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« L’Adoration des bergers » de Fragonard : le mystère de l’Incarnation figuré avec brio

L'adoration des bergers de Fragonard (1775)
L'adoration des bergers de Fragonard (1775)
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Retour sur un surprenant chef-d’œuvre du maître des peintures de boudoir.

L’exposition actuellement présentée au Musée du Luxembourg est consacrée à l’exploration de la thématique amoureuse chez Fragonard. Elle montre avec subtilité comment le peintre s’est amusé à décliner toutes les nuances du sentiment amoureux, de l’amour galant au libertinage, jusqu’à l’épanouissement d’un nouvel idéal d’amour durable et sincère, annonçant le Romantisme.

À la vue d’un tel programme, on pourrait penser que L’Adoration des bergers fait tâche. La toile, au sujet assurément religieux, ne semble pas avoir sa place dans cette exposition. Pourtant, elle est bien mise en valeur, à gauche de son très fameux pendant, Le Verrou.

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Le Verrou de Fragonard (1777)

Un pendant du Verrou ?

Le rapprochement entre les deux toiles a été suggéré par le marquis de Véri, pour lequel les deux sujets ont été exécutés. L’exposition du Luxembourg ne manque pas de signaler combien cette comparaison a surpris voire choqué les contemporains qui ont pu y voir une association douteuse.

Pour autant, les deux œuvres présentent des similitudes évidentes quant au traitement de la lumière et à la palette employée, ainsi qu’à la force du mouvement des drapés. Certains ont d’ailleurs avancé que Fragonard avait sans doute voulu donner sa propre version de l’amour sacré et de l’amour profane, thématique chère à l’histoire de la peinture.

Il faut cependant reconsidérer la toile en elle-même, pour embrasser toute sa beauté et son éclat. D’abord parce que Fragonard a peint cette toile vers 1775, avant Le Verrou, exécuté en 1777. On peut donc penser que le peintre n’avait pas nécessairement en tête l’analogie déplacée.

Une exaltation des sens au service du sacré

Tout le génie de Fragonard réside dans le fait qu’il traite cette scène traditionnelle avec la même sensualité que ses peintures de boudoir. Par la présence de nuages oniriques, il crée un lieu presqu’irréel, où les sens peuvent pleinement jouir de la grâce de la scène. Seul le bœuf dans l’ombre, en haut à gauche, semble rappeler timidement le cadre de l’étable.

La composition du tableau est ordonnée autour de l’Enfant magnifié par la lumière qui se concentre sur lui. Celle-ci fait ressortir son teint rosé de poupon, qui rappelle les visages des jeunes filles en fleur du peintre. L’aspect éthéré du fond de la toile, dans lequel on voit apparaître Dieu le père veillant sur son fils, et le piédestal sur lequel se trouvent la Vierge et l’Enfant, théâtralisent la scène.

Fragonard, un peintre religieux ?

L’Adoration des bergers est bien la preuve de la culture visuelle de Fragonard. Le peintre met en œuvre des effets de lumière rembranesques qui lui permettent de faire ressortir les chairs avec réalisme et sensibilité. La présence de petits putti n’est pas non plus sans rappeler la peinture italienne.

Fragonard a mis cette virtuosité au service de tous les genres, dont la peinture religieuse. L’Adoration des bergers n’est en effet pas le seul sujet religieux qu’il a traité. L’exaltation des sens qu’il sait si bien provoquer chez le spectateur lui permet de lui faire ressentir d’autant mieux le mystère de l’Incarnation : un Dieu fait de chair d’homme, et partageant notre sensibilité.

Fragonard amoureux ; Galant et libertin, au Musée du Luxembourg. Jusqu’au 24 janvier 2016. 12 euros ; tarif réduit : 7,50 euros.

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