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Mgr Laffitte : « Il y a une contradiction à demander le sacrement du mariage sans avoir la foi »

© Petr Jilek/SHUTTERSTOCK
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I.Media a rencontré le secrétaire du Conseil pontifical pour la famille et fait le point avec l'évêque français sur les travaux du dernier synode sur la famille.

Alors que l’institution familiale reste au cœur des préoccupations du pape François et de l’Église, à mi-chemin entre les deux synodes consacrés à la famille, I.Media a rencontré le secrétaire du Conseil pontifical pour la famille, Mgr Jean Laffitte. L’évêque français fait le point sur les travaux du dernier synode, mais aussi sur les suggestions du pape François visant à simplifier les procédures de nullité de mariage. En outre, le secrétaire du dicastère en charge de la famille encourage une « véritable préparation au mariage », voire un « accompagnement des mariages célébrés », dans un « contexte d’inculture religieuse et de relativisme éthique ».

Avec les synodes d’octobre 2014 puis d’octobre 2015, le pape François a fait de la famille l’une des priorités de son pontificat. Comment expliquer ce choix ?
Monseigneur Jean Laffitte :
À la fin du pontificat de Benoît XVI, il y a eu un synode sur la nouvelle évangélisation. Plus de 100 pères synodaux ont alors cité la famille comme moyen et lieu nécessaires d’une nouvelle évangélisation. La famille n’est pas simplement objet d’évangélisation, elle est d’abord sujet d’évangélisation, essentiellement par son témoignage. Pour cela, il convient qu’elle soit imprégnée de l’Évangile. Le pape François, en outre, a perçu que la famille avait besoin d’être encouragée, réanimée. Il s’agit d’aller à la rencontre des familles, pour mesurer, dans une démarche pastorale, les souffrances et les blessures qui sont les siennes. Comme on se trouve dans un contexte général de relativisation de l’institution familiale, il est plus que jamais nécessaire d’approfondir le dessein de Dieu sur l’amour humain, le mariage et la famille.

Quels sont selon vous les points cruciaux qui ont émergé du précédent synode et devraient faire l’objet de nouvelles réflexions en octobre prochain ?
Mgr J.L. : Il y a deux actions qui ont été soulignées. La première est de réaffirmer la valeur fondamentale de l’institution familiale. Cela explique qu’aient pu être abordées diverses questions comme la dénatalité, ou les dangers d’étendre le terme de « famille » à des unions qui n’ont rien de familial, à des unions d’une autre nature. Il s’agit de montrer que la famille, cellule fondamentale de la société, contribue à son bien commun. La deuxième action s’adresse aux chrétiens. Le mariage est un sacrement. Le Concile Vatican II dit qu’au moment de ce sacrement, le Christ vient à la rencontre des époux pour demeurer avec eux. Peu de personnes ont conscience de la sainteté du mariage chrétien, car beaucoup, désormais, ont grandi dans un monde privé de toute culture chrétienne. Certains demandent le sacrement du mariage alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds de leur vie à l’église et n’ont pas la moindre idée de ce qu’est un sacrement. L’Église a le désir d’accueillir, et dans le même temps, elle ne peut donner un sacrement dans n’importe quelles conditions. D’où la préoccupation d’un grand nombre de pères synodaux de renforcer et approfondir une véritable préparation au mariage, voire pour certains un réel catéchuménat. D’autres pères synodaux ont aussi évoqué la nécessité d’un accompagnement des mariages récemment célébrés. Tout cela est l’essentiel de ce que les pères ont exprimé, même si certains, en particulier les médias, ont accentué certaines questions pastorales.

À propos de meilleure préparation au mariage, le Pape a récemment suggéré aux membres du Tribunal de la Rote romaine de mieux tenir compte du critère de foi des époux au moment de leur « intention matrimoniale ». Un sujet déjà évoqué par Benoît XVI. Qu’en pensez-vous ?

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