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Nigeria : la double peur d’Ebola et de Boko Haram

© BOUREIMA HAMA / AFP

NIGER, MAINE-SOROA : A picture taken on April 3, 2014 in Maine-Soroa, eastern Niger, shows Nigerian people gathered at a camp for refugees who fled the fighting between the Nigerian army and the Islamist rebels of Boko Haram. AFP PHOTO /BOUREIMA HAMA

P. Robinne - ihs news - Publié le 21/09/14

IHS News a interrogé le P. Michael Walsh, OSA, au sujet de la situation au Nigeria qui ne cesse de se dégrader tant sur le plan sanitaire que face à l’avancée de Boko Haram.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre mission actuelle ?
P. M. Walsh :
De nationalité irlandaise, je suis un missionnaire augustinien (OSA). J’ai été ordonné en 1980, et suis donc prêtre depuis 34 ans. J’ai passé 4 ans à Cork, Ireland  (de 1983 à 1986) ; 5 ans à Rome, Italie (de 1991 à 1996) et le reste au Nigeria. Mes deux premières années ont été dans la paroisse de Mubi dans le diocèse de Maiduguri. J’ai ensuite passé un an à Iwaro Oka, dans le diocèse d’Ondo et le reste dans les paroisses de Jalingo, Kona et Zing qui faisaient partie du diocèse de Yola, mais qui ont, entre-temps, été rattachées au diocèse de Jalingo.

Quelle crainte inspire le virus Ebola au Nigeria ?
P. M. W. :
Dans ma paroisse à Zing, on sait qu’il y a des cas de contaminations par le virus Ebola à Lagos, Enugu et Port Harcourt. Ces villes sont encore loin de Zing, mais beaucoup de gens voyagent encore à travers le pays. Le transport se fait essentiellement par la route dans des véhiculés bondés, ce qui explique aisément comment le virus peut se propager. La maladie a suscité une inquiétude généralisée. Il y  a  quelques semaines, un SMS qui semble avoir circulé dans l’ensemble du pays expliquait : pour éloigner le virus il faut prendre un bain d’eau chaude salé tôt le matin et boire de l’eau salé. La plupart des gens n’ont pas l’eau courante et se baignent donc dans un « sceau ». Très souvent, le seul moyen de chauffer l’eau est le feu de bois. Dès lors, autour de trois heures du matin les gens se lèvent pour faire chauffer de l’eau. Dans la région de Zing, j’ai entendu dire qu’une femme avait fait une overdose de sel. Elle a fini à l’hôpital incapable de manger, de boire ou de parler. Je peux tout à fait croire à cette histoire, sachant que des gens sont déjà morts d’overdoses de sel dans le pays. Mais par dessus tout, cela illustre le fait que la peur d’Ebola est ici bien réelle et omniprésente.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la situation à l’égard de Boko Haram en général, mais aussi par rapport aux chrétiens ?
P. M. W. :
Il semble qu’ils aient à présent le contrôle des villes de Bama, Pulka, Madigali, Shuwa, Michika et Bazza, et peut-être de la ville de Mishara, plus au sud. Ce sont des villes dans lesquelles il y a des paroisses catholiques appartenant au diocèse de Maiduguri. Les gens ont fui, soit  dans les montagnes de Mandara, soit à Yola ou quand ils le pouvaient dans les villes plus au sud.  Mubi serait à présent une ville fantôme. Apparemment ce serait la peur, plus encore que Boko Haram lui-même, qui serait responsable de ces départs. Pourtant, Mubi était une cité très vivante, puisque c’était un marché important et un centre administratif de premier ordre situé à 18 kilomètres de la frontière camerounaise.
Personne ici en revanche n’a suggéré que Boko Haram ciblerait les catholiques plus que les autres. Je ne peux donner de chiffres, mais je pense qu’ils ont tué plus de musulmans que de chrétiens. Plusieurs fois ils ont attaqué les villes de Damaturu, Potiskul, Maiduguri et d’autres plus au nord. Dans chacun de ces endroits, les chrétiens représentent une minorité. Dès lors une bombe dans un marché tuera et blessera davantage de musulmans que de chrétiens. Ils ciblent sans distinction réelle.
Cependant, à mesure qu’ils font route vers le sud de Bama dans le Michika en direction de Mubi, il y a de plus en plus de chrétiens, et de fait, le nombre de chrétiens touchés aura tendance à augmenter. Mais il ne faut pas se tromper, nous ne sommes pas les premières cibles. Boko Haram vise tout ce qui ne rentre pas dans sa conception de la société.

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boko harammaladienigeria

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