationale devienne le genre humain… Les frontières raciales, nationales, ethniques, religieuses doivent être abattues pour que nous soyons heureux. Mais c’est un fantasme, ça n’existe pas !

Tout est mis en œuvre pour promouvoir ce modèle, parce que si ils y renoncent, ils reconnaissent s’être trompés pendant 40 ans. Et nous observons la même chose concernant le traité de Maastricht de 1992, là encore ils se sont plantés. Tout a pourtant été dit il y a 25 ans à ce sujet. Relisez le discours de Philippe Séguin, tout y est.

On arrive au bout du système et c’est pourquoi je défends une sortie du traité de Maastricht et non de l’Europe. Nous assistons là encore à l’effondrement de ce modèle qui voulait faire des nations les fauteuses de troubles, et qui a voulu assassiner l’idée d’une culture commune de référence. Cette idée là, portée par la gauche et par la droite libérale, explose. Pour ne pas reconnaître l’erreur, ils font comme si cela n’existait pas. La solution est pourtant là aussi, il faut changer de modèle…

Propos recueillis par Charlotte d’Ornellas

Tags:
EuropeIslamsécurité
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