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TRIBUNE. Annoncer le Salut avant de dénoncer le salaud

Jean Louis Mazieres / Flickr / CC


Nicolas Poussin. 1594-1665. Rome. Le Christ et la femme adultère. Episode du Nouveau Testament. Louvre. La loi juive voulait que la femme adultère soit lapidée. Le Christ a enseigné "que celui qui n'a jamais fait le mal lui jette la première pierre".



Nicolas Poussin. 1594-1665 Rome. Christ and the woman taken in adultery. Episode of the New Testament. Louvre. Jewish law wanted the adulteress be stoned. Christ taught "that one who has never hurt him cast the first stone".



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Dans les Cahiers Libres, Joseph Gynt rappelle que, pour les catholiques, le respect de la loi n’est pas une fin en soi. À trop observer la loi, le risque est en effet de se couper des autres… et de Dieu !

Rien qu’une grosse cymbale qui retentit. Voilà ce que je suis sans amour, me dit saint Paul. Même en bon petit soldat de chapelle, pourfendeur de tradis ou psychorigide du goupillon. Rien qu’un bout de métal qui résonne… L’encyclique Lumen Fidei, initiée par Benoît XVI, signée par François, réaffirme que c’est par la foi que nous serons sauvés, et non pas les œuvres de la loi. Comment comprendre ce parti pris ?

En catholiques, ce n’est pas la loi en tant que telle que nous rejetons. Nous reconnaissons d’ailleurs que la loi morale est "l’œuvre de la Sagesse divine", comme une instruction paternelle, une pédagogie de Dieu. Une "ordination de la raison", disait le pape Léon XII. Nous reconnaissons aussi les dix Commandements comme une préparation à l’Évangile. "Avec le Christ, la loi évangélique accomplit, dépasse et mène à sa perfection la loi ancienne", explique le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Trop observer la loi… jusqu’à en oublier Dieu

Ce que nous rejetons en revanche, c’est que le respect de la loi soit une fin en soi. "Le Salut par la foi consiste dans la reconnaissance du primat de Dieu", nous dit saint Paul. Il ajoute dans sa lettre aux Éphésiens que "c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce Salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu" (Ep 2, 8).

Le danger à trop observer la loi est d’en oublier que c’est Dieu qui en est à l’origine. Nous nous enfermons alors dans un cocon rassurant, bien réglé, nous coupant des autres et, surtout, de la loi ultime de Jésus : "Aimez-vous les uns, les autres". Un risque aussi présent aujourd’hui qu’il y a 2 000 ans, comme l’épingle Hadjadj dans La foi des démons : "Les Pharisiens, pardon, les chrétiens d’aujourd’hui et non les publicains et les prostitués, sont seuls capables d’approcher la perfection démoniaque, cette foi orgueilleuse, sûre de son Salut, méprisante à l’égard des autres pécheurs". Lire la suite sur les Cahiers Libres

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