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« La plus grande catastrophe de l’histoire du Brésil »

CHRISTOPHE SIMON / AFP
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Une gigantesque coulée de boue toxique a provoqué des dégâts écologiques inédits. En cause : négligences et corruptions.

À la suite de pluies diluviennes, le barrage d’une mine de fer, au nord de la ville de Mariana a cédé. Plus de 60 millions de mètres cubes de déchets se sont déversés, entraînant la chute d’un deuxième barrage en amont. Le village de Bento Rodrigues a été englouti et déplore 13 morts, 11 disparus et plus de 50 blessés. La coulée de boue a ensuite rejoint le Rio Doce, que les habitants ont rebaptisé le Rio Morto, la « rivière morte ». À cause des poisons qu’elle charrie, notamment des métaux lourds, elle détruit l’écosystème aquatique : le gouvernement brésilien estime qu’il faudra dix ans au Rio Doce pour retrouver son état d’avant la catastrophe…

« Les compagnies minières doivent payer »

L’avocat général de l’État brésilien, Luis Unacio Adams a annoncé le 27 novembre qu’il réclamait 5,2 milliards de dollars devant la justice civile. La procédure vise la compagnie Samarco, propriétaire du barrage, et ses deux actionnaires à parts égales, les géants miniers brésilien Vale et BHP. Luis Unacio Adams précise que le gouvernement n’a pas l’intention de payer de sa poche, attribuant toute la responsabilité de la catastrophe aux compagnies minières. Le 27 novembre, Samarco s’engageait à verser la somme de 262 millions de dollars… Un premier pas.

De son côté, Vale juge le bilan exagéré, et fait même preuve d’optimisme. « La bonne nouvelle c’est que les substances (toxiques) ne se sont pas dissoutes dans l’eau et qu’elles commencent déjà à s’évacuer naturellement au fil des jours », a assuré vendredi 27 novembre en conférence de presse Vania Somaville, directrice des ressources humaines, de la santé et de la sécurité au sein du groupe Vale. Lors de cette conférence de presse, le groupe a assuré qu’il n’était pas responsable du niveau de pollution des boues. Les toxines, plomb, arsenic et chrome étaient déjà présentes dans le Rio Doce, et seraient remontées sous l’effet de la coulée de boue. En poussant cette logique, la catastrophe aurait finalement le mérite de nettoyer le Rio Doce de ses toxines…

Laxisme étatique

Gêné pour l’image de marque du Brésil en pleine COP21, la présidente Dilma Roussef a déclaré au Bourget, le 30 novembre : « L’action irresponsable d’une société a récemment provoqué la plus grande catastrophe écologique de l’Histoire du Brésil ». Mais plusieurs associations écologistes brésiliennes citées par Bastamag ne font pas porter la responsabilité de la catastrophe aux seules entreprises minières. « Tout le monde disait que le système de sécurité était très sûr, Samarco avait gagné plusieurs prix en développement durable », rappelle l’écologiste Gustavo Gazzinelli, membre du Forum national de la société civile dans le Minas Gerais. Le militant rappelle qu’avant la catastrophe, un projet de loi envisageait de reconnaître les entreprises d’extractions minières comme « d’utilité publique ».

450 barrages-dépotoirs

Pourtant, cette catastrophe était loin d’être la première du genre rappelle la présidente de l’Institut brésilien de l’environnement (Ibama), Marilene Ramos. En dix ans, cinq incidents de la sorte se sont produits, bien que de moindre ampleur. Il existe 450 barrages du même type que les deux qui ont rompu dans l’État du Minas Gerais. Ils sont construits à proximité des zones d’extraction des minerais et servent de grands réservoirs à produits indésirables : roches, boues, produits chimiques.

Financeurs des grands partis

Vale a fait une donation de 18,5 millions de dollars aux principaux partis politiques. Le Parti des travailleurs (de gauche) de la présidente Dilma Rousseff, a perçu les deux tiers de cette manne ! Le site Territoires et avenir dénonce un conflit d’intérêts qui « frise la caricature « . Treize des 19 députés fédéraux membres de la commission chargée d’ « accompagner les conséquences du désastre environnemental » ont reçu des fonds de Vale. C’est aussi le cas de cinq des neuf membres du groupe créé au sein de l’Assemblée du Minas Gerais. La presse brésilienne est elle aussi gênée : Vale fait partie des principaux actionnaires et annonceurs du pays.

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