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Mumtaz Qadri et Shahbaz Bhatti, l’assassin et le martyr

Metin Aktas / Anadolu Agency
RAWALPINDI, PAKISTAN - MARCH 01: People gather around an ambulance which carries the body of Mumtaz Qadri, former police bodyguard who shot dead Punjab's governor Salman Taseer in Islamabad in 2011 over his opposition to laws that protect Islam, at the Liaqat Bagh Chowk square before the funeral prayers in Rawalpindi, Pakistan on March 1, 2016. Mumtaz Qadri was executed on February 29 at Adiala jail in Rawalpindi.
Metin Aktas / Anadolu Agency
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Les deux figures emblématiques du Pakistan, associées dans le dossier Asia Bibi et sur la question de la loi sur le blasphème.

Une foule immense d’un million de personnes était présente à l’enterrement de l’islamiste Mumtaz Qadri, l’homme qui a tué voici trois ans Salman Taseer, le gouverneur de la province du Pendjab. L’image nous est venue du Pakistan qui, le même jour, commémorait la mort de Shahbaz Bhatti, ministre catholique des Minorités religieuses, assassiné le 2 mars 2011 à Islamabad par des fondamentalistes musulmans. Une coïncidence rappelant les deux visages d’un pays assiégé par le terrorisme et l’islamisme, mais qui essaie aussi de réagir en s’accrochant à des exemples de leaders, chrétiens et musulmans, engagés en faveur du bien commun.

Le meurtrier Mumtaz Qadri, « héros de la blasphémie »

Mumtaz Qadri, le garde du corps devenu assassin, a trahi l’homme qu’il était censé protéger, le tuant de sang froid parce qu’il le considérait comme un blasphémateur. Après une condamnation confirmée en appel, il a été pendu. La seule faute de Salman Taseer avait été d’avoir osé s’attaquer à la loi sur le blasphème et de prendre la défense d’Asia Bibi, femme chrétienne condamnée à mort pour blasphème bien qu’innocente.

Aujourd’hui, le réveil des partis et des groupes extrémistes islamistes suscite une exaltation collective : dans l’hystérie, Qadri est salué comme un « héros de la blasphémie » par les islamistes. Or l’État de droit s’oppose à cette position et plus précisément la Cour suprême du Pakistan, qui a établi en novembre de l’année dernière que critiquer la loi sur le blasphème ne peut être considéré comme un blasphème. Taseer, quant à lui, avait seulement tenté d’empêcher la mort d’une innocente, accusée à cause d’une utilisation inadéquate de cette même loi.

Le ministre Bhatti, un laïc consacré, martyr de la foi

Et c’est le même sort qu’a connu Shahbaz Bhatti, le catholique qui essaya durant toute sa vie de concilier sa foi et son engagement social et politique, se consacrant au bien commun et à l’émancipation et au développement des pauvres, des exclus, des personnes vulnérables, notamment les chrétiens, petite minorité de 2% de la population du pays. Bhatti lutta aussi en faveur d’Asia Bibi et aurait dû remettre son rapport sur l’affaire au président alors en exercice, Alí Zardari. Ce document ne parviendra jamais entre les mains de ce dernier.

Le ministre Bhatti a toujours considéré son activité politique comme « mission et service », expression d’une foi authentique. C’est ce que son directeur spirituel, Mgr Antoby Lobo, a affirmé dans un document posthume envoyé au diocèse d’Islamabad, où l’Église a ouvert officiellement une enquête en vue de proclamer martyr Shahbaz Bhatti.

« C’est notre héros »

Vatican Insider a consacré un « web-documentaire » en italien à l’histoire de Bhatti. Il s’agit d’une enquête avec les paroles, textes et images sur la vie du ministre assassiné, sur le chemin de la reconnaissance de sa sainteté.

« C’est notre héros. Nous avons besoin de personnes comme lui », déclare fray Shahzad Khokher, qui durant des années participa à la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan. Dans une vidéo exclusive Ashiq Masih, époux d’Asia Bibi, évoque avec gratitude le sacrifice de Bhatti : « Il a donné sa vie pour Asia Bibi ».

Le soir du 1er mars, le peuple chrétien s’est donc rassemblé lors d’une messe célébrée en hommage à Bhatti dans la cathédrale d’Islamabad-Rawalpindi et pour évoquer son martyre. Le 2 mars, anniversaire de la mort de Bhatti, divers dirigeants politiques, chrétiens et musulmans, ont rappelé son engagement pour l’égalité. Bhatti a œuvré pour sortir la communauté chrétienne pakistanaise du ghetto de la discrimination et pour sa pleine intégration dans le tissu social, culturel et politique du pays. Sa figure était symbolique de cette vision et de cette ligne, marquée par l’engagement, le dialogue, la paix et la justice.

L’avenir du pays se joue justement à ce niveau. Si les institutions comme le gouvernement et la magistrature réussissent (y compris grâce à l’appui des militaires) à maintenir la légalité et l’État de droit, en résistant, le Pakistan pourrait rêver de vaincre le terrorisme qui en dix ans a provoqué environ 50 000 victimes (un triste record mondial).

On le verra lors du procès intenté contre les coupables de l’assassinat de Bhatti, dont s’occupe (depuis un mois) un tribunal militaire chargé des crimes du terrorisme.

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