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TRIBUNE. 11 janvier : la marche des zombies

Paul Malo / Aleteia
charlie hebdo manif paris
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Le blogueur Koz réagit vivement aux dernières attaques du sociologue Emmanuel Todd envers les catholiques.

Je devrai peut-être à Emmanuel Todd la résolution de la tension interne qui m’habite depuis des mois : catholique, réactionnaire, autoritaire, blanc, un peu con, à défaut d’être Charlie, je serais pleinement dans l’esprit du 11 janvier.

Je lis en effet que, selon le sociologue, ce sont les anciens bastions du catholicisme qui se sont le plus mobilisés, aiguillonnés en cela par les « valeurs » qu’il portait, à savoir l’autorité, la tradition, l’entre-soi et le rejet de l’égalité… tout en s’étant totalement dépris de la religion. Il en conclut à l’imposture, puisque la motivation véritable de cette mobilisation ne serait pas l’attachement aux valeurs républicaines mais le soutien, par rejet de l’islam, à un hebdomadaire lui-même islamophobe. Sans aller jusque-là, l‘hypothèse selon laquelle l’invocation de la laïcité serait le cache-sexe républicain d’un refus de l’islam ou, à tout le moins, de certains traits de l’islam hystérisés chez les radicaux, ne serait pas pour me déplaire. Et l’émoi causé par une telle position dans le landerneau consensualiste a évidemment quelque chose de très plaisant. Il faut pourtant, même à contrecœur, modérer la jouissance ressentie à emmerder le monde. Elle ne peut servir à elle seule de boussole pour la vérité.

Le catholique que je suis ne peut en effet cacher l’étonnement qui est le sien devant cette nouvelle mise en cause. Depuis quatre mois, nous avons vu passer le laïcisme militant, amalgamant les chrétiens à la violence islamiste qu’il ne faut pas en revanche amalgamer à l’islam, et même la prétention que le christianisme comporterait les mêmes incitations à la violence que l’on pourrait trouver dans l’islam. En revanche, l’idée que le catholicisme, même inconscient, soit le terreau majeur des saloperies du moment n’avait encore guère été soulevée.

Il y a ainsi quelque chose d’étrange dans la démarche d’Emmanuel Todd. Peut-être est-ce la menace qui guette tout théoricien : celle de vouloir présenter une explication globale du monde, à partir de facteurs ponctuels d’explication, celle de s’enfermer jusqu’à l’absurde dans ses propres catégories ? On dit trivialement que, lorsque l’on n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous.

En l’occurrence, je peux entendre l’évocation d’un « catholicisme zombie », issue de ses travaux précédents menés avec Hervé Le Bras. Je n’ai aucune peine, bien au contraire, à imaginer que persiste dans notre pays sécularisé une imprégnation des valeurs chrétiennes, en particulier dans certains de ses territoires. Sans surprise, je m’émeus davantage de ce que l’on prétend rattacher au catholicisme.

Ainsi tout particulièrement du rejet de l’égalité comme valeur du catholicisme. Cette imputation est la plus irrecevable. L’épître de saint Paul aux Galates contredit sans conteste cette idée : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). Tous ceux qui ont « revêtu le Christ » sont ainsi fondamentalement égaux. Et si les chrétiens s’adressent à Dieu en « osant dire » Notre Père, c’est qu’ils sont tous fils et filles de Dieu et, par conséquent, tous frères.

Ainsi encore de l’entre-soi. Le catholicisme comme entre-soi est un oxymore. Le catholicisme est universalité et plus encore, il est une foi en un Dieu d’amour et l’amour ne peut que vous envoyer vers l’autre. Et comment oublier encore cette exhortation du Christ :
« Allez, de toutes les nations faites des disciples ! » (Mt 28, 19) ?

Bien sûr, Emmanuel Todd se situe sur un autre plan : non pas la doctrine mais la traduction sociologique. N’allons pas trop vite et ne négligeons pas, déjà, toutes les études d’opinion qui soulignent que, plus le catholique est pratiquant, moins il vote Front National. Ceci étant dit, je connais bien sûr, dans la population catholique, la tentation de l’entre-soi, probablement même accentuée ces dernières années et, si cela peut faire plaisir, un goût de l’autorité. Mais, précisément, ces tentations ne sont pas catholiques. Et c’est là que se noue mon incompréhension : il semble bien qu’Emmanuel Todd aboutisse à des catégories doublement hors-sol, qui conduisent à l’absurde. Ainsi, pour le suivre, faut-il d’abord comprendre que les soutiens à Charlie empruntaient au catholicisme, ceux-là même qui se sont fait forts ensuite d’enjoindre les catholiques au silence, et de dénoncer #LesReligions. Il faut accepter l’idée que les manifestants de ces régions qui ne sont plus catholiques réagissent à partir de leur substrat de valeurs catholiques. Et il faudrait enfin considérer comme empreintes de catholicisme des valeurs qui en sont la négation. Avec tout le respect que j’ai pour la sociologie, et l’amour pour mon frère Todd, Emmanuel pousse le bouchon dans les orties : on ne peut pas continuer de teinter de catholicisme, même à titre de référence sociologique, ce qui en est à ce point détaché. Lire la suite sur le blog de Koz Toujours

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