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En 2015, le combat contre la lèpre continue

Raoul Follereau

Sylvain Dorient - Publié le 25/01/15

Maladie trop vite considérée comme déclinante, la lèpre continue pourtant ses ravages : 200 000 nouveaux cas ont été recensés en 2013.

Vendredi 23 janvier 2015 débutait la 62e Journée mondiale des lépreux. La Fondation Raoul Follereau et l’Ordre de Malte rappellent l’urgence de soigner les malades. Si cette maladie fait aujourd’hui moins de victimes que le paludisme, elle demeure un véritable fléau, facteur d’exclusion et de traumatisme.

Christian Johnson, expert médical de la Fondation Raoul Follereau, basé au Bénin, constate quotidiennement les dégâts causés par la lèpre, qui fait chaque jour de nouvelles victimes. Sur l’ensemble de l’Afrique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé pas moins de 17 000 nouveaux cas d’enfants infectés en 2013. Or la lèpre n’est pas héréditaire, et c’est une maladie à incubation longue : ces enfants nouvellement atteints prouvent que la lèpre poursuit encore et toujours sa diffusion dans de nombreux pays.

Une maladie qui effraie et exclut

« La lèpre fait peur », résume le Dr Johnson. Il se souvient : « L’un de mes collègues médecin congolais a lui-même été atteint de lèpre en soignant ses patients. Cela l’a traumatisé durablement. Pourtant, son cas a été détecté à temps, le traitement a fonctionné sans problème. Mais après les 12 mois de traitement, il a demandé à recevoir un traitement de 12 mois supplémentaires ! C’est un scientifique qui connaît très bien cette maladie, il sait que, quand le traitement se déroule correctement, il n’y a pas de raison de le prolonger… Mais la peur de cette maladie engendre des réactions irrationnelles ! ».

Le combat contre la lèpre : une course d’endurance

Lorsqu’en 2000, l’OMS a classé la lèpre comme une maladie « à éliminer », elle a commis l’erreur de croire que le combat était gagné, estime le Dr Johnson. « Il s’en est suivi une baisse du nombre de cas dépistés qui n’a rien à voir, selon mon expérience, avec la réalité sur le terrain. Le nombre de cas de lépreux dépistés a diminué surtout parce qu’il y avait moins de moyens pour les dépister. »

Or, contre une maladie à incubation longue et silencieuse, qui nécessite un dépistage pointu et un traitement d’en moyenne un an, rien ne sert de courir. En l’absence d’un vaccin, il faut dépister les nouveaux cas et réaliser un véritable travail d’enquête policière pour empêcher que la maladie ne se déclare ailleurs. Les médecins examinent les proches, parents ou voisins qui ont été régulièrement en contact avec le malade pendant les années qui précèdent le dépistage. Le traitement en lui-même, très efficace, demande un suivi continu des médecins. Dans 20 à 30% des cas, des complications apparaissent, qu’il faut traiter rapidement. Avec les moyens suffisants, c’est-à-dire le traitement médical et un personnel suffisamment formé, 99% des patients sont guéris. En revanche personne ne peut rendre l’usage d’une partie du corps dont les nerfs ont été détruits par la maladie (nez, mains, pieds, etc.), d’où l’importance de détecter la maladie le plus tôt possible.

L’espoir de la recherche médicale

L’Ordre de Malte soutient activement la recherche contre la lèpre avec Maltalep, un système d’attribution de bourses de financement mis en place en 2006. C’est devenu la principale ressource de financement de la recherche contre la lèpre. Grâce à lui, plusieurs résultats ont déjà été obtenus, comme un système de détection des bacilles résistant aux antibiotiques, qui permet d’éviter les rechutes après le traitement. Les scientifiques espèrent bientôt parvenir à réaliser le décodage génétique complet de la maladie. 

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