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L’Arabie saoudite entre le sabre et le djihad

© Amigonazar - CC
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flag_of_Saudi_Arabia_black_and_white.png
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Séquence difficile pour le royaume saoudien accusé de complaisances envers l’État islamique et pointé du doigt par Amnesty International pour l’emballement des exécutions capitales.

Grande nouveauté en Arabie saoudite : les élections municipales du 12 décembre sont les premières auxquelles les femmes pourront participer comme électrices et candidates. La campagne électorale s’est ouverte ce dimanche 29 novembre. Ce ne sera pas un raz-de-marée féminin : 130 600 Saoudiennes se sont inscrites sur les listes électorales, soit environ dix fois moins que les hommes, et 900 héroïnes, sur 7 000 candidats, ont eu l’audace de se présenter pour briguer un siège dans les 284 conseils municipaux.

Les Saoudiennes ne se précipiteront pas aux urnes

Il faut dire que la simple démarche de se rendre dans un bureau de vote n’est pas une mince affaire dans le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire alors que les transports en commun sont quasi inexistants. Un homme de la famille devra leur servir de chauffeur. Candidates ou simples électrices, il faudra bien sûr qu’elles restent couvertes de la tête aux pieds. « Pas question non plus d’orner affiches et prospectus de la moindre photographie, avec ou sans niqab. Elles iront convaincre les électrices au cours de meetings encadrés… et devront déléguer un mâle porte-parole pour s’adresser aux électeurs. » C’est « niqab et pantalonnade » raille Gilles Debernardi dans son billet du Dauphiné.  Tout cela pour des responsabilités somme toute assez minces : les prérogatives des conseils municipaux « se limitent aux travaux d’entretien de la voirie et des parcs ainsi qu’à la collecte des ordures » (Le Parisien). On comprend que les Saoudiennes ne débordent pas d’enthousiasme.

La créature a échappé à son créateur

Le nouveau roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (il a succédé à son demi-frère Abdallah le 23 janvier 2015) aimerait améliorer l’image de son pays, particulièrement écornée en Occident par les attentats répétés de  l’État islamique. Certes, le Royaume est de longue date un allié de l’Occident (notamment des États-Unis et de la France qui se précipitent pour lui vendre du matériel militaire) ; il a rejoint la coalition anti-Daesh, car la monarchie a tout à redouter de l’expansion de l’État islamique. Mais c’est bien en son sein qu’est né Ben Laden, le héros et « martyr » d’Al-Qaïda dont Daesh est aujourd’hui le continuateur, le disciple ayant dépassé le maître (comme l’a bien montré l’émission  « De Ben Laden à Daesh : aux origines du Djihad » France 2, « Un jour dans l’histoire », (29/11/2015, à voir ou revoir en replay). L’islam rigoriste pratiqué à La Mecque a enfanté et nourri ce terrorisme international qui se retourne aujourd’hui contre sa mère patrie. La créature a échappé à son créateur.

« La hantise de Riyad, c’est l’embrasement intérieur »

En outre, face à l’Iran, le Royaume est en première ligne dans la guerre entre sunnites et chiites. « La hantise de Riyad, c’est l’embrasement intérieur, qu’il soit le fait des djihadistes affiliés à l’État islamique, ou du fait des chiites saoudiens qui vivent à l’Est du pays et qui pourraient faire leur jonction avec leurs coreligionnaires yéménites », constate Marc Fromager, dans le numéro de décembre du magazine d’AED-France, « L’Église dans le monde ».

La réponse, c’est un renforcement de la répression. « Depuis le début de l’année, le pays allié de la France a augmenté de façon vertigineuse le nombre d’exécutions », constate I-Télé : 151 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, un record depuis 20 ans. « Dans un communiqué publié jeudi (26/11), Amnesty International s’inquiète de l’imminence de l’exécution de plus de 50 prisonniers, dont Mohammed al-Nimr, un jeune chiite de 21 ans. » Or ce jeune homme n’avait que 17 ans lors de son arrestation : c’était un lycéen qui participait à des manifestations du Printemps arabe à Qatif, dans l’Est du royaume. Torturé en prison et condamné au terme d’un « procès inique » selon Amnesty International, il est l’un des six militants chiites (dont trois mineurs au moment des faits qui leur sont reprochés) condamnés à mort.

Condamné à mort pour « apostasie »

Confronté à un « buzz » mondial, le roi osera-t-il arrêter le bras du bourreau en exerçant son droit de grâce face à des religieux plus que jamais intransigeants ? La question se pose pour ces chiites, mais aussi pour beaucoup d’autres, tel Ashraf Fayad, un poète palestinien réfugié en Arabie saoudite, condamné à mort pour « apostasie », c’est-à-dire pour son renoncement à l’islam, selon l’organisation Human Rights Watch (BFMTV).

Le blogueur Raef Badaoui est plus heureux : il n’a été  condamné qu’à dix ans de prison et 1 000 coups de fouet dont 50 lui ont déjà été infligés avant que la punition ne soit suspendue : il a obtenu le 29 octobre le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen, qui a appelé à sa libération « immédiate ». Aux dernières nouvelles, une « procédure de grâce » est en cours auprès du roi d’Arabie saoudite (Le Point).

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