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Nadia Murad Basee Taha, ancienne esclave de Daesh, reçue au Sénat

© Amanda Voisard / UN Photo CC
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Rescapée de l’enfer, la jeune yézidie a témoigné jeudi 18 février devant la Délégation au droit des femmes.

Elle a à peine 23 ans et son nom vient d’être proposé pour le prochain prix Nobel de la paix. Depuis qu’elle a retrouvé sa liberté, Nadia Murad Basee Taha parcourt le monde pour sensibiliser la communauté internationale du sort que subissent les minorités d’Irak sous le joug de l’État islamique. Esclave des djihadistes pendant trois mois, les horreurs qu’elle dénonce, elle les a vécues jusqu’à dans sa chair. « Débarassez nous de Daesh ! Tous ceux qui ont commis les crimes de trafic humain et génocide doivent être poursuivis en justice pour que nous puissions recommencer vivre en paix en Syrie, en Irak, en Somalie et au Nigeria. » Reste à savoir si sa voix sera entendue.

La plus vieille religion du monde

Comme les chrétiens, les yézidis font partis des minorités religieuses d’Irak où ils sont plus de 500 000, essentiellement dans le Nord du pays. La diaspora compte environ 300 000 personnes, 5 000 seraient en France. Ces originaires de Mésopotamie prétendent avoir la plus vieille religion du monde car leur calendrier religieux remonte à plus de 4 000 ans av. J-C. Monothéistes, leur croyance prend sa source dans le zoroastrisme, une religion perse antique, enrichie plus tard par des apports coraniques et biblique.

Le but de Daesh : éliminer tous les yézidis

Le 4 août 2014, les « forces du diable », comme Nadia les appelle, ont encerclé son village. Une dizaine de jours plus tard, tous les habitants sont sommés de se réunir à l’école. Les hommes, les femmes et les enfants sont alors séparés. « Je les ai vus, du deuxième étage, ils ont pris les hommes et les ont tués un par un, dans le groupe il y avait six de mes frères. Puis ce fut au tour des vielles femmes d’être assassinées. Nous, les jeunes filles et les enfants, avons été emmenés par bus jusqu’à Mossoul, nous étions plus de 150 familles. »

Selon Nadia, ces crimes n’ont pas été commis de manière arbitraire, mais suivant un plan organisé pour exterminer l’identité yézidie : prendre les jeunes femmes et les filles comme marchandises pour être échangées, renforcer les rangs de leurs troupes en recrutant les petits garçons et détruire tous les temples.

Le prix à payer d’être yézidie 

La jeune femme de 20 ans à l’époque, se retrouve au milieu de milliers de femmes et d’enfants dans ce qui lui paraît être un immense marché. Les djihadistes y amènent leur butin qu’ils vendent ou échangent en guise de cadeaux.

Quelques jours plus tard, son « propriétaire » la force à s’habiller avec des vêtements provoquant, à se maquiller et ce soir-là abuse d’elle. « C’était comme cela pour toutes les femme. Notre vie dans cette maison était insupportable. On ne vivait même pas au jour le jour, on ne pensait qu’à la survie, heure par heure, minute par minute. Il me traitait comme une moins que rien. Il me disait : “Tu es impure, tu es une infidèle”. Un jour j’ai décidé de m’enfuir mais j’ai été rattrapée. Mon ravisseur m’a battue, a enlevé mes vêtements et jeté en pâture à ses gardes. Ils ont fait de moi ce qu’ils voulaient, violé plusieurs fois par jour, jusqu’à ce que je m’évanouisse. »

Le viol, une arme efficace pour détruire les femmes et les filles, garantir qu’elles ne vivront plus jamais une vie normale. « Pour eux nous ne sommes rien, subir ça c’est le prix à payer pour être yézidie ».

La migration comme seul salut

Par miracle Nadia Murad réussi à s’enfuir à Mossoul et à être recueillie par une famille. Après un long périple, elle atterrit dans un camp de réfugiés au Kurdistan irakien. Aujourd’hui, elle a trouvé asile en Allemagne.

En décembre, plus de 3 400 femmes et enfants servant encore d’esclaves et de guerriers avaient besoin d’être délivrés. Ceux qui n’ont pas été tués ou capturés voient la migration comme la seule option et s’exilent vers les camps ou l’Europe. « Beaucoup de yézidis ont coulé sur la route de l’Europe. » C’est tout un peuple qui est déplacé.

Combien de temps encore les pays occidentaux vont-ils rester inactifs face aux atrocités qui sont en train d’être perpétrées ?

En septembre 2015, sortait Esclave de Daech aux éditions Fayard, l’histoire de Jinan, une autre yézidie de 18 ans, qui vécut le même calvaire que Nadia Murad.

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