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Salvador : Disparition d’un document clé dans l’enquête sur les jésuites abattus en 1989

© TERRE D'AMERICA

Gaëlle Bertrand - Tierras de América - Publié le 06/06/14

Durant la guerre civile, six prêtres jésuites ont été assassiné par les militaires au pouvoir. Un document permettant de localiser les coupables a mystérieusement disparu.

L’information a été révélée il y a quelques jours par le ministère de la Défense du Salvador. Un document révélant des informations sur les coupables des meurtres des prêtres jésuites de l’Université d’Amérique Centrale (UCA) de San Salvador a mystérieusement disparu. Le document en question était une des preuves devant permettre la prochaine extradition des neuf militaires, réfugiés en Espagne, accusés des meurtres de 1989.

La guerre civile (1979 – 1992)
En 1979 au Salvador, la junte militaire d’extrême droite prend le pouvoir suite à un coup d’État. Une guerre civile est déclenchée. Durant cette période, les militaires au pouvoir n’ont de cesse de réprimer les groupes armés marxistes, dont notamment le « Farabundo Marti pour la libération nationale » (FMLN).

Or, en cette période de guerre froide, les jésuites de l’UCA se font qualifier à tort de communistes pour leurs analyses et esprit critique quant à la situation politique. Par voie de conséquence, ils sont accusés d’être liés au FMLN. Dès lors, ils ont été accablés de tous les maux. Les militaires scandaient ainsi « Construisez la patrie, tuez un prêtre ».

L’UCA : le projet de société des jésuites
Les prêtres jésuites ont fondé l’UCA en 1965. À travers cette université ils voulaient proposer « un autre modèle de société ». Comme le rappelle le site mondialisation.ca, l’orientation donnée à l’université était l’option préférentielle pour les pauvres (que l’on retrouve dans la théologie de la libération). Via une formation académique en science et en recherche, il s’agissait d’« insuffler aux pauvres une pensée critique qui devait faire d’eux les artisans de leur propre histoire. »

Les martyrs de la guerre civile
Dans la nuit du 16 novembre 1989, des militaires se sont introduits dans l’université et ont abattu six prêtres, la femme de ménage et sa fille qui était présente. Avec l’assassinat de Mgr Romero (cf photo de l’article) en 1980 alors même qu’il célébrait la sainte messe, et qui devrait être bientôt béatifié (cf Aleteia), le martyr des prêtres jésuites de San Salvador est un des exemples des ravages orchestrés par les militaires dans le pays.

Un document permettant la localisation des coupables
Le document volé est une lettre écrite en août 2011, dans laquelle « les Forces Armées du Salvador informèrent, par l’intermédiaire du commandant de la brigade spéciale de la sécurité militaire, le ministre de la défense David Munguia Payes que neuf soldats avaient trouvé refuge dans une caserne espagnole afin d’éviter l’arrestation de la police. Un mandat d’arrêt international avait été lancé à leur encontre pour le meurtre des jésuites en 1989. »

Aussi, depuis 2009, l’Espagne constituait un dossier contre ces militaires, accusés de terrorisme et de crimes contre l’humanité. Sur la base du document volé, qui rendait alors la procédure valide, l’Espagne avait sollicité en 2012 auprès du Salvador une demande d’extradition.

Suite à la pression internationale et au soutien du peuple salvadorien, la police espagnole avait alors procédé à la capture des soldats. Décision qui fut ensuite révoquée par le chef d’État et la Cour suprême sur la base de la législation internationale. Ainsi, remis en liberté, ils étaient en attente de leur extradition, qui aurait permis la poursuite de l’enquête et le jugement.

Le vol du document remet en cause le jugement
Le site internet Tierras de America précise que cette disparition pourrait bien interférer dans la reconstitution de la vérité concernant la mort des huit personnes abattues ce 16 novembre 1989. La disparition du document est donc jugée très suspecte. Pour Roberto Burgos, coordinateur du Bureau d’assistance légale et anticorruption du Salvador, « il est très étrange qu’un document d’une telle importance ne fasse pas partie des archives militaires. D’autant plus que ce document portait le sceau du Secrétariat exécutif du ministère. » Selon lui, « il est évident qu’il s’agit de maintenir l’impunité... ».

De leur coté, les jésuites continuent de rechercher les commanditaires de ces meurtres. Mais leurs recherches sont entravées par la loi d’amnistie, signée après la fin de la guerre, qui interdit d’enquêter sur les faits passés. Les jésuites tentent donc de faire modifier cette loi pour qu’enfin la lumière soit faite sur les meurtres barbares perpétués en 1989.

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