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Une nouvelle église pour les chrétiens réfugiés d’Irak

La nouvelle église de l’Annonciation, dans le camp de réfugiés d’Ashti (Irak), inaugurée le jeudi 5 novembre 2015 © Fraternité en Irak
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C’était la fête dans le camp de réfugiés d’Ashti jeudi dernier : l’inauguration de l’église de l’Annonciation s'est faite en présence de cinq évêques.

« Cette nouvelle église est une grande joie car elle montre que nous avons conservé notre plus grand trésor, notre foi », explique le père Emmanuel, le curé de cette église bâtie en quatre mois. Dans la structure quasi militaire du camp d’AShti, où 7 000 chrétiens se pressent dans des préfabriqués en rang d’oignons, elle vient humaniser cet espace synonyme d’exil, de déchirement pour ses habitants. Venus de Mossoul et de Qaraqosh, qu’ils ont fuis devant l’État islamique. Ils vivent là depuis plus d’un an.

Plus de 1 000 fidèles, 28 prêtres et 5 évêques

Rodolphe Bègue, volontaire pour l’association Fraternité en Irak, qui a réuni les fonds nécessaires à la construction, est impressionné par leur ferveur : « Ils n’ont pas voulu attendre dimanche pour inaugurer leur église ! ». Le bâtiment de 700 places a dépassé ses capacités : une partie des fidèles a assisté à la messe dehors. Mgr Petros Mouche, archevêque de Mossoul et Qaraqosh, exilé à Erbil depuis l’offensive de Daesh, officiait avec à ses côtés quatre autres évêques et 28 prêtres : syriaques catholiques, comme Mgr Petros Mouche, et chaldéens. La longueur même de la célébration, près de trois heures, manifestait un enthousiasme liturgique tout oriental.

90 000 euros en moins de trois mois

Dans son homélie, Mgr Petros Mouche a remercié Fraternité en Irak qui est parvenu à réunir 90 000 euros en trois mois. Confiants, les Irakiens avait débuté le chantier avant même d’avoir les fonds nécessaires, mais la générosité des donateurs ne les a pas déçus. Une jeune femme originaire de Mossoul, Mariam, confie à Fraternité en Irak. « Aujourd’hui, j’ai retrouvé la même sensation qu’à Mossoul, c’est comme si j’étais à nouveau chez moi ! » Sabath, la soixantaine, assure : « Aujourd’hui, nous avons tous oublié que nous étions des réfugiés ».

« Vous avez tout perdu pour ne pas perdre votre foi »

Dans son homélie, Mgr Petros Mouche a salué le courage de ses paroissiens : « Le Mal, incarné par Daesh, a voulu ébranler votre foi, démolir votre morale, détruire votre relation à Dieu et à votre Église, mais vous avez préféré tout perdre, maisons, propriétés, postes, plutôt que votre foi. Et vous voilà maintenant dans une nouvelle église ».

L’église du village

Les réfugiés d’Ashti reconstituent un tissu social malgré des conditions difficiles et en premier lieu le chômage : le travail est rare au Kurdistan. L’une des premières initiatives de Fraternité en Irak et du clergé a consisté à aider à la mise en place d’une boulangerie dans le camp de réfugié. Celle-ci fonctionne si bien – 9 000 pains sont cuits chaque jour – que les boulangers ont fait des bénéfices qu’ils se sont empressés de proposer à Mgr Petros Mouche. Celui-ci a immédiatement trouvé un emploi pour ces recettes : elles financent le bus de ramassage scolaire qui permet aux petits Irakiens de se rendre à l’école. Rodolphe Bègue confie que Fraternité en Irak prépare l’ouverture d’une usine de crème de sésame, qui permettra de donner du travail à une dizaine de réfugiés… et de produire 200 kg par jour de ce condiment indispensable pour faire le houmous !

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