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Pourquoi Jésus est-il mort sur la croix ?

Renconter Jésus / CEF

Rencontrer Jésus - Publié le 14/09/14

Dominique de Pirey, historienne de l’art et théologienne, répond à cette question sur le site Renconter Jésus, au travers de la lecture du tableau Crucifix de santa Maria Novella, de Giotto di Bondonne.


Quelle souffrance est exprimée dans ce crucifix disposé entre terre et ciel, évoquant Jésus homme et Jésus Dieu ! Alors pourquoi Jésus Dieu a-t-il traversé cette souffrance, pourquoi est-il passé par l’humiliation de la croix? N’y avait-il pas d’autres moyens pour sauver les hommes ? Quel mystère !

Jésus n’a pas choisi la croix mais l’amour, l’amour jusqu’au bout, jusqu’au don total.


Crucifix de santa Maria Novella à Florence, 1288-89, Giotto di Bondonne, (1266/67 – 1337)

Le crucifix de Giotto a la même forme que le fameux crucifix de saint Damien qui était censé avoir parlé à saint François d’Assise. Il a été inspiré par l’école de la spiritualité franciscaine du Christ résigné qui met en évidence le thème de l’amour, et pourtant le visage du Christ est réaliste, loin de la forme idéalisée de l’art byzantin. Dans le corps sans vie de Jésus règne une douceur et un silence qui nous attirent.

Giotto utilise de subtils coups de pinceaux délicats et veloutés pour rendre l’humanité du  corps  de Jésus dans sa souffrance, abandonné dans la mort. Il  est affaissé, abandonné dans la mort, les côtes saillantes, nu, hormis le périzonoum (pagne de pureté), comme l’étaient les suppliciés romains. Cette nudité est riche de signification : la nudité innocente des origines avant le péché était le vêtement de gloire de l’homme, elle reflétait l’amitié transparente et belle avec Dieu. Jésus nu tisse à partir de la croix le vêtement nouveau de la dignité filiale de l’homme.

Jésus a choisi l’Amour du Père. Un amour qui s’est concrétisé par une obéissance parfaite au dessein bienveillant du Père : la,participation de tous les hommes à sa Vie et à son bonheur éternels, c’est à dire l’exact opposé de la mort et de la souffrance. Jésus a donc aussi choisi l’Amour des hommes.

Giotto montre Jésus les bras largement ouverts, au-dessus de ceux qui le regardent, pour embrasser toute l’humanité dans son acte d’obéissance et de rédemption.

Sa tête se penche sur son épaule, les yeux clos, baissés vers la terre, vers les témoins de son supplice, vers les croyants qui entrent dans l’église, vers nous, pour qui il est mort par amour. Ses cheveux roux sont éclairés par l’auréole qui entoure sa tête.

Le sang coule aux pieds de Jésus pour atteindre le rocher du Golgotha où est visible le crâne d’Adam qui émerge du rocher sortant de la mort, sauvé par le nouvel Adam. La mort est vaincue.

Jésus a accepté de descendre au plus profond des ténèbres humaines, il a accepté de vivre ce que l’homme rejette le plus, la souffrance et la mort, et cela de la manière la plus abjecte de l’époque, la crucifixion ; ainsi dans les ténèbres sont infusés la vie éternelle et l’amour, source du vrai bonheur. Jésus n’est pas venu supprimer la souffrance et la mort, ce qui aurait atteint la liberté humaine, mais il est venu les remplir de sa présence.

 Sur les « tabellone » sont représentés Marie et Jean, eux aussi très humanisés. Ils regardent intensément Jésus, le visage ravagé par la douleur. N’est-ce pas notre regard quand une douleur trop grande nous envahit, que nous nous retenons de pleurer, nous serrons les poings ? Jésus les regarde avec compassion, leur montre le chemin à emprunter pour devenir comme Dieu, pour vaincre la puissance de l’orgueil : cette victoire ne pouvait venir que de l’amour qu’est Dieu lui-même.


Il invite les hommes à aller vers lui, il a pris sur lui notre labeur, lui qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.» (Matthieu 11,28). «La meilleure preuve d’amour est de donner sa vie pour ceux qu’on aime» (Jean 15,13), il est le premier à le faire pour l’amour du Père et celui des hommes. Puissions nous être habités par cette passion pour Dieu et pour tous nos frères humains !

Dominique de Pirey, Cetad, historienne de l’art et théologienne

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