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Le Prix Simone de Beauvoir à la « lionne » de Lampedusa

Giusi Nicolini, maire de Lampedusa (Italie) © EVREN ATALAY / ANADOLU AGENCY
LAMPEDUSA, ITALY - FEBRUARY 14: Mayor of Lampedusa Giusi Nicolini gives a speech in Lampedusa, Italy on February 14, 2015. Last week, More than 200 people trying to cross the sea from Africa to Italy believed to have drowned after inflatable boats capsize off of Italy, according to UN refugee agency. Every year thousands of illegal immigrants try to reach Lampedusa with small boats and ships. Evren Atalay / Anadolu Agency
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Giusi Nicolini, la maire de l’île, a été récompensée pour « son action courageuse et pionnière » en faveur des réfugiés, à la veille du Jubilé des migrants célébré par le pape François en concomitance avec la Journée mondiale des migrants et des réfugiés.

« Là-bas, on l’appelle la lionne », raconte Julia Kristeva, écrivain franco-bulgare et fondatrice du Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, devant la presse internationale. Il s’agit de Giusi Nicolini, 55 ans, maire de Lampedusa (Sicile, Italie), 9e lauréate du prix remis le 14 janvier dernier à la Maison de l’Amérique latine où elle a été très applaudie.

Le combat d’une lionne

Giusi Nicolini est maire de Lampedusa depuis 2012. Elle est récompensée pour « son action courageuse et pionnière en faveur des réfugiés », dans une île prise en tenaille entre l’arrivée incessante des migrants et la sévérité des politiques européennes d’immigration. Tout le monde se souvient de son cri d’indignation – « Comment peut-on accepter au XXIe siècle de demander l’asile à la nage ? », avait-elle dénoncé haut et fort en déplorant les centaines de migrants noyés en méditerranée et échoués sur l’île de Lampedusa, en 2013 – et de sa lettre ouverte à l’Union européenne quelques mois auparavant – « Je suis consternée par l’accoutumance qui semble avoir gagné tout le monde. Je suis scandalisée par le silence de l’Europe qui a reçu le Prix Nobel de la paix et qui se tait face à un massacre dont le bilan est celui d’une véritable guerre ». « Assez ! C’est une horreur sans fin », avait-elle hurlé, en larmes, à la télévision.

Depuis le printemps 2015, la situation s’est aggravée. À Lampedusa, « on expérimente à quel point les droits humains sont bafoués, ceux des migrants et ceux de la population locale », a-t-elle confié au journal Libération. Giusi Nicolini ne lâche pas. Ainsi, malgré ses adversaires, en militante « responsable et infatigable », elle poursuit son action en étroite collaboration avec les garde-côtes italiens pour assurer à tous ces migrants un accueil digne. Son combat : »Faire prendre conscience à l’Europe et au monde entier qu’il faut changer les politiques d’asile et d’immigration et renforcer la solidarité », comme le rappelle l’université Paris Diderot qui, avec l’Institut de France, la mairie de Paris et la Fondation Simone de Beauvoir, soutient le Prix Simone de Beauvoir. « Cette femme est en première ligne dans une tragédie dont, apparemment, personne ne semble encore comprendre toute la portée ». Dans ses déplacements, la maire de Lampedusa ne perd pas une occasion pour répéter que Lampedusa n’est pas la périphérie la plus extrême de l’espace européen, mais « un avant-poste au centre de la Méditerranée, cette mer jadis berceau d’échanges qui, aujourd’hui, s’est fermée et transformée en cimetière », commente terraeco.

Le jubilé des migrants, avec le Pape…

Giusi Nicolini a reçu son prix pratiquement en concomitance avec la 102e Journée mondiale des migrants et des réfugiés, dimanche, sur le thème : « Migrants et réfugiés nous interpellent. La réponse de l’Évangile de la miséricorde », qui a pris la forme d’un Jubilé des migrants place Saint-Pierre. Quelque 5 000 migrants, de plus de 30 nationalités différentes, étaient invités à prier avec le pape François lors de l’Angélus. Chers migrants et réfugiés, leur a dit le Pape, « chacun de vous porte en lui une histoire, une culture, des valeurs précieuses et souvent aussi, malheureusement, des expériences de misère, d’oppression, de peur. Votre présence place Saint-Pierre est un signe d’espérance en Dieu. Ne vous laissez pas voler cette espérance et la joie de vivre qui proviennent de l’expérience de la divine Miséricorde, grâce également aux personnes qui vous accueillent et vous aident ». Les migrants ont franchi la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre avant une messe à leur intention (Radio Vatican).

… et à Lampedusa

La veille, à Lampedusa, le cardinal Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigente en Sicile, a présidé les vêpres et ouvert la Porte Sainte du sanctuaire de la Madonna di Porto Salvo, fréquenté depuis la période des croisades par les marins chrétiens et musulmans. Le lendemain, il a présidé une messe et remis aux citoyens un crucifix offert par le Pape à la communauté de Lampedusa. Il s’agit d’un crucifix composé de rames de bateaux que le président cubain Raul Castro avait offert au Souverain Pontife lors de sa visite à Cuba, en septembre 2015.
 Avant la messe, l’archevêque s’est rendu à la porte de l’Europe : une véritable porte en béton construite sur un promontoire avec vue sur la mer, édifiée en juin 2008 à la mémoire des migrants morts en traversant la Méditerranée.

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