Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !
Aleteia

Helly Luv, la Peshmerga aux talons d’or chante contre les djihadistes

Partager

Avec son dernier titre, « Revolution », la chanteuse pop symbolise le courage de la résistance kurde, face au prétendu État islamique.

En août 2014, les combattants kurdes d’Irak – ou Peshmergas –, ont repris les armes. Depuis 1991, après des décennies de lutte contre les autorités centrales irakiennes, "ceux qui ne craignent pas la mort" comme le suggère littéralement leur nom, jouissaient d’une certaine paix. Aujourd’hui, ils affrontent l’organisation État islamique (EI) qui poursuit son avancée en Syrie et en Irak. La chanteuse pop kurde Helly Luv, tout juste 26 ans, les accompagne et les soutient dans leur combat.

Dans son dernier clip, "Revolution", elle chante arme au poing et perchée sur de hauts talons dorés, en hommage "aux victimes des violences et du terrorisme". Le clip s’ouvre sur des images de souffrance après la perte d’un être cher, en plein bouleversement de la vie quotidienne dû à la guerre : des enfants pleurent de peur et de désespoir, des mères tentent en vain de ranimer leurs enfants morts. La chanteuse apparaît au milieu des Peshmergas, le visage couvert par un keffieh, la coiffe traditionnelle des luttes de libération : "Levez-vous, nous sommes unis, ensemble nous pouvons survivre", chante-elle. "C’est une révolution. Avançons et luttons ! N’ayons par peur, unissons-nous et montrons-leur que nous sommes là", ajoute-elle face à des acteurs habillés en djihadistes de l’EI. 

Menacée de mort par les islamistes

Revolution" veut "encourager les Kurdes à poursuivre leur combat contre l’EI", confie-t-elle sur le site de Rûdaw, l’hebdomadaire le plus important du Kurdistan irakien. "J’avais besoin de donner au peuple une chanson qui raconte ce qui se passe et comment les Peshmergas combattent. L’histoire d’un peuple." Les images du clip vidéo ont été tournées tout près du village de Khazar au sud d’Erbil, la capitale du Kurdistan, région autonome au nord de l’Irak, transformée en ville refuge pour des milliers de familles de Mossoul, de Ramadi, ou d’autres villes d’Irak, fuyant l’avancée des combattants de l’EI. "Nous n’étions pas là seulement pour le tournage. Nous pensions, rentrerons-nous vivants ?", raconte la popstar qui n’en est pas à sa première prise de risques. Depuis la sortie de son premier clip "Risk it all", en février 2014, racontant l’avènement d’un Kurdistan indépendant, Helly Luv est en effet victime de menaces de mort de la part des islamistes. Sa vidéo a cartonné avec plus de 3,8 millions de vues sur YouTube en à peine 5 mois.

 

"J’ai reçu des menaces de mort de beaucoup de groupes islamistes… Ce sont des moments vraiment difficiles pour moi", expliquait à cette époque Helly Luv dans un entretien à l’agence Reuters. Son message : "Nous, le peuple kurde, nous devons tout risquer pour nos rêves et le combat pour notre pays". "Nous nous sommes tellement battus pour obtenir cette liberté, nous ne laisserons personne nous l’enlever", insiste la jeune femme. 

Née dans un camp de réfugiés

La chanteuse est née de parents kurdes irakiens dans un camp de réfugiés en Iran. Son vrai nom est Hellan Abdullah. Sa mère était une combattante peshmerga avant de se marier. La chanteuse a passé les neuf premiers mois de sa vie en Turquie, où ses parents s’étaient rendus à pied, avant d’émigrer en Finlande où elle sera élevée. À 18 ans, elle s’est ensuite envolée pour les États-Unis afin de réaliser son rêve : devenir une star de la chanson pop.

L’année 2013 marquera son retour au Kurdistan et le début d’une carrière musicale alliant les influences kurdes et occidentales qui ne lui épargneront pas de virulentes critiques. Mais la chanteuse n’hésite pas à les braver comme des centaines d’autres femmes kurdes "prêtes à mourir" pour leur nation et les valeurs kurdes, incompatibles avec l’EI. Aujourd’hui, des millions d’internautes suivent la chanteuse sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup, elle représente un modèle pour les jeunes kurdes.