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L’Union européenne au pied du « non » grec

© AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI

Philippe Oswald - Publié le 06/07/15

Changement de ton dans les médias au lendemain du référendum grec : ce n’est plus tant Athènes qui est au pied du mur mais l’Union européenne, François Hollande et la chancelière Angela Merkel.

"Graecia capta ferum victorem cepit" (La Grèce conquise conquit son farouche vainqueur). Le célèbre raccourci d’Horace va-t-il s’appliquer à la Grèce du OXI (non) face à l’UE et au FMI ? Ceux-ci avaient "mis la pression" sur le peuple grec, remarquait à la veille du vote  Patrice de Plunkett sur son blog : "La tonalité dominante (…) est donnée par la phrase de Martin Schultz au Parlement européen (qu’il préside) : il annonce que les Grecs impressionnés par la campagne du FMI vont voter oui, que Tsipras va démissionner, et que la Grèce aura ‘un gouvernement de technocrates’ (sic) qui lui appliquera la ‘proposition des créanciers’ – bien qu’elle soit invivable pour le peuple grec".

Les plus de 61% de "non" au référendum de ce dimanche (avec un taux de participation exceptionnel de plus de 62%) lui ont répondu par un démenti cuisant. "Le président de l’Eurogroupe, le président du Parlement européen et l’Allemagne n’ont pas caché leur colère et leur déception", rapporte Valeurs Actuelles. C’est pour les apaiser et permettre une reprise des négociations que le ministre des Finances Yanis Varoufakis a présenté sa démission dès le lendemain de cette victoire de son camp : "Je considère comme mon devoir d’aider Alexis Tsipras à utiliser le capital politique que nous ont donné les Grecs par le référendum d’hier. (…) Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté", a-t-il ajouté sur son blog.

Des heures cruciales

Les prochaines 48 heures seront chaudes dans toute l’Europe, et pas seulement en raison de la canicule ! Tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker tiendra une conférence téléphonique avec Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, Donald Tusk, président du Conseil européen et Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne (BCE), la chancelière allemande Angela Merkel et François Hollande se retrouveront ce soir à l’Elysée pour un dîner de travail afin "d’évaluer les conséquences du référendum".

Vont-ils s’accorder sur cette évaluation ? Le vote grec a mis "l’Europe au pied du non", constate La Voix du Nord. "François Hollande et Angela Merkel sont obligés de s’entendre sur la réponse à donner. Sortie ou non de l’euro ? (…) François Hollande et Angela Merkel, (…) ont-ils un autre choix que de trouver une nouvelle fois un compromis sur le sujet ? Un conflit ouvert entre les deux principales puissances de l’euro sur la réponse au référendum grec aurait des conséquences sur les marchés autrement plus graves que le non grec. Les deux mariés du couple franco-allemand ont pourtant des préoccupations de politique intérieure aux antipodes. François Hollande ne peut pas lâcher la Grèce au risque de se couper un peu plus de son électorat de gauche qui attend de lui qu’il soit beaucoup plus "Syriza" que FMI. Angela Merkel doit, quant à elle, composer avec ses ‘faucons’ de l’euro qui veulent depuis longtemps fermer le ‘Club Med’ grec."

Des promesses intenables

Le fait est que chancelière est au pied du mur, souligne La Tribune. "On a beaucoup glosé sur les ‘promesses intenables’ d’Alexis Tsipras. Mais on a oublié une autre promesse intenable : celle d’Angela Merkel faite à ses électeurs de récupérer les sommes versées à partir de 2010 à la Grèce dans le cadre d’une cavalerie financière intenable. La démagogie n’est pas toujours là où on l’attend et Angela Merkel arrive ce soir au bout de ses promesses intenables. Elle doit donc accepter de discuter – Athènes ne demande pas davantage – de l’avenir de la dette grecque."

Tags:
greceUnion européenne
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