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Ils parrainent des familles de Roms, avec discernement

Thomas Oswald

Sylvain Dorient - Publié le 09/07/14

A Lens, quatre parrainages de familles roms ont été officialisés fin juin. Une démarche inédite, qui accompagne le travail d’insertion de familles courageuses et de bénévoles engagés.

À Lens, quatre parrains dont un prêtre, le père Levray, viennent d’accepter de parrainer quatre familles de Roms en cours d’insertion. Une réussite du collectif Fraternité Roms qui a proposé ces familles. Cinq à dix nouveaux parrains sont attendus d’ici la fin de l’été.

Il s’agit de parrainages civils, les Roms qui entrent dans ce partenariat ayant besoin d’aides pour les démarches administratives, parfois aussi de soutien matériel. Cet accompagnement est déjà réalisé par les associations caritatives, mais le parrainage représente une nouvelle étape symbolique. Le père Levray explique que son rôle en tant que parrain est surtout « d’amener un regard bienveillant » sur les Roms.

Ann Charlotte Taudiere, initiatrice de La route des Roms précise : «Une chose est de dénoncer l’existence de réseaux mafieux dans la communauté Rom, une autre est de ne pas voir et aider les familles qui en souffrent et veulent en sortir ». Mme Taudiere témoigne d’une expérience d’insertion réussie : une famille Roms qui est parvenu à se sédentariser en ouvrant une chambre d’hôtes. Ce type de réussite représente un espoir et pourrait se multiplier, même si elle ne peut pas concerner tout le monde. En effet, le point commun de toutes les opérations d’insertion de Roms c’est qu’elles découlent d’initiatives individuelles, et non d’un modèle applicable à tous.

Une grande partie des familles Roms ne cherchent pas à s’établir à l’année, mais viennent en France pour obtenir un complément de revenus. Là encore, attention aux amalgames : tous ne se livrent pas à la délinquance pour obtenir ce complément. Cyril, 57 ans que nous avons rencontré dans un campement à proximité de Bois l’Épine (sud de Paris), est un descendant de paysans sans terre, qui ne parvient pas à vivre avec ce qu’il gagne en Roumanie. "Je ne vole rien", assure-t-i. Il ramasse et revend de la ferraille abandonnée six mois par an en France, une activité pratiquée évidemment en dehors de tout cadre légal, mais qui lui permet de survivre avec sa famille.


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