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Moines de Tibhirine : le soupçon d’une manipulation est renforcé

Philippe Oswald - publié le 02/07/15

Près de 20 ans après la mort des sept moines, la thèse officielle des autorités algériennes de leur assassinat par un groupe islamiste est fragilisée par l’expertise judiciaire communiquée à leurs familles.

En octobre dernier, le refus des autorités algériennes de permettre aux enquêteurs français de rapporter des prélèvements qu’ils avaient effectués lors de l’exhumation des têtes des moines de Tibhirine (Tibhérine) – leurs corps n’ont pas été retrouvés – équivalait déjà à un quasi aveu : Alger ne veut pas de la vérité (Aleteia).

L’expertise judiciaire effectuée en France et communiquée ce jeudi 2 juillet aux familles ne peut que renforcer les soupçons des enquêteurs et des familles. Les moines enlevés dans leur monastère dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile, n’ont peut-être pas été assassinés par leurs ravisseurs présumés, le Groupe islamique armé (GIA), mais leur mort aurait été causée soit par une bavure de l’armée algérienne lors d’une attaque du groupe qui les détenait, soit plus vraisemblablement par les services secrets algériens pour discréditer le GIA.

Plusieurs éléments de l’expertise judiciaire dont l’AFP a eu connaissance (Le Point, Le Progrès) ébranlent en effet la thèse officielle :

1. Un problème de dates : le communiqué signé du GIA pour revendiquer les assassinats a été rendu public le 23 mai et est daté du 21 ; ce communiqué affirmait aussi l’envoi, le 30 avril 1996, d’"un messager à l’ambassade de France" pour "confirmer que les moines sont toujours vivants" ainsi qu’"une lettre qui précise la façon de négocier". Or ces dates ne concordent pas avec les dates de l’expertise dont les résultats ont été présentés jeudi aux familles par le juge antiterroriste Marc Trévidic. Selon cette expertise, le décès se situerait entre le 25 et le 27 avril 1996, soit plus d’un mois avant le communiqué.

2. L’examen des crânes des victimes plaide "en faveur d’une décapitation post mortem". Les têtes retrouvées au bord d’une route le 30 mai 1996, ont sans doute été exhumées pour être de nouveau enterrées : "Les éléments botaniques et la présence de terre différente de celle du cimetière de Tibhérine observés dans et sur les crânes sont en faveur d’une première inhumation", estiment les experts.

3. L’absence des corps empêche d’affirmer les causes de leurs morts. Les experts n’ont pas décelé "de lésions pouvant correspondre à des coups portés directement par objet contondant" mais ils ont reconnu "des lésions évocatrices d’égorgement chez trois d’entre eux, égorgement suffisant pour être à l’origine directe de la mort".

4. L’absence de blessures par balles fragilise la thèse d’une bavure de l’armée algérienne qui aurait tiré depuis un hélicoptère sur un bivouac des djihadistes et de leurs otages, mais non celle de la manipulation par les services secrets algériens.

5. Enfin, les experts réaffirment que pour en avoir le cœur net, "la transmission et l’exploitation des prélèvements réalisés lors de l’exhumation sont hautement souhaitables". Ces prélèvements sur les crânes et les vertèbres, "devaient notamment permettre de dater la mort des moines au jour près", souligne l’un des avocats (La Croix). Mais c’est sans doute ce dont les autorités algériennes ne veulent à aucun prix…

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AlgérieMoines de Tibhirine
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