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À Romans-sur-Isère, le Vendredi Saint est synonyme de « Grand Voyage »

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Depuis 500 ans, un pèlerinage semi-nocturne se déroule chaque Vendredi Saint dans les rues de cette belle ville de la Drôme. Une démarche populaire mêlant culture, tradition locale et foi.

5 heures dans les rues désertes de Romans-sur-Isère, commune drômoise de 35 000 habitants. Des silhouettes traversent l’obscurité et se rassemblent sous les flambeaux autour de Mgr Pierre-Yves Michel, évêque du diocèse de Valence, et du père Damien de Villepoix, curé de la paroisse Sainte-Claire en Dauphiné. Comme chaque Vendredi Saint, les chrétiens de Romans et de ses environs s’apprêtent à réaliser, au cœur du triduum pascal, leur « Grand Voyage ». Le « Grand Voyage » ? Le nom qu’ici porte un chemin de croix rare, initié il y a 500 ans tout rond par un certain Romanet Boffin, marchand de la ville aussi pieux que riche. A l’époque, partir en pèlerinage en Terre Sainte est devenu particulièrement périlleux depuis que Jérusalem est aux mains des Turcs. La topographie de Romans présentant des similitudes avec celle de la ville sainte, il imagine une alternative sur les bords de l’Isère.

Unique en France et l’un des plus anciens d’Europe, ce chemin de croix composé de quarante stations a la particularité de se situer en milieu urbain. Depuis 500 ans, il attire des centaines de personnes, dans cette marche au cœur de la ville et de la nuit mêlant à la fois culture, tradition locale et foi.

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Ce matin, anniversaire oblige, ils sont plus nombreux qu’à l’accoutumée à avoir fait sonner leurs réveils aux aurores. Au moins 600 personnes, marchent dans le silence, méditant la passion du Christ, de station en station. Les vieux Romanais côtoient des collégiens et de jeunes familles, parfois avec poussettes. En signe de pénitence, une femme réalise le parcours pieds nus. Dans les ruelles du centre-ancien, on n’entend que le bruit des chaussures frapper le pavé. Le père de Villepoix l’avait précisé en préambule : « Demeurons dans le silence et la prière afin de ne pas faire de ce chemin de croix une simple randonnée ».

Prier avec les pieds

Les stations du « Grand Voyage » sont hétéroclites : « d’un simple bas-relief à la chapelle néo-classique, en passant par de petits oratoires de dimensions et d’époques variables, isolés ou adossés à une construction », expliquent les services de la municipalité romanaise. Consciente de la valeur de ce patrimoine et de l’intérêt touristique qu’il présente, celle-ci a lancé  HYPERLINK une grande campagne de restauration du calvaire des Récollets où s’achève le « Grand Voyage ».

Habitant Romans depuis trois ans, Thibault pérégrine ce matin avec son fils Baptiste, bientôt 11 ans. « Dès notre arrivée dans la Drôme, j’ai souhaité vivre cette tradition afin d’entrer en résonnance avec cette ville à l’histoire très riche », explique le trentenaire, originaire de Paris. « Pour moi qui aime tout particulièrement prier avec les pieds, c’est également une façon très concrète d’entrer dans cette journée du Vendredi Saint. »

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Le diocèse de Valence est d’ailleurs jumelé avec l’éparchie catholique arménienne d’Alep (Syrie) dont est majoritairement originaire la forte communauté arménienne vivant à Valence et Romans. C’est à ce titre que Mgr Pierre-Yves Michel a souhaité clore ce « Grand Voyage » en priant pour les chrétiens d’Orient, « eux pour qui chaque jour est un Vendredi Saint ».

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