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La « première dame » d’Afghanistan est chrétienne et milite pour le respect des femmes

© SHAH MARAI/AFP
TO GO WITH AFGHANISTAN-UNREST-POLITICS-WOMEN-GHANI, PROFILE BY ISSAM AHMED AND EMMANUEL PARISSE
In this photograph taken on October 30, 2014, Afghan First Lady Rula Ghani, also known as Bibi Gul, speaks during an interview with AFP at the Presidential Palace in Kabul. Rula Ghani shocked Afghan observers earlier in 2014 when she appeared with her husband during the country's presidential campaign, a rare example of a political wife sharing the spotlight. Now the Lebanese-American is set to carve a role out for herself as first lady in one of the world's most conservative Muslim countries -- and, she says, empowering women is at the heart of her agenda. AFP PHOTO/SHAH Marai (Photo credit should read SHAH MARAI/AFP/Getty Images)
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Rula Ghani, l’épouse du président afghan Ashraf Ghani, défend le statut et le droit des femmes au pays des Talibans. Au péril de sa vie.

Non seulement elle est chrétienne (elle est née et a grandi au Liban dans une famille maronite), non seulement elle est pétrie de culture occidentale et bardée de diplômes, mais elle se fait l’avocate des femmes dans un pays miné par 35 ans de guerre où leur statut a terriblement régressé. Rula Ghani est devenue  la « première dame » de la République islamique d’Afghanistan en septembre 2014 quand son mari, Ashraf Ghani, a été élu président.

Un brillant parcours universitaire de Paris à New-York

Mari et femme depuis 1975 et parents de deux enfants, Ashraf et Rula se sont connus à l’Université américaine de Beyrouth. Tous deux ont poursuivi aux États-Unis un brillant parcours universitaire, notamment à l’Université Columbia de New York, l’une des plus prestigieuses du monde, où Rula a obtenu un master de journalisme. De Beyrouth à New York, en passant par Paris où elle a fait Sciences Po après son bac et des études dans un lycée catholique, Rula Ghani a accumulé les diplômes. Polyglotte (elle parle l’anglais, le français, l’arabe, le farsi et le pachtou), elle est parfaitement francophone, comme on peut en juger par cette interview accordée depuis le palais présidentiel de Kaboul à France 2.

Ashraf et Rula Ghani ont vécu 30 ans à Washington. Il a enseigné à l’Université de Berkeley, à l’université Johns Hopkins et a travaillé à la Banque mondiale. Elle s’occupait d’associations caritatives, dont l’ONG Ashiana, qui se consacre à la situation des enfants des rues afghans. En 2002, elle accompagne son mari en Afghanistan alors qu’il revient dans son pays pour devenir ministre des Finances.

Le destin de Rula a basculé le 29 septembre 2014 lorsque son mari a été élu président de l’Afghanistan. « Pendant la campagne présidentielle, elle est la cible des adversaires de son mari, qui lui reprochent d’être chrétienne et née à l’étranger ; elle déclare à ce sujet : “Après l’élection, j’ai voulu mettre fin à tous ces fantasmes. La seule solution était de prendre la parole publiquement. Voilà pourquoi j’ai accepté les interviews télévisées sur les chaînes nationales. Les Afghans ont pu constater que je parlais le dari, que j’étais voilée et habillée de manière décente. J’ai pu démontrer que je connaissais l’Afghanistan” » (Wikipedia).

« Les femmes afghanes ont perdu le statut de personnes que l’on respecte »

« Dès son discours d’investiture, (…) le président Ashraf Ghani met en avant le rôle de “Bibi Gul”, le surnom afghan de son épouse. Il la remercie pour son travail et son soutien », relève alors Le Monde. Une reconnaissance très inhabituelle dans un pays où les femmes sont reléguées aux tâches subalternes.

Rula Ghani s’est engagée publiquement à améliorer la situation des Afghanes. « Les femmes afghanes ont perdu le statut de personnes que l’on respecte. Avant ce n’était pas comme ça. J’ouvre une porte qui a longtemps été fermée Mais je ne me leurre pas, je ne pense pas pouvoir changer les choses profondément. Je suis simplement un symbole, un motif d’espoir », confiait-elle en décembre 2014 dans une interview à Paris Match.

On attribue à l’influence de son épouse la nomination par le président afghan d’une femme à la Cour suprême, la magistrate Anissa Rassouli en  juin 2015. Une première ! Il a aussi demandé à « tous les ministres de nommer au moins une femme à un poste de vice-ministre ».

Un modèle pour toutes les Afghanes

Du jour au lendemain, Rula Ghani est devenue un modèle pour les Afghanes. À sa grande surprise, reconnaît-elle devant la caméra de France 2 : « Je ne m’étais pas rendu compte de l’importance du symbole que je représente. J’allais être une personne publique, j’allais parler franchement des problèmes qui existent en Afghanistan, mais d’un autre côté, je ne croyais pas que j’allais avoir un effet aussi grand ».

Son engagement public pour la cause des femmes a été galvanisé par l’indignation qu’elle a ressentie devant une scène affreuse, rapporte le site Infochrétienne : « Alors qu’elle circule dans les rues de Kaboul, elle est témoin du lynchage d’une Afghane, finalement brûlée vive devant ses yeux, en raison d’un présumé blasphème ». Elle pousse son mari à agir. En novembre dernier, le président ordonne une enquête après la lapidation d’une jeune fille accusée d’adultère.

Comme celle du président, la vie de Rula Ghani est menacée : « Les extrémistes musulmans (…) l’accusent de vouloir convertir l’ensemble des femmes afghanes et menacent de brûler le palais présidentiel. Pas de quoi décourager cette femme déterminée qui n’hésite pas à prendre la parole en public, en dari (langue locale), pour défendre la cause des femmes », constate le magazine Geopolis (FranceTvinfo). Pour des raisons de sécurité, sa vie se passe dans le palais présidentiel où elle travaille avec une équipe de collaboratrices, mais elle accorde des interviews télévisées aux chaînes nationales qui ont un grand retentissement.

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