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Le Kenya en quête de solidarité

© TONY KARUMBA / AFP
TOPSHOTS-KENYA-SOMALIA-UNREST TOPSHOTS A survivor of an attack by islamist gunmen claimed by al-Shabab on a university campus in Garissa, northern Kenya is comforted by a colleague after arriving in Nairobi on April 4, 2015. Kenya's President, Uhuru Kenyatta vowed Saturday, to retaliate in the severest way against Somalia's al-Shabab islamists after they massacred nearly 150 people at a university. AFP PHOTO/Tony KARUMBA
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Encore sous le choc du massacre des étudiants à Garissa, les Kenyans sont déçus par le peu de réactions internationales, et en colère contre leur gouvernement.

« Kenya : Nous refusons l’indifférence face à la barbarie » : le collectif international « Active Generation » appelle sur Facebook à manifester mercredi prochain. « Des Kenyans nous ont demandé de déclencher une mobilisation. Ils avaient l’impression que vraiment pas grand monde ne faisait des choses. Ce sera une mobilisation à Bruxelles, Paris, Tunis et Athènes », espère le Tunisien Baki Youssoufou, de l’association Active Generation. Par ailleurs, le site : kenya.wesign.it encourage à signer une pétition (RFI).

À quand une mobilisation internationale ?

Les Kenyans se demandent quand se manifestera une mobilisation internationale après l’assassinat, par les islamistes shebab, de 148 des leurs, étudiants et membres des forces de sécurité. Ce n’est pas juste un chiffre comme le clame le hashtag #147notjustanumber qui renvoie aux visages souriants des victimes et à d’autres photos, insoutenables.

Les étudiants qui pleurent leurs camarades ont défilé dans la capitale, à Nairobi, bougies et fleurs en main, en psalmodiant des prières pour les tués et les blessés. Ils ont aussi crié leur colère, rapporte Libération : « Environ 200 étudiants kenyans ont dénoncé (…) l’incapacité du gouvernement à protéger la population, au troisième jour du deuil national décrété après le massacre du 2 avril à l’université de Garissa ».

« Vous n’êtes pas en sécurité ! »

Comme la presse kenyane, les responsables d’associations d’étudiants accusent les autorités d’avoir ignoré des avertissements sur une action terroriste à Garissa et critiqué le temps mis par les unités d’intervention pour parvenir jusqu’à l’université lors de l’attaque. « Les étudiants, certains en costume noir de deuil, ont marché jusqu’à des bureaux de la présidence kenyane dans le centre-ville, tambourinant au passage sur des véhicules et criant aux automobilistes : "Vous n’êtes pas en sécurité !" » (Le Parisien). Une délégation d’étudiants a déposé une pétition pour l’amélioration des équipements des forces de sécurité et la création de centres de veille, avec des policiers en alerte 24 heures sur 24.

Stephen Mwadime, président de l’Association des étudiants de l’université Kenyatta de Nairobi, a réclamé, outre une indemnisation de quelque 20 000 euros pour chaque famille de victime du massacre, « une refonte totale de l’appareil sécuritaire », ainsi que « le retrait des troupes (kenyanes) de Somalie » qui
« devraient revenir assurer la sécurité du pays de l’intérieur » (l’armée kenyane est entrée en octobre 2011 en Somalie pour combattre les islamistes shebab et y effectue régulièrement des raids, des bombardements lundi dernier encore, en représailles de l’attentat de Garissa).

L’organisateur présumé de l’attaque est kenyan

Six complices présumés des quatre terroristes (tués pendant l’assaut) ont été arrêtés. Les autorités ont promis une récompense d’environ 200 000 euros pour la capture de celui qu’elles considèrent comme le cerveau de l’attaque, Mohamed Mohamud, alias « Kuno », ex-professeur kenyan d’une école coranique de Garissa.

Les attentats revendiqués ou attribués aux shebab ont fait 400 morts au Kenya depuis la mi-2013. Mais les attaquants ne viennent pas nécessairement de Somalie : « Devenus des centres de radicalisation, le Nord, l’Est et la côte du Kenya ont longtemps été exclus du développement du pays et cumulent les handicaps : retard d’infrastructures, chômage massif – surtout des jeunes – et taux de scolarisation parmi les plus faibles du pays », explique Le Point.

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