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Pape François/COP21 : « C’est maintenant ou jamais, nous sommes au bord du suicide ! »

Le pape François lors de la conférence de presse dans l'avion qui le ramenait d'Afrique le 30 novembre 2015 GIUSEPPE CACACE / AFP AI
Pope Francis gives a press conference during his flight from Bangui to Rome on November 30, 2015. Pope Francis arrived as "a pilgrim of peace" in conflict-ridden Central African Republic on November 29, flying in from Uganda on what will be the most dangerous destination of his three-nation Africa tour. AFP PHOTO / GIUSEPPE CACACE / AFP / GIUSEPPE CACACE
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Le Souverain Pontife s'est confié aux journalistes à bord de l’avion qui le ramenait de son premier voyage en Afrique. Parmi les sujets sensibles : climat, fondamentalisme religieux, corruption…

Réchauffement climatique, pauvreté, fondamentalisme religieux, corruption, Vatileaks… Le pape François a, comme à son habitude, répondu à chaque question de l’actualité posée par les journalistes à bord de l’avion qui le conduisait de Bangui à Rome, après six jours de visites intenses au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique.

Son exclamation : « C’est maintenant ou jamais… nous sommes au bord du suicide ! », lancée au moment où se tient à Paris la plus grande conférence sur le climat jamais organisée, a sonné comme un avertissement pour les 10 000 délégués de 150 nations qui doivent trouver un accord historique contre le réchauffement de la planète d’ici le 11 décembre, à Paris. Les attentes du Pape sont si grandes, qu’à la veille de l’ouverture des travaux, il a voulu que ses propres chaussures figurent au milieu des milliers d’autres déposées sur la place de la République, pour remplacer la marche pour le climat annulée pour des raison de sécurité après les attentats du 13 novembre. C’est le cardinal Claudio Hummes, un ami brésilien de François, qui avait apporté les chaussures du Pape.

Depuis la conférence de Kyoto en 1997, « peu a été accompli » et « chaque année, les problèmes sont plus graves », a déclaré le Pape à bord de l’avion. Le Souverain Pontife ne perd néanmoins pas confiance : « La quasi-totalité de ceux qui sont à Paris veulent faire quelque chose. J’ai confiance qu’ils le feront, ils ont de la bonne volonté et je prie pour cela », a-t-il ajouté.

Concernant l’affaire Vatileaks, les journalistes ont été frappés par le mea culpa du Pape concernant la nomination du prélat espagnol Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, et de la laïque italienne Francesca Chaouqui à la commission chargée, au début de son pontificat, de préparer le programme de réforme économique et financière de la Curie (la COSEA). Leur nomination « fut une erreur », reconnaît le Pape. La commission a été dissoute dès sa mission accomplie, mais si certains membres ont été embauchés ailleurs au Vatican, ce n’est pas le cas de la jeune femme qui aurait manifesté « un grand mécontentement », lui a-t-on dit.

Interpellé sur le procès en cours pour fuites de documents – cinq personnes, dont deux journalistes –, le Pape a rejeté toute idée d’atteinte à la liberté de la presse. « La dénonciation des injustices et de la corruption est un beau travail. La presse professionnelle doit pouvoir tout dire, mais sans tomber dans les trois péchés les plus communs : la désinformation – c’est-à-dire dire seulement la moitié de la vérité et pas l’autre moitié –, la calomnie – quand la presse non professionnelle salit des personnes –, et la diffamation – qui revient à dire des choses sur quelqu’un qui abiment sa réputation. Ces trois défauts nuisent aux qualités professionnelles de la presse. Un vrai journaliste, s’il se trompe, doit savoir s’excuser. »

Sur la corruption proprement dite au Vatican, le Pape a garanti que « l’œuvre de nettoyage » se poursuivrait avec les cardinaux et les commissions, reconnaissant au passage à Benoît XVI les mérites d’avoir été le premier à parler de « saletés dans l’Église », en 2005, lorsqu’il était encore cardinal, juste avant la mort de Jean Paul II. « Grâce à Dieu, Lucrèce Borgia n’existe plus, mais il nous faut continuer… », a insisté le Pape.

Le fondamentalisme dans toutes les religions

Le fondamentalisme religieux menace la terre entière, comme l’ont montré les attentats du 13 novembre à Paris. À ce sujet, le pape François ne pense pas que « le danger » nécessite une plus grande intervention des leaders religieux dans le débat politique. « Si intervenir dans la politique veut dire faire de la politique, alors non. Nous faisons les prêtres, les pasteurs, l’imam, le rabbin. Mais on fait de la politique indirectement en prêchant des valeurs, les vraies valeurs, et une des valeurs les plus grandes est la fraternité entre nous », a expliqué le Pape.

Et d’ajouter : « Nous sommes tous des enfants de Dieu, avons le même Père. Je n’aime pas le mot « tolérance », nous devons vivre ensemble, être amis. Pour le Souverain Pontife, le fondamentalisme est une maladie qui existe dans toutes les religions, voire aussi chez les catholiques où « certains croient détenir la vérité absolue et agissent en salissant les autres par la calomnie, la diffamation », dénonce-t-il. « Il n’y a rien de religieux là-dedans, Dieu n’est pas là, c’est de l’idolâtrie. » Les leaders religieux ont le devoir de combattre cette tendance…

Afrique, pauvreté et sida

Enfin, interrogé sur son voyage en Afrique, le Pape est reparti le cœur bouleversé par la pauvreté constatée au cours de ses étapes. De savoir que 80% de la richesse du monde est dans les mains de 17% seulement de la population, et de l’avoir touché du doigt en rencontrant par exemple les familles pauvres de Kagemi, au Kenya, le révolte encore plus : « Si l’humanité ne change pas, la misère, les guerres, les enfants qui meurent de faim, l’injustice, continueront… et ce n’est pas être communiste que dire ça, c’est la vérité. Et la vérité n’est pas facile à voir ». Le Souverain Pontife garde un souvenir très ému de « cette foule, capable de manifester sa joie, sa capacité de faire la fête, même avec le ventre vide ».

Sur le sida qui continue de frapper durement le continent, et les moyens de prévention, le Pape a admis « la perplexité de l’Église » sur la délicate question du préservatif, mais invité aussitôt après à « ne pas penser en termes de licite ou non », déclarant refuser de « descendre dans des réflexions casuistiques quand les gens meurent de faim ou manquent d’eau ».

Prochain voyage ?

Enfin, le Pape a évoqué son prochain voyage au Mexique où il compte visiter trois ou quatre villes jamais visitées par un pape. Le 1er novembre dernier, l’archevêque de Mexico, le cardinal Norberto Rivera, a parlé du mois de février 2016, mais le Pape n’a pas confirmé. Ce voyage sera pour le pape François le quatrième en Amérique latine, après ceux accomplis au Brésil (2013), en Équateur Bolivie et Paraguay (2015), et à Cuba (2015).

Le pape François pourrait aussi se rendre aussi en Arménie pour les 101 ans du génocide. « L’année dernière j’ai promis aux trois patriarches d’y aller. La promesse existe… », s’est-il limité à dire aux journalistes.

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