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Les homosexuels ont-ils le droit de devenir prêtres ?

© Courtesy of Artykuł osiemnasty

La rédaction d'Aleteia - Publié le 21/10/15

La réponse est sans appel : non. D'ailleurs les hétérosexuels non plus car la prêtrise n'est pas un droit.

Épisodiquement, les médias montent en épingle le coming out d’un prêtre homosexuel brandissant la bannière des « droits gays », avec le « droit au sacerdoce » en tête.

Tout d’abord, le sacerdoce catholique n’est un « droit » pour personne : ni pour les personnes homosexuelles, ni pour les personnes hétérosexuelles. Le sacerdoce catholique est une vocation, un appel personnel et non transférable : le Christ appelle qui Il veut. Une vocation ne s’impose ni à Dieu ni à l’Église.

C’est le Christ Lui-même qui a confié au premier Pape, saint Pierre, la mission de veiller sur son troupeau sur la Terre, affirmant que « ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les Cieux ». Dès les origines, les premiers chrétiens formèrent autour de Pierre une assemblée (en grec, ekklesía, terme qui passa au latin : ecclesia, « église » en français), un troupeau dont la garde incombait aux apôtres, avec Pierre à leur tête, présidant l’assemblée de tous les chrétiens.

Dans cette mission confiée par le Christ à Pierre et transmise à ses successeurs, une série de mesures pratiques ont été adoptées par l’Église, sur la base d’une réflexion consciencieuse du message du Christ contenu dans les Évangiles. Parmi ces mesures, il y a notamment celle de confirmer l’appel au sacerdoce moyennant des exigences concrètes : que le futur prêtre soit un homme, baptisé et hétérosexuel (« qui ne présente pas de tendances homosexuelles profondément enracinées »).

Il ne s’agit pas ici de diviser le monde des humains entre les hétéros et les homos (c’est la logique du gender qui se glisse dans ce genre de division). La question n’est pas tant l’attirance naturelle du prêtre pour les femmes ou les hommes, mais plutôt la maîtrise de sa libido. La vie en Christ exige de vivre la chasteté selon son état de vie : fidélité dans le mariage, célibat dans le sacerdoce, etc.

« Pourquoi faire des histoires si le candidat est capable de vivre une continence paisible et sereine ? Chez certains, l’orientation homosexuelle sera très peu prononcée, pour d’autres elle sera plus enracinée. Et cela peut jouer sur les relations. L’orientation homosexuelle ne joue pas que sur la génitalité. Elle peut être un handicap pour les relations pastorales du prêtre« , précisait le père Charles Bonnet, sulpicien, à nos confrères de Croire.com.

Homme parce que le Christ Lui-même s’est fait homme, dans le sens anthropologique de « devenir un homme », et parce que, dans le choix de ses ministres, le Christ a ordonné seulement des hommes. Baptisé parce que le prêtre doit être un membre vivant de l’Église. Et hétérosexuel parce que le prêtre est appelé à être « père », sublimant la paternité biologique et la transformant en une paternité spirituelle, celle-ci incluant la renonciation libre et consciente à la paternité biologique à travers l’option du célibat, à l’exemple du Christ, premier prêtre Lui-même.

L’Église distingue les « actes homosexuels » des « tendances homosexuelles ».

Cette question particulière de la relation entre sacerdoce et homosexualité est abordée clairement par la Congrégation pour l’éducation catholique dans le document « Instruction de la Congrégation pour l’éducation catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux Ordres sacrés » (4 novembre 2005). Le document distingue entre les « actes homosexuels » et les « tendances homosexuelles ». Les actes impliquent la pratique active de l’homosexualité, les tendances impliquent l’impulsion homosexuelle.

Et aussitôt, le document opère une distinction entre les « tendances homosexuelles »: celles qui sont « profondément enracinées » et celles qui seraient seulement « l’expression d’un problème transitoire ». Et déclare : « l’Église, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu’on appelle la ‘culture gay’ ».

Quant aux prêtres déjà ordonnés qui se révèlent homosexuels, le pape Benoît XVI clarifie la question dans le livre-entretien Lumière du Monde, paru en 2010 :

« L’homosexualité n’est pas conciliable avec la vocation de prêtre. Car dans ce cas, on courrait un grand risque si le célibat devenait en quelque sorte un prétexte pour faire entrer dans la prêtrise des gens qui ne peuvent de toute façon pas se marier ; parce qu’au bout du compte leur situation à l’égard de l’homme et de la femme est d’une certaine manière transformée, perturbée, et qu’en tout cas elle ne se situe pas dans ce courant de la création dont nous avons parlé. Il y a quelques années, la Congrégation pour l’éducation catholique a publié un décret affirmant que les candidats homosexuels ne peuvent pas devenir prêtres parce que leur orientation sexuelle les éloigne du véritable rôle de père, du cœur même de la prêtrise. La sélection des candidats à la prêtrise doit donc être très attentive. Il faut y apporter la plus grande attention pour éviter que s’instaure une confusion de ce type et qu’au bout du compte le célibat des prêtres soit pour ainsi dire assimilé à la tendance à l’homosexualité (…) ».

Et Benoît XVI de conclure :

« L’existence de prêtres ayant des tendances homosexuelles fait partie des difficultés de l’Église et les personnes concernées doivent au moins essayer de ne pas céder à cette tendance activement afin de rester fidèles à la mission inhérente à leur ministère ».

Il n’existe pas de droit à recevoir l’ordination sacrée. Être prêtre n’est donc un « droit » pour personne ; et mettre en pratique une éventuelle tendance homosexuelle n’est le droit d’aucun prêtre ; ni d’ailleurs la tendance hétérosexuelle, puisque tous les prêtres catholiques sont appelés, par vocation, au célibat.

De quoi consolider les catholiques dans leur foi et étayer leur conviction, quand les médias décident de faire campagne pour réinventer ce que le Christ a établi, en profitant des faiblesses de prêtres qui n’ont pas été cohérents avec la vocation qu’ils se sont engagés librement à embrasser : nul ne peut prétendre qu’il n’était pas informé des renonciations et des sacrifices que le sacerdoce exige !

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