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Irak : la stratégie de la terreur

WEB James Foley Steven Senne – fr

AP Photo Steven Senne

Philippe Oswald - publié le 20/08/14

Les monstrueuses exactions des jihadistes exercent sur les esprits faibles une fascination qui paralyse les uns et attire les autres. C’est le but de tout totalitarisme.

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En marge des massacres de masse, de l’expulsion des chrétiens, du génocide des Yézidis, des viols et des rapts destinés à terroriser le pays conquis, les jihadistes livrent périodiquement aux Occidentaux des mises en scène macabres contre un de leurs otages. La décapitation du journaliste américain James Foley par les djihadistes du prétendu État islamique en Irak révulse tous ceux qui n’ont pas perdu toute trace d’humanité.

Grand reporter, James Foley, 40 ans, avait été enlevé en Syrie en novembre 2012. C’était un chrétien, un catholique, dont Aleteia vient de publier le magnifique témoignage de foi qu’il avait donné à l’occasion d’une précédente captivité. À présent, les jihadistes menacent de tuer un autre otage, Steven Sotloff, lui aussi reporter américain, si le président des Etats-Unis ne met pas fin aux frappes aériennes en Irak.

« Nous n’avons jamais été aussi fiers de notre fils Jim », a réagi la mère de la victime, Diane Foley, dans un message posté sur la page Facebook du comité de soutien. « Il a donné sa vie en essayant de montrer au monde les souffrances du peuple syrien », rapportent Le Figaro et Le Huffington Post.
Le bourreau masqué de James Foley s’exprime en anglais avec un accent britannique. On peut donc soupçonner qu’il a séjourné  en Grande-Bretagne, peut-être même y est-il né. Cela nous ramène à la redoutable constatation que le jihad recrute en Europe des jeunes déboussolés : deux adolescentes françaises de 15 et 17 ans candidates au jihad en Syrie viennent d’être arrêtées, l’une  à Vénissieux, l’autre à Tarbes par les services antiterroristes, révèle RTL. Les deux jeunes filles ne se connaissaient que par le biais des réseaux sociaux…Mais ces quelques arrestations in extremis ne peuvent faire oublier qu’environ trois cents jeunes de nationalité française seraient parvenus en Syrie ou en Irak. Nous n’avons pas fini de payer l’échec cuisant de l’intégration dans nos banlieues.

La barbarie n’a pas de frontières. L’illusion d’un Occident resté civilisé face à un monde de plus en plus dangereux et chaotique ne résiste pas aux faits. L’écrasante responsabilité des Etats-Unis dans le désastre irakien ne saurait occulter celle de pays européens qui se considèrent comme des parangons de vertu, de justice et de modération, dans l’émergence des totalitarismes d’hier et d’aujourd’hui.
L’histoire du XXe siècle, objet de tant de commémorations, devrait nous inciter à un véritable examen de conscience : c’est bien en Europe qu’ont germé les deux grands totalitarismes communiste et nazi qui ont plongé le monde entier dans les deux guerres mondiales dont sont issus la plupart des conflits postérieurs à 1945. Après tout, la France n’est pas seulement « le pays des droits de l’homme », mais aussi celui qui expérimenta dans la foulée la Terreur révolutionnaire.

À l’instar de Lénine, les héritiers des « grands ancêtres » de 1793 ont toujours reconnu cette filiation. C’est en France, entre les deux guerres, que se sont formés intellectuellement les principaux chefs communistes vietnamiens et cambodgiens – ces khmers rouges dont les méthodes n’ont rien à envier à celles des jihadistes d’aujourd’hui.  C’est encore la France qui, à la fin des années 70, fit les yeux doux à l’ayatollah iranien Khomeyni après l’avoir accueilli sur son sol, tout en armant son ennemi irakien Saddam Hussein.
Vingt ans plus tard, après le baroud d’honneur de la France à l’ONU,  les Occidentaux ont emboîté le pas à l’Amérique dans la dévastation de l’Irak. Quant aux relations que nous entretenons avec les Pays du Golfe qui, tels l’Arabie Saoudite ou le Qatar, financent ouvertement les jihadistes, elles ne sont pas loin de la schizophrénie dont se régalait Lénine (« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons »).


A bien des égards, l’islamisme se présente comme le nouveau totalitarisme. Contrer son expansion oblige à une révision générale des positionnements des uns et des autres, y compris du Vatican qui vient de reconnaître par la bouche du pape François lui-même la légitimité de l’actuelle intervention armée en Irak pour « stopper les barbares » comme le souligne Jean-Pierre Denis dans son éditorial de La Vie. Mais sur le fond, ne peut-on pas espérer un éclairage du Saint-Siège ? « L’analyse des erreurs qui ont jeté le monde dans le chaos (nazisme, communisme) a fait l’objet d’encycliques. Pourquoi pas une sur l’Islam ? » demandait hier (19 août) dans un tweet Jean-Marie Le Méné. A tout le moins,  la question des rapports entre l’islam et l’islamisme ne mériterait-elle pas d’être abordée en profondeur, sereinement mais sans tabou ?


Tags:
Chrétiens en IrakTerrorisme
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