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L'Angleterre fait (enfin) ses adieux à Richard III, le roi maudit

Andrew Abbot

Arthur Herlin - Publié le 23/03/15

Plus de 500 ans après sa mort, les Britanniques rendent hommage au « roi sanguinaire », immortalisé par Shakespeare.

Lundi soir, l’archevêque de Westminster, le Cardinal Vincent Nichols a célébré la messe pour le repos de l’âme de Richard III à la cathédrale de Leicester. Richard III était en son temps un roi catholique dans un pays catholique, a expliqué le Cardinal Nichols à Radio Vatican. Cette semaine, des cérémonies tant catholiques qu’anglicanes se sont déroulées à la cathédrale de Leicester « Je suis heureux de dire que la coopération entre nos Eglises et la préparation de ces événements a été parfaite. »

Des analyses ADN pour l’identifier

Son squelette avait été retrouvé lors de fouilles archéologiques en 2012, sous un parking de Leicester (Angleterre), lieu présumé de sa mort en 1485. Depuis, les analyses ADN ont confirmé qu’il s’agissait bien des restes de Richard III, monarque britannique à la réputation sanguinaire. L’analyse du squelette a en effet certifié une forme accentuée de scoliose, conformément aux témoignages historiques qui décrivent le souverain comme bossu. L’analyse ADN du squelette, parfaitement conforme à celui des héritiers directs de sa sœur aînée Anne d’York, avait achevé de lever les derniers doutes.

Une sinistre réputation

Richard III tient essentiellement sa sinistre réputation de l’assassinat de ses deux neveux, héritiers légitimes du trône, alors qu’ils n’étaient encore que des enfants. L’Angleterre a souhaité malgré tout rendre les honneurs à son ancien souverain. Ce dimanche 22 mars, le cortège funèbre royal a traversé la ville de Leicester, tandis que des coups de canon étaient tirés à Bosworth, sur le champ de bataille où il trouva la mort en 1485.

Le maire de Leicester, Peter Soulsby a souligné l’importance de sa ville dans la fin tragique que fut celle du monarque : « C’est de Leicester en 1485 que Richard monta à la bataille et c’est à Leicester qu’il en est revenu, vaincu, attaché ignominieusement sur le dos d’un cheval ». C’est en effet après seulement deux ans de règne, que le roi est mortellement blessé au cours de la bataille de Bosworth. Richard III, ayant appris que son rival Henri Tudor débarquait au Pays de Galles, avait décidé d’aller à sa rencontre. Mais lors d’une charge trop téméraire, le roi et sa garde personnelle sont décimés. Le souverain est sans doute mort des suites d’un coup de hallebarde à l’arrière de la tête, comme semble le confirmer l’analyse de son crâne.

Durant la cérémonie, le cardinal de Leicester, Vincent Nichols, a prononcé une homélie réhabilitant en partie le défunt monarque : « Les intentions réelles de Richard ont toujours été difficiles à cerner… comme c’est souvent le cas pour beaucoup d’entre nous. Durant ses deux courtes années de règne, il a fondé plusieurs aspects essentiels du système juridique, en particulier la présomption d’innocence ou la généralisation de la caution plutôt que d’être détenu en prison. Il a favorisé la traduction en anglais de toutes les lois pour les rendre plus accessibles ». Le cardinal a rappelé que, malgré l’adversité et les trahisons qui ont marqué son règne, Richard III était « un homme de prière et d’anxieuse dévotion ». Son cercueil est maintenant exposé dans la cathédrale Saint-Nicolas de Leicester où il est prévu de l’enterrer définitivement ce jeudi 26 mars. En effet, pas question de reposer à Westminster… aux côtés de son successeur, le premier des Tudor !

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