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Saint Augustin (354-430) ou la soif de Dieu

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L’Eglise fête le 28 août le « Docteur de la grâce » dont l’œuvre n’a cessé d’irriguer les chrétiens et les chercheurs de Dieu, de siècle en siècle.

Les Confessions sont avant tout une longue prière qui doit être lue dans un climat de prière pour en saisir toute la plénitude. Augustin tutoie Dieu audacieusement et son désir a des ailes. Son « je » assoiffé de bonheur s’adresse à un « Tu » qui va le combler d’amour : « Puissé-je, Seigneur, me ressouvenir dans l’action de grâces et confesser tes miséricordes sur moi » (Conf. VIII, 1). Quinze siècles plus tard, Thérèse de Lisieux reprendra le même désir de louange dans son Histoire d’une âme: « chanter les miséricordes du Seigneur ».

Un maître de la prière
Augustin avait l’habitude de dire dans sa prière : « Dieu, que je me connaisse et que Tu me connaisses. » Il commence ainsi son célèbre examen de conscience que l’on retrouve au livre X des Confessions : « Te connaître, ô mon connaisseur! Connaître comme je suis connu » (X, 1). Dans la prière, connaissance de soi et connaissance de Dieu vont de pair. En cherchant et en priant Dieu au plus intime de soi, l’on se trouve et se découvre comme un être de désir créé à son image.
En écrivant ses Confessions, il répond à un besoin spirituel qui n’est pas étranger au conseil de Socrate : « Connais-toi toi-même! » Pour Augustin, cette connaissance passe par l’écoute de Dieu qui seul parle bien de lui-même et de l’humanité : « Pour toi, Seigneur, dont l’œil voit à nu l’abîme de l’humaine conscience, qu’y aurait-il de caché en moi, quand même je ne voudrais à ta gloire le confesser? » (Conf. X, 2).
Augustin montre que pour trouver Dieu il faut entrer en soi-même. Ainsi, nous demeurons en Dieu qui est plus grand que nous. Dieu nous invite à nous dépasser par le désir d’aimer et de prier. Ce Dieu est la Beauté en nous, et son mystère nous inonde de sa miséricorde.
« J’ai tardé à t’aimer, Beauté si ancienne et si neuve, j’ai tardé à t’aimer! Ah! voilà : tu étais dedans, moi dehors… Je t’ai goûté : j’ai faim et soif. Tu m’as touché : j’ai pris feu pour la paix que tu donnes. Une fois soudé à toi de tout mon être, il n’y aura plus pour moi douleur et labeur et ma vie sera, toute pleine de toi, la vie… Plein de toi, je ne le suis pas; aussi mon être me pèse… Ah! le pauvre être que je suis! Aie pitié de moi, Seigneur. Voici mes plaies que je ne cache point : tu es médecin, je suis malade; tu es miséricordieux, j’ai de la misère » (Conf. X, 27-28).

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