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Territoires palestiniens : « Si la situation perdure, nous risquons une troisième Intifada »

Public Domain
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​Le père Johnny Abu Khalil, curé de Naplouse, l’affirme : la création d’un État palestinien aux côtés d’un État israélien est la seule solution possible à la paix en Terre Sainte.

Après la mort brutale d’un enfant palestinien dans l’incendie de sa maison provoqué par des colons israéliens (Aleteia), la situation semble empirer en Cisjordanie. Les habitants de la région de Naplouse, d’où était originaire la famille palestinienne touchée, vivent dans la terreur et dénoncent l’impuissance, volontaire ou subie, des autorités israéliennes.

"Les colons votent pour Netanyahu"

"Le gouvernement ne peut rien faire face aux colons, affirme au micro de Radio Vatican le père Johnny Abu Khalil, curé de Naplouse. Même s’il affirme qu’il va retrouver les coupables et les juger, à la fin il n’en fera rien. Nous avons vu ce qu’il a fait avec les colons qui ont brûlé l’église de Tabgha. Les autorités ont trouvé un CD expliquant la manière de brûler les maisons en cassant les fenêtres et en y jetant des cocktails Molotov. Ils ont trouvé tout cela ! Même eux disent que ce groupe terroriste ne compte que 200 personnes. Ils pourraient les mettre en prison en deux heures s’ils le voulaient. Mais l’autorité israélienne ne peut rien faire parce que les colons votent pour Netanyahu."

"Moi-même, confie le prêtre, j’ai peur de retourner chaque jour de Naplouse à Jérusalem parce que les colons sont partout. Ils jettent des pierres, sans faire la différence entre les voitures de prêtres ou d’évêques. Ils visent toutes les voitures ! Nous ne pourrons bientôt même plus remplir notre mission pastorale si la situation dans les rues perdure, à cause de ces colons et de ces terroristes israéliens. C’est un réel problème." 

Construire un État juif par la terreur est impossible

"Ils [les colons israéliens] pensent que terroriser, tuer et brûler est la seule manière de construire un État juif. C’est impossible ! La ville de Naplouse tout entière est désormais plongée dans le malheur et la tristesse", ajoute le curé palestinien. Ne faisant aucune différence entre musulmans et chrétiens, le religieux dénonce la situation subie par les Palestiniens de manière générale. "Nous allons célébrer aujourd’hui une messe spéciale pour la paix et surtout pour cet enfant qui a été brûlé hier, confie-t-il, car même s’il était musulman, il était avant tout un être humain. Et un être humain ne mérite pas de mourir de cette façon."

"Je crois que toute l’Église vivante de Terre Sainte doit prier pour que cette haine et cette terreur s’arrêtent. Parce que la terreur ne peut amener que plus de terreur et en aucun cas la paix. C’est le moment pour le monde entier de dire : ‘Ce qui se passe en Terre Sainte doit s’arrêter !’." La violence terroriste n’est ni rare ni isolée, rappelle avec force le religieux : "Ces actes, nous pouvons les voir chaque jour, chaque semaine et chaque mois !", confiant sa douleur suite à cet assassinat barbare : "Il faut vraiment arrêter ces actes qui nous touchent. Ils ont brûlé un enfant, et, en tant que prêtre, je veux dire qu’en brûlant un innocent c’est comme s’ils avaient brûlé mon propre cœur."

Appel urgent à une réaction internationale unanime

Lors de manifestations en réaction à la disparition de ce bébé de 18 mois, un jeune Palestinien de 17 ans a trouvé la mort à un checkpoint. "Ce n’est pas une façon d’obtenir la sécurité si on tue, si on brûle, si on fait ce que les Israéliens sont en train de faire, martèle le père Johnny Abu Khalil. Nous avons besoin d’un jugement international. Le monde doit bouger sinon nous n’arriverons jamais à trouver une solution qui contente les deux peuples, israélien et palestinien." Le curé cisjordanien prévient : "Si la situation perdure, nous risquons une troisième Intifada qui sera pire que les deux premières". Et les signaux envoyés par les deux camps ne sont pas pour le rassurer : "Nous sommes inquiets et je ne crois pas que les choses vont s’arranger, regrette-t-il, même si j’espère que l’on n’arrivera pas à cette extrémité".

Du cœur de sa Cisjordanie en proie à la violence, le religieux lance un appel à une prise de conscience internationale : "Je dis aux peuples européens et au monde entier : arrêtez de frapper sur votre cœur en disant ‘mea culpa’ ! Regardez les choses avec des yeux plus humains et plus clairs afin que les liens avec le peuple palestinien se renouvellent. Il faut vraiment une réaction plus objective pour que la situation en Terre Sainte ne soit pas pire qu’avant. Si vraiment le monde veut la paix et la sécurité pour Israël et pour la Palestine, (…) il doit avoir une parole vraie et honnête et reconnaître que cela suffit et qu’il faut avoir un État palestinien à côté d’un État israélien."

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