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Cardinal Danneels : "A nous de trouver les chemins de miséricorde" pour les divorcés remariés

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aleteia - Publié le 09/10/14

DOCUMENT. « Dans le ministère de l’Eglise, il faut une place pour une pastorale des divorcés remariés », a plaidé le cardinal Godfried Danneels lors de son allocution au Synode pour la famille.

Le cardinal Danneels a été convié par le Pape à participer en tant qu’invité spécial au synode sur la famille qui se déroule à Rome jusqu’au 19 octobre prochain. Pour rappel, 253 participants ont été conviés au Synode sur la famille. Outre les 114 présidents de conférences épiscopales, y figurent 13 chefs des Eglises catholiques orientales, 25 chefs de dicastères de la curie romaine, ainsi que trois religieux élus par l’Union des Supérieurs généraux. Le pape François a également invité 16 experts et 13 couples mariés.

Le pape, qui préside l’assemblée, avait personnellement choisi d’augmenter le nombre des membres du Synode, en y adjoignant lui-même 26 personnalités (évêques, religieux ou ecclésiastiques experts) dont le cardinal Danneels.

Voici le texte de l’intervention du cardinal Danneels, intitulée « Dieu juste et miséricordieux »:

Très Saint-Père, Eminentissimes et Excellentissimes Pères synodaux, Chers frères et sœurs,
Dieu est juste et miséricordieux. Il ne peut se contredire. Il est capable de faire le grand écart entre juste et bon. Nous, nous avons une place difficile, car nous ne sommes que de pauvres danseurs dans le ballet de l’histoire.

Nous pauvres ministres, nous avons à trouver le moyen d’inventer des chemins de miséricorde sans nuire à la vérité et à chercher le chemin à chaque époque et pour chaque culture. A nous de trouver les chemins de miséricorde.
Je voudrais me limiter à un seul chemin de la miséricorde pour notre époque. Je pense à ceux et à celles, dont le premier mariage a échoué et qui se sont engagés dans un second mariage non valide pour l’Eglise et non sacramentel. Ils sont nombreux à notre époque. Que faisons-nous pour eux, qui souvent voudraient régulariser leur état de vie et qui savent qu’il n’y a pas de possibilité.

Beaucoup s’en désintéressent ; mais il y en a qui souffrent dans leur cœur. Que faire pour ces frères et sœurs, qui voudraient revenir à un mariage dans l’Eglise ? Il y a des jours, où je pense qu’il faudrait instituer dans l’Eglise quelque chose de semblable qu’au catéchuménat et à l’ordo penitentium comme l’Eglise d’alors s’occupait comme une mère. Peut-être rien de vraiment institutionnel, mais un souci pastoral organisé pour des divorcés remariés. Comment préparer des prêtres et des laïcs pour cette pastorale spéciale comme jadis pour les catéchumènes et pour ceux qui étaient dans un chemin pour obtenir l’absolution de leur péché ?

La première attitude est celle d’un immense respect pour ces frères et sœurs divorcés et remariés. Le début de toute miséricorde c’est un respect inconditionnel pour tous ceux et celles qui vivent dans l’Eglise, mais ne peuvent se remarier et recevoir la communion.

Les mariages de fait méritent un même respect. Car certains portent dans leur union – comme dans un hiver – des semences qui dorment. Très souvent les divorcés remariés suivent un chemin, – conscients ou inconscients – pour sortir de cette situation. Mais cela n’est pas possible. Dans beaucoup de ces situations les époux se trouvent dans une démarche graduelle vers un idéal qu’ils désirent. Le respect est la pastorale que la mère Eglise doit pratiquer. C’est une pastorale de la gradualité. Dans le ministère de l’Eglise, il faut une place pour une pastorale des divorcés remariés. Comment faire ?

D’abord les chercher. Car beaucoup se cachent et n’osent pas le dire, même pas au conjoint. Ils souffrent en cachette. A nous prêtres de nous mettre à découvrir ces brebis qui voudraient, mais n’osent pas le dire.
Ensuite les inviter à se rencontrer, former des groupes où ils peuvent s’écouter les uns les autres ; Mais le pasteur doit être là. Sans focaliser uniquement sur cette douloureuse question de la communion refusée. Le prêtre doit écouter par son cœur. ll n’est point besoin dès le début d’enseigner, mais d’écouter. Car toute écoute est thérapeutique.

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Famille
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