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Syrie : Kobani, octobre 2014 / Varsovie, octobre 1944

Associated Press
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Le siège de la ville kurde de Kobani par l’Etat islamique rappelle la tragédie de l’insurrection de Varsovie, il y a 70 ans : comme l’armée turque aujourd’hui, l’Armée rouge avait laissé massacrer les résistants par les Allemands.

Le 1er août 1944, la résistance polonaise lançait l’insurrection de Varsovie contre l’occupant nazi aux abois face aux soviétiques. Depuis juillet, l’Armée rouge était parvenue aux portes de la capitale polonaise. Mais au lieu de poursuivre son offensive pour venir à la rescousse des Polonais qui, héroïquement, au prix de pertes inouïes, continuaient de tenir tête aux Allemands, les soviétiques, sur ordre de Staline, laissèrent les nazis « faire le ménage ». Ils refusèrent l’autorisation d’atterrir sur les aérodromes qu’ils contrôlaient aux avions de la RAF qui tentaient de parachuter des armes et des vivres aux insurgés, et même en abattirent quelques-uns !

Le 2 octobre 1944 tout était fini. Le général Tadeusz Bór-Komorowski capitulait. Il avait lancé la  veille au soir, sur la radio de Varsovie, son dernier message monde, d’une voix brisée : « Voilà la sombre vérité — nous avons été traités pire que les satellites d’Hitler, pire que l’Italie, pire que la Roumanie, pire que la Finlande… Dieu qui est juste, dans sa toute-puissance châtiera la terrible injure faite à la nation polonaise et il punira tous les coupables…  ». (Wilkipedia)  

Aujourd’hui, comme jadis ceux de l’Armée rouge devant Varsovie, les tanks de l’armée turque veillent, immobiles, à la frontière, sur les hauteurs dominant Kobani, en attendant que les djihadistes liquident les derniers défenseurs kurdes. Pour les Turcs, les Kurdes sont à mâter quoi qu’en pensent leurs Alliés, Etats-Unis en tête. Ankara ne veut pas entendre parler de la création d’une zone tampon kurde entre la Syrie et la Turquie timidement évoquée par les Alliés (France info). Et la police turque a réprimé avec sa modération coutumière les grandes manifestations de Kurdes qui ont eu lieu mardi dernier pour protester contre l’inaction du gouvernement turc face au drame de Kobani, faisant 21 morts.

Les frappes aériennes ne suffiront pas à sauver Kobani a annoncé le 8 octobre, l’amiral James Kirby, le porte-parole du Pentagone. (BFM-TV) « Ce soir, (8 octobre, l’Etat islamique) a pénétré dans deux quartiers avec des armes lourdes, notamment des chars. Des civils ont peut-être été tués parce qu’il y a des affrontements intenses », a déclaré Asya Abdullah, vice-présidente du Parti de l’union démocratique (PUD), principale formation kurde impliquée dans la défense de Kobani (Boulevard Voltaire).