Aleteia

Syrie : Ce conflit absurde doit cesser !

© Javier Manzano / AFP
Partager
Commenter

« Parlez des souffrances et de l’absurdité du conflit syrien ! Les médias ont le devoir de ne pas nous laisser sombrer dans l’oubli » implore le Nonce apostolique Mario Zénari à Damas.

Interrogé par le journal italien Trace.it, le Nonce apostolique à Damas, Mario Zénari, dresse la situation des civils syriens, enlisés dans une guerre « qui n’a pas de sens » selon ses propres termes.

« Ce conflit doit cesser, il doit cesser ! » répète Mgr Mario Zénari. « Même à Damas, où je vis, nous sommes en danger, des obus de mortier tombent. Avant Pâques, l’un d’entre eux est tombé dans une cour d’école catholique arménienne juste avant huit heures, alors que les enfants se préparaient à rentrer. Un écolier est mort et soixante sont blessés. Une petite fille de neuf ans que j’ai visitée à l’hôpital a dû être amputée des deux jambes. Et le jour de Pâques, ça a recommencé. J’étais dans mon bureau et j’ai entendu un bang : c’était une bombe, qui est tombée tout près de la nonciature. Elle a touché la terrasse d’une maison, sur laquelle se trouvait un père avec ses deux enfants de quatre et dix ans, tous ont été tués sur le coup. »

Mgr Mario Zénari insiste sur le rôle des « pasteurs », prêtres ou religieux dans les zones de conflit : « Je connais de nombreux prêtres qui donnent un bel exemple, un beau témoignage. Ils aident dans la mesure de leurs moyens. Mais je dirais que leur valeur ajoutée tient à leur présence : avoir un prêtre, une religieuse, un pasteur dans une ville ou un village apporte une sécurité aux Chrétiens mais aussi aux Musulmans, je le vois. Il y a cette valeur ajoutée, très précieuse, qui dépasse l’aide que l’on peut apporter. »

Sa rencontre avec le Pape François lors de sa visite en Terre Sainte l’a touché : « Il a insisté sur la nécessité de mettre un terme à cette guerre, mettre un terme aux ventes d’armes. » Mais sa plus grande crainte est de voir le conflit continuer à s’enliser, et à être progressivement oublié des médias.
En effet, aucun des deux camps n’a pris à ce jour d’avantage décisif en Syrie. L’armée régulière soutenue par le Hezbollah libanais tient les zones les plus peuplées, et elle a repris la ville symbolique de Homs, mais les rebelles contrôlent encore plus de la moitié du territoire et reçoivent de toute évidence de puissants soutiens en hommes, en armes et en argent.

Malheureusement, il faut ajouter en annexe qu’il n’est pas impossible que les djihadistes qui manient les pièces d’artillerie pointées sur des écoles soient français, comme le révèle le Figaro. Près de 30 d’entre eux auraient déjà trouvé la mort en combattant aux côtés des djihadistes.

Partager
Commenter
Mots-clés
guerresyrie
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]